Après son titre de championne du monde en 2017, Perrine Laffont s’est illustrée aux JO de Pyeongchang en remportant la première médaille d’or de la France au ski acrobatique. Que ressent-on en haut des pistes quand le monde a les yeux rivés sur soi ? Comment fête-t-on une telle victoire ? Récit de la jeune athlète et étudiante en DUT Technique de Commercialisation à l’IUT d’Annecy de l’Université Savoie Mont-Blanc.

 

Qu’est-ce qui vous a attirée dans le ski acrobatique ?

C’est une histoire de famille. Mon père et mon frère pratiquaient tous les deux ce sport. J’ai commencé le ski à 2 ans et les bosses à 6-7 ans. J’ai ensuite enchaîné sur les compétitions en circuit national jeune à l’âge de 10-11 ans, puis mes premières coupes d’Europe à 14 ans avant de réaliser mes premières coupes du monde à 15 ans. J’ai participé aux JO de 2014, mais mes premiers podiums arrivent en 2016. Enfin, en 2017, j’ai été championne du monde et vice-championne du monde.

Qu’avez-vous ressenti quand vous avez été sélectionnée pour les JO ?

Lorsque j’ai été sélectionnée pour les jeux de 2014, c’était une joie immense. J’étais très heureuse. Cette année, j’étais moins euphorique, car je gardais en tête l’objectif de performance et de résultat. J’étais beaucoup plus sérieuse et sous pression face à l’attente que j’avais autour de moi. J’ai travaillé cette compétition depuis 2014 avec une préparatrice.

Quels sont vos rituels pour ne pas être angoissée à la veille d’une compétition ?

J’essaie de bien canaliser mon esprit pour avoir des pensées positives. Je me focalise sur ce que je fais en entraînement pour ne pas être submergée par le trac. Mais, je n’ai pas peur de stresser, car c’est totalement naturel.

À quoi pense-t-on quand on est en haut de la piste, avec les yeux du monde rivés sur soi ?

Je ne pense surtout pas à ça. Je reste concentrée sur ce que j’ai à faire pendant mon run.

Et après la course ?

Après la course, je ne regrettais rien car j’avais tout donné. Les résultats étaient entre les mains des juges !

Comment vous êtes-vous forgée cet état d’esprit de winneuse ?

C’est mon caractère depuis que je suis toute petite, cela provient de l’éducation que m’ont donné mes parents. Je me prépare le mieux possible pour être la plus performante pendant mes runs.

Comment avez-vous fêté cette victoire ?

J’étais hyper heureuse d’avoir eu ma médaille. Mes parents, mes grands-parents et quelques amis étaient venus m’encourager. Le soir, j’ai donc fait la fête avec eux. Le lendemain, je suis allée encourager les garçons pour leur finale.

Comment allie-t-on cours et sport de haut niveau ?

L’IUT d’Annecy de l’Université Savoie Mont-Blanc propose des cursus très adaptés aux sportifs de haut niveau. Des dispositifs sont mis en place pour me permettre de réaliser mon DUT en 3 ans au lieu de 2. Je n’ai des cours que d’avril à juin, ce qui me permet de me concentrer sur mes entraînements et mes compétitions.

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Comment imaginez-vous votre avenir ?

Cette année, il me reste encore 4 coupes du monde avant la fin de la saison. Je vais essayer d’être la plus performante possible. Ensuite j’ai un mois de pause en avril avant de commencer à m’entraîner pour la saison prochaine. Je n’ai pas vraiment de vision de mon avenir sur le long terme. J’ai encore de belles années devant moi et je pense continuer dans le ski acrobatique. La formation à l’IUT d’Annecy m’apporte beaucoup dans ma carrière sportive, car c’est une formation polyvalente et touche-à-tout. Pour l’instant, je me focalise surtout sur la prochaine coupe du monde au Japon.

 

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