L’association Ingénieurs Sans Frontières Paris IV (ISF Paris IV), créée à l’ENSTA ParisTech a été contactée en septembre 2014 pour mettre en place des mesures d’irrigation dans un village de Madagascar. Une équipe étudiante s’est rendue sur place à la rencontre des habitants, pour y découvrir le projet. Récit du voyage par Louis.

L’équipe d’ISF Paris IV aux côtés du père Emile (de gauche à droite : Pierre- Emmanuelle, Léa, père Emile, Vincent et Louis)

L’équipe d’ISF Paris IV aux côtés du père Emile (de gauche à droite : Pierre- Emmanuelle, Léa, père Emile, Vincent et Louis)

Création du projet
L’association Ingénieurs Sans Frontières Paris IV a été contactée en septembre 2014 par Émile Ranaivoarison, un père jésuite malgache, pour un projet de construction de barrage et de canaux d’irrigation dans le village d’Ambatomainty à Madagascar. Ce projet permettra aux 8 500 habitants du village d’irriguer leurs terres dont la surface totale atteint 1 500 hectares. Notre rôle était de fournir un appui principalement technique aux villageois en faisant le lien entre les habitants et les acteurs locaux (bureaux d’études, bailleurs de fonds, entreprises). Le but de cette rencontre était de faciliter les démarches pour la population locale, en leur présentant les acteurs à contacter en cas de problème, une fois notre équipe repartie. Cette démarche de création de lien a été essentielle pour garantir la pérennisation du projet.

 

Qu’avons-nous fait sur place ?
Ce voyage, réalisé en équipe de 5 élèves ingénieurs de l’école nous a permis d’échanger avec de nombreux partenaires locaux.
• L’expertise et la rencontre avec le Génie Rural (organisme dépendant du ministère de l’Agriculture malgache en charge des projets en lien avec l’irrigation et l’équipement rural) nous a permis d’effectuer l’étude technique du barrage.
• En se rendant sur place avec nous, nous avons récolté des données nécessaires au projet et le dialogue avec les villageois a permis de créer une Association des Usagers de l’Eau (AUE). Celle-ci recensera tous les bénéficiaires du projet et permettra aux populations de gérer la maintenance du barrage.
• Nous avons également fait du porte-à-porte pour réaliser une étude sociologique. L’objectif étant de récolter des données pour constituer un dossier de demande de financement de la future construction du barrage. Nous avons interrogé les habitants sur leurs cultures, leur surface et les projets qu’ils auraient à coeur de mettre en place à l’issue de la construction du barrage.
• Enfin, nous avons réalisé différentes actions de sensibilisation auprès des adultes et des enfants, concernant l’accès, la gestion de l’eau, et la prévention des maladies.

 

Qu’allons-nous faire par la suite ?
L’ensemble des résultats de l’étude sociologique, une fois traités, nous permettra de rédiger le dossier de demande de financement pour la construction du barrage que nous espérons lancer l’été prochain. Cette construction s’accompagnera de formations qui permettront aux villageois de pérenniser le barrage et d’améliorer ainsi leurs récoltes à long terme. Au niveau de l’association, nous sommes très optimistes quant à la suite du projet, parce que nous venons d’accueillir cette année une vingtaine de nouveaux étudiants, ce qui nous permet d’en assurer sa bonne continuité.

 

Pourquoi menons-nous une telle action ?
Durant notre scolarité en école d’ingénieurs, il nous est proposé de participer à des associations en tous genres (robotique, sportive, cinématographique, humanitaire…) Le choix d’une association humanitaire a été logique pour plusieurs d’entre nous dans la mesure où nous souhaitons tous mettre à profit nos connaissances et notre bonne volonté pour aider les autres. L’autre intérêt d’une telle mission est également la découverte d’un nouveau pays et l’enrichissement personnel par l’apprentissage d’une nouvelle culture auprès d’une population qui ne parle pas la même langue que nous. En effet, notre objectif de départ était de mener un projet humanitaire pour aider les populations malgaches mais après un mois passé à Madagascar, c’est surtout nous qui en sommes ressortis grandis. L’hospitalité, la bienveillance et la simplicité des villageois étaient telles qu’on ne pouvait rester insensible devant tant de gentillesse. Ce que nous retenons de cette première mission et de notre projet humanitaire c’est bien sûr l’apport technique aux villageois mais également, leur retour : c’est-à-dire, combien il est important de savoir vivre simplement et que rien n’est plus important que les relations humaines sincères et vraies.

 

Par Louis Motte, secrétaire général

 

Contact : louis.motte@ensta-paristech.fr