Naval Jack of Brazil

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La croissance et le poids économiques du Brésil l’ont aujourd’hui hissé au rang de challenger des puissances mondiales, lui permettant même de revendiquer un poste de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. Membre du G20, acteur majeur du groupe des BRICS, le pays s’est autoproclamé porte voix des pays émergents. « Le G20 ce n’est pas chacun se sauve, ce n’est pas chacun pour soi et Dieu pour tous, c’est tous pour tous et Dieu pour tous » a ainsi affirmé Lula en 2010 au sommet du G20 de Séoul, dans sa volonté de façonner cet évènement en sous la Présidence Française, les demandes et propositions brésiliennes ont finalement été entendues, à en juger par l’agenda très orienté sur les volets durables et sociaux de la croissance.

Depuis 2009, les relations franco-brésiliennes sont au beau fixe et les deux parties se trouvent beaucoup de convergences d’intérêts. Si le Brésil compte sur la France pour peser pour l’obtention d’un siège de membre permanent de membre du Conseil de sécurité, la France de son côté voit en son partenaire lusophone un pays francophile aux débouchés industriels stables dans une zone dénuée de conflits politiques. A cet égard, la récente découverte de « l’Amazonie bleue » constitue une confirmation de l’intérêt du partenariat.

Avec plus de 7 400 km de côtes, le Brésil bénéficie d’une ouverture maritime importante. Aussi, depuis une dizaine d’années et l’arrivée à la présidence de Luis Ignacio « Lula » Da Silva en 2002, la Marine brésilienne est devenue une vitrine de l’ascension du pays. Sous l’impulsion de Lula et de l’état major, une revendication territoriale dans la lignée des principes de droit maritime a permis de forger une identité au territoire source de richesses nouvelles.

Depuis l’extension unilatérale en 1970 des frontières de la Zone Economique Exclusive, le territoire maritime brésilien représente une surface équivalente à celle de l’Amazonie. Initialement considérée comme ,une zone clé permettant d’assurer la sécurité des intérêts nationaux, son rôle et son potentiel stratégiques ont été complètement reconsidérés, suite à la découverte récente par Petrobras de champs pétroliers off-shore dans les zones profondes. Les estimations actuelles portent les réserves pétrolières à environ 21 milliards de barils et 560 millions de mètres cubes de gaz. L’exploitation de ces ressources permettrait au Brésil de faire jeu égal avec les grandes puissances énergétiques.

Dans sa logique d’affirmation en tant que puissance mondiale émergente, le Brésil mène une intense activité auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce afin de faire valoir ses intérêts économiques et commerciaux. En déposant six plaintes contre les Etats Unis, le pays entend défendre ses droits et s’affirmer comme un partenaire exigeant et incontournable. La « main divine » vue par Lula dans les ressources récemment découvertes dans les sous sols du territoire brésilien, ne pourra que conforter le Brésil dans sa stratégie.

Comme la pièce finale d’un puzzle, l’Amazonie Bleue constitue l’élément déclencheur pour un changement de catégorie du pays sur la scène internationale. En effet, grâce à une puissance énergétique nouvelle, un poids économique et militaire chaque jour plus significatifs, et une tradition de la diplomatie internationale, le Brésil sera demain plus que jamais l’acteur des grandes décisions de ce monde.

 

Gatien Bon et Jérémy Lamri