« L’équation du futur : jeunes et emploi ». C’est sur ce thème fédérateur que l’Association Jeunesse et Entreprises (AJE) a choisi de placer son colloque national annuel en octobre dernier. Une occasion privilégiée d’entendre représentants de l’entreprise, de l’enseignement supérieur et des étudiants imaginer, ensemble, des solutions pour l’emploi des jeunes. Retour sur leurs propositions – Par Clarisse Watine.

Alternance et apprentissage : ce qu’en pensent les jeunes 

 

Alternance, apprentissage, professionnalisation : si les jeunes sont persuadés de leurs vertus pour demain, certains voient encore dans la recherche d’un contrat un « remake de Koh Lanta ». Ainsi, Noémie Allamelou, étudiante à l’IUT de St Denis suggère aux entreprises en recherche d’alternants de  » multiplier les portes ouvertes pour faire connaitre leurs besoins ». Julie Allenton, étudiante à l’EGC du Maine voit quant à elle dans ces dispositifs une vraie chance pour le futur « Je sais que je ne ferai pas demain le même métier qu’aujourd’hui et ça m’a appris à évoluer, que ma personnalité vaut autant que les compétences acquises. » Encore faut-il, comme le note justement Lucas Bailliart, étudiant à l’ESTP, qu’il s’agisse bien de « stages ou de contrats d’action et non d’observation. »

 

Colloque AJE- Le 13/10/16- CESE- Paris.

 

Des portes d’entrée pour l’entreprise

 

Mais si les entreprises plébiscitent l’alternance, elles regrettent de devoir régulièrement refuser des candidats (la demande étant encore plus forte que l’offre), mais aussi de voir trop souvent des alternants ne pas s’engager à leurs côtés à la fin de leur contrat. Pour Patrice Hauchard, proviseur du lycée Albert de Mun à Paris, il y a d’ailleurs « une réflexion à mener sur les métiers en tension et sur la possibilité de donner aux jeunes les clés pour se préparer aux codes de l’entreprise. » Jean-Pol Lembourg Directeur adjoint du groupe scolaire Saint-Michel de Reims ajoute : «  pour faire de l’alternance, il faut déjà avoir une idée de ce qu’on veut faire. Car l’alternance, ce n’est pas fait pour tout le monde : c’est beaucoup de travail et d’investissement ».

 

« L’université ne peut être « hors-sol ». Elle doit trouver les synergies pour emmener les étudiants vers le monde économique et vers une meilleure employabilité. Cela sous-entend qu’elle se réforme au niveau pédagogique via des dispositifs centrés sur l’accompagnement vers l’entreprise, la formation tout au long de la vie et la recherche. » Didier Guillemot, Président de l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines.

Comment mieux connaitre et comprendre l’entreprise ?

 

Mais qui dit insertion dans l’emploi dit aussi compréhension des codes de l’entreprise et adaptation à un écosystème résolument mouvant. Pour Samuel Tamba, VP de la CNJE, le constat est clair. «  Aujourd’hui, un diplôme ne suffit plus, il faut du savoir-être et du savoir-faire pour bâtir son insertion professionnelle. Cela passe bien sûr par un engagement académique, mais aussi associatif. Pour moi c’est la Junior-Entreprise, une vraie passerelle entre études et monde du travail. »

 

Colloque AJE- Le 13/10/16- CESE- Paris.

 

Un avis partagé par Olivier de Pembroke, gérant de la société Tradifret et Président du Centre des Jeunes Dirigeants. « Notre rôle c’est de former les dirigeants à manager des gens qui n’ont pas les mêmes codes qu’eux. Le patron n’est pas un superhéros, au mieux c’est un guide. »

« Je distingue 3 pistes pour améliorer l’employabilité des jeunes. Doter l’enseignement supérieur de plus de formateurs ayant une compréhension et une expérience de l’entreprise et de l’entrepreneuriat, ne pas penser à la place des jeunes et créer un service civique pour les diplômés aidant à l’installation des PME dans les zones difficiles du territoire. » Frédéric Huglo, VP de l’UTC.

Jeunes et entreprises, comment concilier leurs attentes

 

Cette conférence a enfin été l’occasion pour les jeunes et les entreprises de partager un constat : ils se connaissent mal. « Quand on répond à une annonce, on se pose plein de questions : quel code vestimentaire adopter, CV classique ou original, comment aborder la question du salaire en entretien… », affirme Amélie Giraud, étudiante à Sup des RH. Pour Audrey Asanouic et Guillaume Thil, étudiants en 2e année de BTS au lycée Charles Jully de Saint-Avold, « trouver un stage c’est le parcours du combattant alors qu’on veut juste acquérir des compétences. » Face à ces interrogations les entreprises sont claires : il faut savoir parler de la société où on postule, avoir un CV cohérent, mettre en avant ses initiatives, ses projets personnels et associatifs qui font appel à des qualités utiles au travail.

«  Les jeunes veulent un travail qui a du sens. Ce désir d’excellence mêlé à un réel besoin d’autonomie, c’est la base pour tous les salariés aujourd’hui alors arrêtons de les considérer comme des collaborateurs à part ! Le levier principal de l’emploi et de la réussite des jeunes, c’est la confiance, c’est de les mettre en situation de responsabilité. » Frédéric Monlouis-Félicité, Délégué Général de l’Institut de l’Entreprise.

Faites du bruit avec Hadj Khelil, fondateur de Bionoor et expert en green-business !

 

«  Je suis né en Afrique et je suis pote avec Yvon Gattaz ! Je suis la preuve qu’aujourd’hui on peut partir de rien et discuter avec Edgar Morin. Tout est possible alors faites-le ! On est dans une période compliquée mais on ne peut pas aimer la France. La France c’est notre pays et si on ne fait pas le boulot, qu’on ne se bat pas pour elle, on se fera cramer ! »