Communiqué de presse:

Individualiste, égoïste, désenchantée… Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier la jeune génération, souvent accusée d’être autocentrée et de manquer d’enthousiasme. Qu’en pensent les principaux intéressés ? Sont-ils aussi peu engagés qu’on ne le dit ? Quels sont leurs rêves, leurs valeurs, leur rapport à la société d’aujourd’hui, leur vision de l’avenir ? Sont-ils tentés par l’aventure entrepreneuriale ? Est-ce un moyen pour eux de jouer leur rôle dans la société ?

Autant de questions que France Active a voulu poser aux jeunes d’aujourd’hui et que nous vous dévoilons à l’occasion de la Journée « Créer sa boîte avant 30 ans » le 4 octobre au Salon SME.

Avec le soutien de la Fondation AG2R-La Mondiale, BVA et France Active ont interrogé du 2 au 13 septembre 2016, un échantillon représentatif de 1 002 jeunes âgés de 18 à 29 ans, afin de mieux comprendre leurs attentes et la manière dont ils se projettent et s’engagent dans la société.

 

Les jeunes ont globalement confiance dans l’avenir

Si les jeunes ont tendance, collectivement, à se considérer comme étant plus pessimistes que leurs parents (63%), cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont gagnés par la morosité et voient l’avenir en noir. Ainsi, contrairement à ce que l’on entend parfois, plus des trois quarts d’entre eux (76%) se disent optimistes (27%) ou confiants (49%) quand ils pensent à leur avenir sur le plan personnel. Ils sont également très majoritairement confiants dans leur avenir professionnel (65%). De manière générale, les jeunes semblent donc aborder leur avenir avec sérénité.

Ainsi, 79% pensent qu’un autre modèle économique et sociale est possible, dont un tiers qui en sont tout à fait convaincus. Cela leur semble d’autant plus envisageable que les deux tiers d’entre eux estiment que la société évolue dans un sens négatif (65%).

Ils s’engagent sous de nouvelles formes

« L’un des intérêt de cette enquête est de montrer que l’engagement des jeunes prend de nouvelles formes, poursuit Fanny Gérôme, directrice du développement chez France Active. Aux grands mots et aux combats d’idées, ils préfèrent l’action, concrète et quotidienne. Tous veulent voir le résultat de leur engagement sur le terrain. Ceux qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale inventent des modèles hybrides, avec une dimension sociale, environnementale et la volonté de faire vivre leur territoire. »

6 jeunes sur 10 se disent engagés. Pour autant, ils ont du mal à se reconnaître dans les formes d’engagement classiques et semblent privilégier des actions plus concrètes et quotidiennes, voire même plus discrètes, pour faire bouger les lignes.

A l’image de la société française dans son ensemble, ils se montrent ainsi particulièrement réticents à l’égard des partis politiques et des syndicats, qu’ils ne jugent guère efficaces pour faire évoluer la société. Si l’association reste une forme d’engagement bien identifiée et bien perçue (54% pensent que c’est le moyen via lequel ils se sentiraient le plus efficace pour faire bouger les choses), les mouvements citoyens (36%) leur apparaissent également plus attractifs, ce qui explique sans doute le succès de rassemblements récemment très médiatisés comme Nuit debout.

Nombreux sont ceux qui considèrent par ailleurs le travail au sein de la fonction publique (30%) ou dans une entreprise sociale et solidaire (27%) comme des formes d’engagement plus efficaces que le militantisme politique et syndical : cela leur semble sans doute plus concret, plus utile et plus pérenne.

En définitive, lorsqu’on leur demande de quelle manière ils s’engagent aujourd’hui au quotidien pour impacter positivement la société, les interviewés répondent que c’est avant tout en contribuant à préserver l’environnement (48%), en faisant preuve de civisme (45%) ou en venant en aide aux autres (36%). Le fait de participer à des manifestations n’est cité que par 10% des interviewés et arrive en queue de hiérarchie.

« Les résultats de cette enquête sont encourageants, car ils montrent que les jeunes sont optimistes pour l’avenir. Et si en majorité ils estiment que la société évolue dans un sens négatif, ils pensent qu’un autre modèle économique et social est possible. Engagée, optimiste, entreprenante, la nouvelle génération a véritablement l’envie de transformer notre société ! », souligne Delphine Lalu, directrice des fondations, Groupe AG2R La Mondiale.

Une génération d’entrepreneurs ?

S’ils sont confiants dans l’avenir malgré les difficultés professionnelles qu’ils pourraient rencontrer, sont-ils tentés par l’aventure entrepreneuriale ? Oui, pour une majorité d’entre eux. 55% des jeunes âgés de 18 à 29 ans aimeraient créer ou reprendre une entreprise : 6% déclarent l’avoir déjà fait, tandis que 21% l’envisagent d’ici à 5 ans et 28% à plus long terme.

Ces résultats d’ensemble masquent toutefois d’importantes disparités selon le profil des répondants. Les hommes ont ainsi une sensibilité entrepreneuriale plus marquée que les femmes (63% contre 48%). Le désir d’entreprendre a par ailleurs tendance à s’émousser avec le temps : si 61% des 18-21 ans déclarent vouloir créer leur entreprise, ils ne sont plus que 54% à l’affirmer chez les 26-29 ans.

Qui a de fortes attentes à l’égard des entreprises

Dès lors, les jeunes attendent beaucoup des entreprises, qu’ils considèrent comme des acteurs ayant un véritable rôle à jouer dans la société. Les entrepreneurs leur apparaissent ainsi, après les citoyens (50%) et les scientifiques (43%), comme les catégories de personnes qui contribuent le plus à faire évoluer la société, loin devant d’autres acteurs qu’on entend davantage dans les médias comme les intellectuels (25%), les artistes (15%), les politiques (12%) ou les syndicalistes (8%).

Quand on les interroge plus précisément sur le rôle des entreprises au sein de la société, les résultats sont également révélateurs de l’importance qu’ils accordent au monde entrepreneurial. Ainsi, 86% pensent que les entreprises peuvent jouer un rôle positif dans la transformation de la société, dont plus d’un tiers (32%) qui en sont tout à fait convaincus. Ils sont également 84% à juger important que leur entreprise soit engagée.

*Cette enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 1 002 personnes, représentatif de la population française, âgés de 18 à 29 ans, interrogés par Internet du 2 au 13 septembre 2016

Un programme pour accompagner les jeunes entrepreneurs : CAP’JEUNES

Depuis 2012, France Active porte un programme spécialement adapté aux jeunes entrepreneurs : CAP’JEUNES. Il permet aux créateurs d’entreprise de moins de 26 ans de bénéficier d’un accompagnement renforcé et d’une prime de démarrage de 2 000 €. Ce dispositif est prioritairement dédié aux demandeurs d’emploi, dotés de ressources limités et présentant un plan de financement inférieur à 50 000 €.

Mis en place grâce au soutien de mécènes de France Active, dont la Fondation AG2R La Mondiale, et au programme IEJ de l’Union européenne, CAP’JEUNES a permis la création de 487 entreprises en 2015 portées à 84% par des jeunes en recherche d’emploi.