Le métier d’inspecteur des finances attire de nombreux étudiants en raison de l’intérêt du travail qu’il procure, d’une situation dans la Haute Fonction Publique et surtout, de la possibilité d’intégrer des entreprises du secteur privé ou public afin d’y faire carrière.

© Gertot1967 - Fotolia

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POURQUOI EST-IL SI COMPÉTENT ?
L’inspecteur des finances exerce des fonctions de contrôle et d’encadrement dont les missions nécessitent un niveau élevé de compétences en matière économique, juridique, fiscale et comptable. Expert en fiscalité, il peut tout autant vérifier les comptes et déclarations des particuliers, des professions libérales que celles des entreprises, en traitant des dossiers à fort enjeu. Ce sont les interlocuteurs des avocats et des conseils fiscaux des entreprises. Autre atout, prenant une grande part à façonner la politique économique de la France, les inspecteurs des finances sont très influents à Bercy.

 

C’EST ÉGALEMENT UN MANAGER
Travaillant avec plusieurs collaborateurs, l’inspecteur des finances dirige et organise le travail d’une équipe. Il possède ainsi toutes les qualités requises pour rejoindre de grandes entreprises multinationales dans lesquelles il exercera ses talents de manager, prodiguera ses conseillers auprès des directions générales ou intègrera les conseils d’administrations.

 

UN PANTOUFLAGE DE TALENT !
Le terme « pantouflage » désigne de manière familière le fait pour un haut fonctionnaire de travailler dans une entreprise privée. Cette faculté existe depuis le 19e siècle où les inspecteurs dirigeaient des activités industrielles comme les chemins de fer ou la sidérurgie. En effet, le détachement des inspecteurs des finances vers le secteur privé concurrentiel (ou public industriel) constitue une opportunité de carrière dans la mesure où les grandes entreprises recherchentce type d’expertise. En effet, ils connaissent l’ensemble des rouages du ministère des Finances, notamment dans le domaine de la fiscalité, tout en ayant des aptitudes à maîtriser les problématiques économiques du moment et leurs enjeux pour les entreprises.

 

UNE PLACE DE CHOIX DANS LA BANCASSURANCE
Qui dit finance, dit secteur bancaire, et c’est dans le vivier des inspecteurs des finances que les banques et assurances les recrutent le plus souvent. Un grand nombre d’inspecteurs « en fonction hors de leur administration » rejoignent ainsi le secteur de la bancassurance. Ce nombre a toutefois diminué depuis les années 90 où 30 % d’entre eux exerçaient ce type d’activité.

 

DE NOMBREUSES RÉUSSITES ET QUELQUES ÉCHECS
Si certains, comme Jean-Yves Haberer au Crédit Lyonnais ou Jean-Marie Messier le patron de Vivendi, ont connu des échecs cuisants après avoir exercé leur talent avec brio, beaucoup d’autres bénéficient de carrières exceptionnelles tels Michel Pébereau président de BNP Paribas, Jean-Pierre Jouyet, à la direction de la Caisse des Dépôts, François Pérol à la tête du groupe Banque Populaire-Caisse d’Epargne ou Henri de Castries à la présidence d’AXA. Au niveau européen, Jean-Claude Trichet a gouverné pendant 10 ans la Banque Centrale Européenne alors que Pascal Lamy dirigeait l’Organisation Mondiale du Commerce.

 

UN ESPRIT DE CORPS ET DE RÉSEAU ?
Comme c’est le cas pour de nombreuses grandes écoles ou dans la haute fonction Publique, les réseaux et les corporatismes favorisent une l’esprit de corps. Certains de leurs capacités, les inspecteurs des finances tiennent à conserver leurs privilèges. Ainsi, lorsque Daniel Bouton a démissionné de la société Générale à la suite de l’affaire Kerviel, c’est Frédéric Oudéa, un autre inspecteur des finances, qui l’a remplacé comme P-DG.

 

Patrick Simon