L’ÉOLIEN OFFSHORE SE DÉVELOPPE RAPIDEMENT. A CE JOUR, L’EUROPE RESTE LE LEADER MONDIAL DE CETTE SOURCE D’ÉNERGIE NATURELLE QUI NÉCESSITE D’IMPORTANTS INVESTISSEMENTS ET DÉVELOPPEMENTS TECHNOLOGIQUES. UN SECTEUR DANS LEQUEL LES INGÉNIEURS SONT ROIS, MAIS PAS QUE.

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LES ENJEUX SONT TECHNIQUES ET ÉCONOMIQUES
Dans le cadre de la stratégie européenne de 2008 « Energie climat », l’un des axes vise à porter la part des énergies renouvelables à 20 % à l’horizon 2020. Dans ce cadre, la France vise la production de 25 000 MW dont 6 000 MW (6 GW) pour l’éolien offshore. Le premier appel d’offre pour l’installation de 4 sites d’éolien offshore posé date de 2011. Un second appel d’offre a été lancé en 2014, et on attend un 3e. L’installation des premiers parcs en France sera progressive. Ils ne seront pas opérationnels avant 2018. « Les turbiniers, les BET, les constructeurs seront donc les premiers à recruter », souligne Matthieu Monnier, chargé de mission industrie et offshore à la Fédération des Energies Eoliennes (FEE).

 

TERRITOIRES INCONNUS
L’enjeu est au premier chef celui de la conception et de la construction. « Les parcs éoliens offshore sont très complexes, confirme Jens Bicking, dirigeant du cabinet spécialisé Elatos. Les risques sont d’ordre technique et financier. » Ils sont aussi industriels avec de nouvelles machines à développer, qui doivent être très puissantes pour espérer un équilibre financier. Les travaux d’installation en milieu marin sont longs et complexes. « Les tarifs auxquels sont calculés ces grands projets ne sont pas encore compétitifs par rapport aux autres sources d’énergie, explique le consultant. Le coût des installations offshore est trois fois plus important que celui de l’onshore. »

 

L’EMPLOI EST PAR NATURE INTERNATIONAL
« Le secteur est en formation et sera porteur dans les années à venir, note Matthieu Monnier. Les danois sont les pionniers avec un 1er parc installé dès 1991, mais c’est le Royaume-Uni qui affiche la plus importante capacité mondiale. » L’Allemagne et la Chine développent eux aussi rapidement leur capacité. « La Chine vient d’installer 800 MW en 1 an ! » En Asie, le Japon n’est pas en reste avec un plan d’installation d’un parc éolien offshore flottant de 500 MW (2 Mds€). Les opportunités à l’international sont donc variées. L’international est presque « un prérequis, pour le spécialiste de la FEE. Les acteurs sont des groupes internationaux. Les compétences sont rares et donc appelées à la mobilité. »

 

QUELS POSTES RECRUTENT ?
Au sein de son cabinet Elatos, Jens Bicking note des recrutements dans des métiers ciblés. « Nous avons des offres dans les études environnementales, le controlling (contrôle de gestion et suivi de projet), le QHSE, la partie concertation avec les riverains (aménagement du territoire, juridique, ingénierie). Les expériences dans le pétrolier ou l’univers maritime sont valorisées. Les métiers d’ingénieurs pour l’installation, l’exploitation et la maintenance viendront dans un second temps en ce qui concerne la France. »

 

EOLIEN OFFSHORE : LES GRANDS ACTEURS
L’Europe est leader mondial de l’éolien offshore
4 à 6 Mds€ d’investissements par an
1 662 éoliennes offshore sur 55 parcs
Capacité opérationnelle 4 995 MW.
Les opérateurs : l’allemand E.ON Climate and Renewable, le suédois Vattenfall et le danois DONG possèdent à eux 3 la moitié de la capacité installée en Europe fin 2012.
Les constructeurs : Siemens, Vestas, REpower, BARD, WinWind, GE, Areva.
Le Royaume-Uni dispose de la plus importante capacité installée au monde avec 2 948 MW fin 2012, suivi du
Danemark (921 MW) et de la Chine (510 MW).

 

A. D-F

 

Contacts :
www.elatos.fr/
http://fee.asso.fr/
Observatoire de l’éolien (recensement et analyse des emplois en France) :
http://fee.asso.fr/actu/fee-lanceson-observatoire-de-leolien/
http://www.emploi-environnement.com/
Le Cereq a publié en mai 2015 un premier rapport sur les perspectives d’emploi et de formation dans l’éolien offshore.