À 42 ans, Jérôme Lebrun a pris ce 1er janvier 2016 la direction de l’ESITC Caen, école d’ingénieurs spécialisée dans les métiers du BTP. Directeur Adjoint depuis 2006, il maitrise l’environnement et connaît parfaitement l’ensemble de ses partenaires académiques, scientifiques et professionnels. À l’aube de son mandat, il présente ses grands projets, ses ambitions et sa vision pour l’école.

Avec 135 000 départs en retraite en 2014 sur 1 200 000 actifs, le BTP a besoin de recruter, notamment dans les métiers d’encadrement, pour répondre aux enjeux techniques et environnementaux. Une aubaine pour les jeunes ingénieurs, d’autant que l’école va doubler sa capacité d’accueil. « Ce manque d’ingénieurs qualifiés se ressent de plus en plus dans le secteur, notamment pour les principaux acteurs – Vinci, Bouygues, Eiffage… – dont près de 40% du chiffre d’affaires se réalise à l’international. »

Objectif : le plein emploi

Si les effectifs totaux ont baissé de 10 % entre 2008 et 2014, les effectifs d’encadrement ont, quant à eux, augmenté de 3 % . Pourquoi ? Parce qu’il faut répondre aux enjeux du secteur et accompagner le niveau de technicité de plus en plus poussé. Depuis plus de 20 ans, la proximité de l’ESITC Caen avec le monde professionnel – présence des entreprises dans les organes de décision, dans les jurys, plus de 80 % des cours dispensés par des professionnels … –  imprègne fortement le contenu des formations et la pédagogie mise en œuvre. « Cette proximité permet de répondre concrètement aux besoins des entreprises en matière de compétences, ce qui explique l’excellent niveau d’intégration de nos diplômés sur le marché du travail ».

« Contactez-nous, rencontrez-nous, on est là pour vous répondre et vous faire découvrir un secteur très riche. »

L’école a également la caractéristique de préparer à l’ensemble des métiers. En fonction de ses préférences l’élève-ingénieur, au cours de son cursus peut s’orienter et se spécialiser. « Les élèves peuvent mixer leurs préférences en matière de secteur d’activité (bâtiment, ouvrages d’art, routes, réseaux…) et en matière de métiers (conception, management de travaux, contrôle…).» En France comme à l’international – un quart des jeunes diplômés travaille à l’étranger –, au sein de PME, d’ETI ou de grands groupes. Toutes les portes sont ouvertes avec un point essentiel : « Il faut avoir le goût de la construction ! Ensuite, la palette des parcours est suffisamment large pour que chacun puisse y trouver l’environnement qui lui convient. » Toute la force du cursus sur 5 ans – avec des stages chaque année, la proximité avec les pros, des visites de chantiers… – est de laisser le temps aux jeunes de définir leur projet professionnel. Lorsqu’ils arrivent dans le monde professionnel, ils se sont orientés en connaissance de cause.

Une promo en hausse de 40 % dès septembre 2016

Pour répondre à ces enjeux, l’ESITC Caen s’agrandit. L’école, qui accueille aujourd’hui 400 élèves verra ainsi ses effectifs passer de 400 à 750 élèves à horizon 2020. Dès septembre 2016, le nombre de places en première année après bac passera de 80 à 110. La montée en charge se fera progressivement jusqu’à accueillir des promotions de 160 élèves en première année de cycle ingénieur. « Nous souhaitons faciliter les démarches des candidats, c’est pourquoi nous ouvrons un nouveau centre de concours à Bordeaux. Nous étions déjà présents à Lille, Lyon et Nantes. »

Une proximité source d’une véritable motivation pour Jérôme Lebrun pour mener à bien ses ambitions jusque 2020 : « Nous devons rester dans cette capacité à répondre aux attentes des professionnels avec un véritable accomplissement des élèves. À la sortie de l’école, nos jeunes diplômés se montrent ainsi très satisfaits avec un niveau de 4,1 sur 5. Le BTP offre des perceptives passionnantes, avec des rapports humains extraordinaires. » Idéal pour lier satisfaction personnelle et réussite professionnelle.

