Le Groupe INSA soigne ses entrées. Exit le classique concours d’entrée pour les premières années en école d’ingénieurs. Le dossier du bachelier est examiné selon la procédure Parcoursup, puis validé en entretien par les instituts nationaux des sciences appliquées. Un processus de sélection qui dénote de ses homologues. Explications.

 

Au revoir APB, bonjour Parcoursup

Alors que Parcoursup donne des sueurs froides à certains et échauffe les oreilles d’autres, pour Marc Renner la réforme est plutôt positive. « Les étudiants ne sont pas si déstabilisés que ça par Parcoursup. Ils ont leur recrutement en main et ont plus de choix qu’avant grâce aux sous-vœux », explique le président de la Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d’Ingénieurs (CDEFI) et directeur de l’INSA Strasbourg. En 2018, le compteur des candidatures aux INSA a explosé : 17 800 dossiers sur Parcoursup. Un bond de 20 % qui s’explique en partie par la possibilité de candidater à plusieurs INSA en même temps. La liste de candidats est commune aux six INSA (Centre Val de Loire, Lyon, Rennes, Rouen Normandie, Strasbourg et Toulouse), l’INSA international Euro-Méditerranée (Maroc) et les écoles partenaires. Après examen des dossiers, 5 000 candidats ont été sélectionnés pour passer du 23 avril au 3 mai 2018 un entretien individuel. 2 100 places à la clé.

Un entretien personnalisé

C’est l’épreuve ultime. Aucune question traditionnelle au programme : pas de « présentez-vous » ni de « quel est votre parcours scolaire ? ». Le candidat se dévoile à travers un temps d’échange avec un binôme composé d’un enseignant-chercheur et d’un ingénieur ou d’un psychologue. « Pour démarrer l’entretien, les candidats choisissent une image parmi une sélection pour parler d’eux. Le but est d’apprendre à connaître leur personnalité pour savoir si leur profil est en adéquation avec les valeurs de l’école : partage, communication, travail en équipe… », éclaire Sonia Béchet, directrice adjointe de l’Institut Gaston Berger et auteure d’une thèse de doctorat sur l’approche psychologique d’un entretien. Les soft skills n’ont jamais autant eu la côte !

Un modèle d’éducation humaniste

Cette politique de recrutement témoigne d’une volonté d’ouverture sociale de la part du groupe. Elle vise à diversifier les profils : casser les idées reçues et ouvrir les portes à la diversité (femmes, boursiers, habitants de quartiers populaires…). « Nous souhaitons lutter contre les 3 C : clonage, cloisonnement et conformisme », souligne Eric Maurincomme, directeur d’INSA Lyon et président du Groupe INSA. Une philosophie héritée de Gaston Berger, cofondateur du premier-né des INSA à Lyon, et chercheur sur la caractérologie. Cette initiative humaniste, à la fois technique et citoyenne, a pour objectif de former des ingénieurs qui pensent et agissent pour la société.