Après avoir dirigé des programmes de santé à l’international et participé à la création d’ONU Sida, le docteur Lamboray a créé l’association Constellation qui aide les communautés à se prendre en main pour régler leurs problèmes. Et ça marche. La preuve par… un million !

Docteur Jean-Louis Lamborey

Docteur Jean-Louis Lamborey

Vous assurez, dans votre ouvrage, que toute communauté possède la capacité de répondre aux défis qui s’imposent à elle. Qu’est-ce qui fonde un constat si optimiste ?
Le fait que je n’ai encore rencontré aucun contrexemple ! Prenons le sud de l’Inde où il n’est déjà pas facile d’être une femme, alors une prostituée, vous imaginez… Ces femmes pourtant, lasses d’être traitées comme des soushumains, se sont unies pour faire valoir leurs droits. Après avoir été la cible de campagnes de honte et de dénigrement, refusant de répondre à la provocation et d’être négatives, elles ont persévéré et… sont à présent prises en exemple, décernent même des prix ! Idem en Belgique avec des migrants rejetés par la population locale qui ont pris pour but collectif d’être « intégrés », ont décidé d’aller vers les gens et y sont parvenus ; magnifiquement. Quel que soit le problème ou sa complexité, dès que vous vous installez dans l’humain, le respect de l’autre et le refus de toute négativité, vous ne pouvez plus qu’avancer.

 

« Quand vous abordez les gens sans les juger, tout devient possible »

Et le travail de Constellation, l’association que vous avez créée, est justement d’aider à cette prise de conscience ?
En 1992, dans la Province thaïe de Phayao, 18 % des jeunes gens âgés de 21 ans étaient séropositifs : quasi un jeune sur cinq ! Il y a alors eu une prise de conscience unique dans la population : on a arrêté de vendre les filles (prostitution) et les garçons se sont protégés ; en 2000, le taux était redescendu à moins de 1% ; juste incroyable. C’est cette formidable leçon de vie que propage aujourd’hui la Constellation : la solution à nos problèmes n’est pas technique, mais humaine. On a commencé avec le sida, puis le palu et enfin tout le reste. Et ça marche du tonnerre ; un travail en trois phases ; un : définir un rêve commun, deux : faire l’inventaire des forces en présence, trois passer à l’action et en tirer des leçons, progresser via un cycle de Deming tout ce qu’il y a de classique. Cette compétence communautaire vaut pour tous les cas de figure. C’est magique ? Bien sûr puisque c’est humain ! Cet humain  dont le fond, je n’ai pas peur de l’affirmer, est toujours bon.

 

Quels conseils donner aux jeunes diplômés qui souhaitent faire bouger les choses sans pouvoir, tous, s’engager dans l’humanitaire ou l’économie sociale et solidaire ?
Osez rêver pour vous-même, prenez l’intuition du bonheur comme boussole ! Choisissez un travail dans un secteur qui vous intéresse mais surtout, vérifiez l’humanité de votre futur employeur, interviewez le à votre tour : se souciet- il du monde ? Et de vous ?… Non ? Alors n’y allez pas, car vous ne serez jamais heureux dans ces conditions, juste schizophrène. La vraie vie n’est pas ailleurs, la vraie vie, c’est aussi le travail. Et si vous n’en trouvez pas un qui vous convienne, alors créez-le !

 

Qu’est-ce qui nous rend humains ?
Refusant de répondre par des mots à cette question dont il a fait le titre de son livre (éditions de l’Atelier), Jean-Louis Lamboray l’illustre par nombre d’exemples concrets : en Thaïlande, Congo, Inde ou Brésil, il raconte comment, qu’ils soient chauffeurs routiers, paysans, infirmières, prostitué(e)s ou habitants des quartiers pauvres, dès que les membres d’une communauté se sont unis pour affronter ensemble leurs problèmes, ils ont changé le monde à commencer par le leur. Au départ de cette mutation qui concerne déjà plus d’un million de personnes, un simple changement de regard sur soi et ses capacités, fruit du travail des « facilitateurs » de la Constellation, l’association

 

JB

 

http://www.questcequinousrendhumains.com/index.htmlwww.communitylifecompetence.org