Nos jeunes diplômés se montrent ainsi très satisfaits avec un niveau de 4,1 sur 5

Cap sur la construction de demain

Être directeur, c’est avant tout déployer une vision pour l’école. Si Jérôme Lebrun entend bien garder les fondements posés par l’ancienne directrice et fondatrice de l’école, Hélène Grimault-Duc, il n’hésite pas à engager l’école dans un certain changement de dimension. Comment ? Grâce à deux domaines très porteurs : la maquette numérique et le maritime. « La conception numérisée des ouvrages va fortement impacter le secteur. Tout comme l’élévation du niveau des mers, qui nécessite la construction de nouvelles défenses. » L’ESITC Caen en a fait ses spécialités ! L’école a même organisé, dans le cadre du projet national MINND, la première journée en France consacrée à la formation du BIM (Building Information Modeling – autre nom de la maquette numérique). Un succès avec plus de 200 participants ! « Au sein de l’ESITC Caen nous avons déjà mis en place tout un long des 3 années du cursus ingénieur tous les aspects de ce BIM pour appréhender l’ouvrage dans sa globalité. C’est un vrai besoin et un enjeu concret. »

Qui est Jérôme Lebrun ?
Diplômé d’Audencia, une école de commerce, Jérôme Lebrun a longtemps travaillé dans le conseil, chez Accenture plus exactement. Il a rejoint l’ESITC Caen en 2006 : « J’ai tout de suite apprécié la cohérence du secteur du BTP et la qualité des rapports humains. » L’ancien directeur adjoint est nommé directeur par le conseil d’administration avec une volonté de s’inscrire dans la continuité. « J’ai suivi ces neuf dernières années tout le travail réalisé avec les entreprises, j’ai vécu cette logique de l’intérieur. » Son ambition : conserver cette proximité avec le monde professionnel et avec les élèves. « Notre taille intermédiaire est pour nous le meilleur atout pour répondre aux besoins du secteur. Nous nous inscrivons dans la réactivité face à l’écoute des besoins des professionnels. »

Une école tournée vers l’international

Le cursus affiche une réelle progression dans les cours et les stages, véritables piliers de l’apprentissage. Ainsi, chaque étudiant réalise un stage chaque année, dont au moins un à l’international, avec une exigence : l’alternance dans le type de stages effectués. « Nous plaçons également l’élève au maximum en situation réelle, comme répondre à un appel d’offres, avec un encadrement important des professionnels. Résultat, une fois diplômé, il est prêt et n’aura que le choix de ses envies. » Le choix entre bâtiment et travaux publics ne se fait qu’en début de 4e année pour laisser meilleure appréhension possible des métiers.

Nous proposons aux élèves de 5e année de partir au sein d’un établissement partenaire à l’international

Un savoir-faire également reconnu à l’international. Au sein de l’ESITC Caen, non seulement les cours de langue sont obligatoires, mais un stage de trois mois minimum à l’étranger aussi. Il est même possible d’effectuer tous ses stages à l’international. « Nous proposons aux élèves de 5e année de partir au sein d’un établissement partenaire à l’international. Et nous avons également mis en place des workshops internationaux. Un vrai succès ! » Pendant un mois, des représentants étrangers – une dizaine de nationalités en 2014 – viennent à l’école et travaillent avec les étudiants de 4e année pour simuler une réponse à un appel d’offres. Les équipes sont alors mises en concurrence et jugées par des professionnels. « Nous avons eu 40 participants cette année. C’est une expérience unique au sein des écoles d’ingénieurs. Et nous entendons bien la développer. » Une opportunité fantastique de bâtir… votre réseau !

« Rejoindre l’ESITC Caen, c’est l’idée d’une grande cohérence de secteur et métier. Tout le monde joue le jeu et contribue à ce que, à la fin, il y ait une réussite. Le meilleur garant reste l’insertion professionnelle. Cette recette fonctionne et tout est mis en place pour qu’elle continue à fonctionner. » Avis aux jeunes femmes : l’ESITC Caen est très ouverte aux ingénieures ! On vous en dit plus très prochainement sur notre blog !

Solidarité et convivialité
Le BTP se veut un secteur porteur de valeurs humaines très fortes. Une culture qui commence sur les bancs de l’école à travers une solidarité et une convivialité très poussées. « L’ESITC Caen a un esprit de corps dans chaque promo mais ce qui caractérise l’école, c’est la connaissance et les liens tissés entre les promos. Le sport, obligatoire, est par exemple interpromo. De même, en 4e année, tous les élèves doivent mener un projet dans lequel ils devront tenir un budget, le présenter et atteindre des performances, comme pour les Cordées de la réussite. Ils partagent un fonctionnement de travail et de vie ensemble. » En 2013, l’équipe de football de l’ESITC a été championne de France universitaire face à Paris Dauphine grâce à ses valeurs : solidarité, respect et esprit d’équipe. « Nous encourageons beaucoup l’entraide, la cohésion… car nous ne sommes plus dans la compétition. »

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