Oxford-Cambridge, Harvard-Yale, Keio-Waseda, éco les de co mmerce et d’ingénieurs…
Comment départager ces universités de premier rang ? Depuis des siècles, c’est sur l’eau que ces écoles s’affrontent : dans des régates d’aviron sans pitié – l’aviron, un sport d’excellence à leur image. En skiff (seul), en double, en 4 ou en 8, avec ou sans barreur, en pointe (une rame par rameur) ou en couple (deux rames par rameurs), les combinaisons sont multiples, mais l’objectif est le même : ne faire qu’un avec son équipage et son bateau, aller chercher la victoire à chaque coup d’aviron.

FORCE…
La condition physique est indispensable pour fournir l’effort intensif que demande une course. Un rameur doit donc passer par la salle de musculation, une étape qui en fait fuir plus d’un, mais qui est pourtant surmontable. Ergo, développé couché, tirades hautes, abdoslombaires- gainages deviennent vite des rengaines de rameurs. De fait, la plupart des muscles du corps sont sollicités pendant l’effort : bras, tronc, jambes, l’aviron est un sport des plus complets !

… TECHNIQUE …
Cependant, un bon entraîneur vous répétera que la force reste au service de la technique. Le coup d’aviron est en effet un geste très précis qui alterne finesse et force. Plus le geste est précis, meilleure est la propulsion du bateau. C’est un travail de persévérance et de patience, pour lequel il faut réussir à régler tout mouvement au millimètre près pour maximiser la poussée dans l’eau et la glisse du bateau. A la technique individuelle, il faut ajouter la coordination de tous les rameurs, pour planter et sortir sa palette au même moment. Les rameurs ne doivent plus faire qu’un lorsqu’ils rament. L’obtention de l’équilibre représente également une part importante : les bateaux, très effilés, ont une aérodynamie maximale lorsqu’ils sont à l’équilibre. De plus, avec seulement une cinquantaine de centimètres de largeur, et des avirons de 3-4 mètres de long qui agissent en balanciers, le baquage (retournement du bateau) est une éventualité de tous les instants ! A tous les coups d’aviron, chacun doit être attentif à maintenir, ou à rétablir, le plus parfait équilibre en réglant sa hauteur de main ; cela influe sur la performance des rameurs individuellement mais aussi du bateau dans son ensemble.

… ET MENTAL …
Outre ces dimensions intrinsèquement liées aux spécificités du sport, l’aviron est un état d’esprit. Persévérance et engagement dans un sport qui demande un investissement régulier et de longue durée, souci de la perfection pour soigner son geste encore et encore, volonté pour se dépasser physiquement et mentalement, pour aller jusqu’au bout de la course, en donnant le meilleur de soi et même plus, résister à l’envie de tout lâcher parce que « dans 30 secondes tout sera fini et que la seule raison de se battre comme ça, c’est le podium ». Entendre crier le barreur du bateau concurrent, rester lucide, explosif dans les jambes, tenir le coup d’aviron jusqu’au bout, renvoi des bras rapide, retour lent, ne négliger aucun coup, s’appliquer sur la technique, tenir la cadence sans jamais faiblir, donner tout, pour soi, pour la victoire, pour l’équipe, ne rien avoir à regretter, « Enlevage ! » (sprint final), se dépasser, donner plus, tenir le bord à bord jusqu’au dernier millimètre, jusqu’à la dernière force, entendre le signal de l’arrivée : court, mais intense !

UNE PRÉPARATION INTENSIVE
Des mois de préparation physique et d’hygiène de vie saine, des heures de préparation mentale de la course, pour un affrontement sur 1 000m, en moins de 3’ pour les équipages de 8 masculin, moins de 3’30 pour un équipage féminin. C’est ça une course d’aviron : un équipage, du sang, de la sueur, des rires, des pleurs, de l’or.
Finalement, l’aviron universitaire est bien plus riche qu’une simple activité physique, on partage et on apprend les valeurs du sport, l’engagement, le challenge et la recherche de la performance, le dépassement de soi, l’esprit d’équipe, le tout dans la chaleureuse ambiance d’un club étudiant.

Lætitia de Larturière, présidente 2010-2011 du Club Aviron ESSEC, pour le Trophée des Rois

Contact : laetitia.delarturiere@essec.edu ou 06 74 92 09 51