Etre intelligent est certainement un avantage ; mais quand, en plus, on est capables de percevoir, exprimer et contrôler les émotions, on s’adapte beaucoup mieux… à tout ! C’est bien simple : selon le grand spécialiste de la question, Daniel Goleman, les deux tiers des résultats d’une entreprise sont générés par cette Intelligence Emotionnelle (IE). D’où une logique montée d’intérêt pour le sujet…

© Fotolia

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Au terme d’une grande enquête menée auprès de 200 sociétés internationales (« L’Intelligence Emotionnelle au travail »), le psychologue Daniel Goleman, spécialiste de l’IE, a conclu que les deux tiers des résultats obtenus par les entreprises « auscultées » étaient dûs à la capacité de leur personnel à s’adapter aux situations et aux relations, grâce à la maîtrise des émotions : les leurs comme celles de leur vis-à-vis.
« C’est quand j’ai effectué un audit pour TF1 que j’ai réalisé à quel point l’écoute était essentielle : le seul fait de permettre aux gens de s’exprimer diminuait considérablement le niveau de leurs revendications, explique Gilles Corcos, ingénieur en organisation passionné par l’Intelligence Emotionnelle qui a organisé le premier congrès français sur le sujet (voir encadré). L’IE nous aide à décrypter tout ce qui est humain ; elle apporte des compétences non pas de savoir-faire, mais de savoir-être. Les entreprises sont de plus en plus intéressées, forcément, la maîtrise des émotions apportant à leurs cadres davantage de présence, écoute, charisme, adaptabilité, pertinence… démultipliant ainsi leur efficacité. Mais attention, il ne s’agit pas d’une méthode, plutôt d’une « posture » intérieure consistant à réunir nos deux intelligences : intellectuelle et émotionnelle, absolument complémentaires. »

 

QI ET QE SONT DANS UN BATEAU…
Pas question donc d’organiser un match QI vs QE, cette « habileté à percevoir et exprimer les émotions, les intégrer pour faciliter la pensée, comprendre et raisonner avec elles, ainsi qu’à les réguler chez soi et chez les autres » selon la définition de ses « découvreurs » des années 90 Salovey et Mayer. La grande différence entre les deux étant qu’au contraire du QI, le QE se travaille et se développe ! Ce qu’a fait Emmanuel Clairambeaux, 52 ans (Droit, Gestion + Exécutive MBA), chef de projet dans une grande banque d’entreprises, « Un univers facilement anxiogène, surtout en ce moment, où les émotions sont tenues à l’écart alors même qu’on y affronte des situations – et conflits ! – forts. De ce point de vue, l’IE, basée avant tout sur l’expérientiel, apporte une large palette d’instruments vous permettant d’incarner un relationnel et un management vraiment plus serein : déminage des conflits, gestion des égos, objectivité, efficacité… je comprends que ceux qui découvrent l’IE parlent d’une sorte de révélation ; on se dit : waah si j’avais su avant !… » A méditer… d’autant qu’ainsi que l’explique Daniel Goleman : « En développant la capacité de rebondir, de se doter d’esprit d’initiative, d’aisance sociale et d’adaptabilité, l’IE est particulièrement utile sur le marché de l’emploi actuel ». Bonne nouvelle, enfin : l’un des exercices de base pour améliorer son IE n’a rien d’insurmontable : il suffit pour cela de regarder la télévision… sans le son ! Et de comprendre quand même. Pour cela, on est obligé d’être beaucoup plus attentif et sensible aux autres, en plein dans l’IE.

 

RETOUR SUR
Le 4 décembre dernier s’est tenu au Forum 104, à Paris, le premier Congrès français consacré à l’intelligence émotionnelle réunissant des intervenants issus du monde de l’éducation, la santé, l’entreprise… Organisé par Gilles Corcos, l’évènement a enchaîné conférences, tables rondes, témoignages et ateliers. Au nombre des thèmes abordés : l’utilisation des émotions dans la pédagogie, mais également dans le management et la performance des entreprises.
www.congres-intelligence-emotionnelle.com

 

JB