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Canne à sucre en coupe

Canne à sucre en coupe

Huitième économie mondiale, le Brésil dispose en 2010 d’un PIB de 2 180 milliards de dollars (Banque mondiale). Dès la seconde moitié du XXe siècle, le Brésil devient un important producteur de pétrole, notamment grâce à l’implantation de forages en haute mer, et atteint son objectif d’autosuffisance en 2006. L’enjeu actuel majeur, au Brésil comme ailleurs, est celui du passage aux énergies renouvelables, une transition négociée avec brio par ce pays dont nous verrons que près de la moitié de l’OIE (Offre Intérieure d’Energie) est constituée de ces énergies nouvelles. Néanmoins, des problématiques persistent autour de l’investissement des services publics dans les énergies renouvelables, dont dépend leur potentiel de développement alors que la demande intérieure ne cesse de croître.

 

Bilan de la situation énergétique
En 2005, l’OIE (Offre Intérieure d’Énergie) au Brésil atteint un montant total de 218,6 millions de tonnes équivalentes de pétrole (tep)1. Cette offre énergétique se répartit comme suit (en %) : La majorité de l’énergie provient de sources propres, soit de l’énergie hydroélectrique et de carburants issus de la biomasse, et le pays consomme autant que pétrole qu’il en produit.
Avec une offre totale de 84 millions de tep, le pétrole représente 38,4 % de l’offre totale d’énergie au Brésil. Les importations ont chuté de 17,8 % et les exportations ont crû de 18,9 %. En 2005, la dépendance extérieure nette de pétrole et dérivés s’est réduite à 4,2 % 2. 80 % de la production brésilienne de pétrole provient de l’exploitation en eaux profondes3. Au Brésil, la fourniture d’énergie électrique repose essentiellement sur l’hydroélectricité, qui fournit 86 % de la production totale d’électricité. Le pays développe aussi une filière complète dans le domaine de l’électricité nucléaire, qui fournit actuellement 4,3 % de l’énergie produite dans le pays.

 

Energies renouvelables et biocarburants
44,5 % de l’OIE au Brésil en 2005 correspond à l’offre intérieure d’énergie renouvelable. Cette part est hautement significative lorsque l’on compare le pays au reste du monde, pour qui la part des énergies renouvelables est de 13,3 %, et aux pays de l’OCDE, dont la moyenne et de 6 %. Dans ce domaine, le Brésil bénéficie d’un avantage compétitif naturel que sont la canne à sucre (13,9 % de l’offre totale PROÁLCOOL (décret-loi de 1975 incitant à la production de voitures carburant à l’alcool de canne à sucre), la part de ce type d’énergie dans l’offre totale est passée de 5,7 % en 1973 à 13,9 % en 2005.5. Un exemple des effets de cette réorientation vers l’économie « verte » est la spectaculaire envolée des ventes de véhicules polycarburants (flex fuel), qui dépasse les 90 % en 2008.

 

Problématiques liées à l’évolution de l’énergie au Brésil
« Le Brésil est un endroit où il est difficile d’être éco-énergétique. (…) Les taux d’intérêt sont élevés. Il est difficile d’emprunter. À l’heure actuelle, les banques ne prêtent pas pour l’amélioration du rendement énergétique ; elles se limitent aux activités qui ont déjà fait leurs preuves. » (Todd Johnson, Banque mondiale).
L’industrie des ESCO (entreprises de services éco-énergétiques) du pays dépend donc en majorité des sociétés de services publics qui financent des mesures de rendement énergétique à partir des frais d’utilisation versés par le secteur de l’énergie électrique. Ces frais ont permis d’injecter de 0,5 à 1 % des revenus annuels nets de la distribution des services publics du pays dans la conservation d’énergie depuis la fin des années 1990. La Banque mondiale ainsi que la banque de développement brésilienne et la Fondation Clinton cherchent maintenant des façons d’améliorer le rendement énergétique des édifices publics et des stations d’alimentation et d’épuration d’eau, où, selon M. Johnson, les gains éco-énergétiques pourraient être importants.
Cependant, le Brésil devrait doubler sa consommation d’énergie d’ici 2030. Même si le pays dispose d’un programme de rendement énergétique depuis 1985 et d’une industrie d’ESCO en plein essor, le potentiel d’amélioration énergétique non exploité y est évalué à 2,5 milliards de dollars par année. Il lui reste donc désormais à élaborer un plan de financement durable qui lui permette d’exploiter efficacement des ressources dont peu de pays disposent.

 

1 et 2 Sources: Ministério das Minas e Energia, Empresa de Pesquisa Energética, Balanço Energético Nacional (BEN) 2006, pp. 14-17
3 Source : Agência Brasil
4 Sources: Ministério das Minas e Energia, Empresa de Pesquisa Energética, Balanço Energético Nacional (BEN) 2006
5 Source: Indústria Brasileira, CNI, Ano 5, Núm. 50/abril 2005,»Movido a álcool», par Cláudia IZIQUE, pp. 35-37

 

Eugénie Hériard-Dubreuil