Dipak C. Jain, américain d’origine indienne est le nouveau doyen de l’Insead depuis le 1er mars. Ce mathématicien, expert renommé en marketing, va insuffler une nouvelle ouverture à l’école. Rencontre.

Dipak C. Jain, nouveau Doyen de l’Insead

Dipak C. Jain, nouveau Doyen de l’Insead

« Opening new doors ». Voilà en résumé ce que Dipak C.Jain compte faire durant son mandat à la tête d’une des plus grandes écoles de management d’Europe. Le slogan « Business school for the world » devrait donc retrouver sens alors que ces dernières années, l’école s’était un peu trop américanisée dans ses modèles de management, dans sa vision du monde aussi. Déjà, sa nomination ouvre une porte hautement symbolique, Dipak C.Jain étant le premier doyen issu d’un pays émergeant. Une des missions qu’il entend mettre en oeuvre : attirer à l’Insead les meilleurs cadres  d’Asie. « Nous devons être présents sur ces marchés à forte croissance car l’Insead a un rôle à jouer dans le monde ». Pour cela, il veut s’appuyer sur les campus de Singapour et d’Abou Dhabi et renforcer la « marque » Insead notamment en activant le vaste réseau des anciens (41.000 dans plus de 160 pays).
« Mon rêve, dit-il, c’est que l’Insead soit un think tank, un centre d’étude et de recherche pour les marchés émergeants. » Cela se traduira par des programmes moins centrés su les référentiels anglo-saxons, plus tournés vers les autres continents. Autre ambition : multiplier les partenariats avec les ministères et les entreprises mais aussi d’autres domaines comme le droit ou les sciences de la vie. « Il faut élargir le champ des coopérations ! » Lui qui fut le professeur de Christine Lagarde à la Kellogg School of Management de l’université Northwestern (Chicago) prévoit d’ailleurs d’en discuter avec notre ministre. Autre rêve de Dipak : « Que Shakespeare entre à l’Insead » dit-il avec humour. Introduire des cours sur l’art, les cultures et last but not least, y « planter la graine » de la philanthropie. Le nouveau doyen souhaite en effet développer à l’Insead le « social business ». « Il n’y a aucune honte à vouloir s’enrichir si l’on sait employer l’argent à faire le bien ». Lui-même oeuvre sur de beaux projets sociaux : la création d’une école d’entrepreneuriat pour les femmes au Bangladesh qui doit ouvrir en 2012-2013, d’une université en Angola, projets d’aide à la création d’entreprise en Amérique centrale… « If you can’t change the context, you can change the content » affirme Dipak C.Jain, un grand Monsieur qui a toute l’énergie requise pour concrétiser son idéal : « L’Insead en formant des hauts cadres, en étant un think tank de prospective a une responsabilité sur le futur. Et le devoir de bâtir un monde meilleur. »

 

SG

 

Contact : www.insead.edu