« Trois mois après mon arrivée à la tête de l’ESSEC, j’ai la conviction que l’avenir de notre école doit s’articuler autour de trois forces décisives pour mettre notre projet en action : l’innovation, l’implication et l’internationalisation. » Jean-Michel Blanquer

Jean-Michel Blanquer, DG du groupe ESSEC

Jean-Michel Blanquer, DG du groupe ESSEC

L’ESSEC a une grande tradition d’innovation, qui participe de son identité et de sa singularité. Je pense en particulier à la production scientifique de nos professeurs, du plus haut intérêt pour les décideurs, ou encore à l’apprentissage, introduit à l’ESSEC en 1994 et qui a révolutionné l’organisation et le financement des études, nos relations avec les entreprises et les modalités d’insertion de nos étudiants dans la vie professionnelle. Vingt ans après, le succès ne se dément pas avec plus de 25 % des étudiants de la Grande Ecole et 50 % des étudiants de 3e et 4e années du BBA qui choisissent d’être apprentis. Aujourd’hui, je souhaite donner un souffle nouveau à cette tradition d’innovation, notamment en matière de méthodes pédagogiques en mettant notamment l’accent sur le travail en équipe. Des expériences très intéressantes sont menées actuellement sur le flip learning, à la fois en formation initiale, avec les promotions de 360 étudiants de la grande école, et en formation continue dans le cadre de l’Executive MBA. Les MOOCS, qui sont en train de bouleverser le paysage mondial de l’enseignement supérieur, sont également un sujet d’intérêt majeur. Les grandes universités américaines ont pris une grande avance sur le marché anglosaxon et commencent à conquérir l’Asie, mais je crois que l’ESSEC peut penser et proposer sa propre voie.
L’entrepreneuriat est une tradition centrale de l’ESSEC va connaître des développements nouveaux. Nous allons favoriser l’innovation par la rencontre de champs différents et par notre capacité prospective. Nous devons veiller à dépasser les cloisonnements disciplinaires qui enferment trop souvent les savoirs dans des carcans inopérants et découplés du monde de l’économie. Mon projet est de faire émerger ce que j’appelle les humanités du XXIe siècle pour aider nos étudiants à appréhender la complexité du monde et à en faire un levier d’action. Notre partenariat avec l’Ecole Centrale Paris s’inscrit par exemple dans cette perspective, avec des expériences déjà très encourageantes de design thinking (avec Strate College) nous permettant de développer un modèle de conception des produits du futur. Pour notre école, l’internationalisation est une réalité quotidienne, avec plus de 1 300 étudiants étrangers, avec une implantation à Singapour, avec notre implication dans Council on Business and Society créé en 2012 avec cinq partenaires internationaux de haut niveau et qui consacrera, au mois de mars prochain au Japon, son second forum international aux questions de santé. L’international, ce sont aussi les partenariats que nous avons noués dans le monde entier et qui permettent à nos étudiants de se confronter à des pratiques d’enseignement profondément différentes et de s’immerger dans d’autres cultures. Aujourd’hui, il nous faut aller plus loin. Nous sommes en train de construire un magnifique campus à Singapour qui sera inauguré au début de l’année 2015 et qui rayonnera sur la zone Asie-Pacifique. De nouvelles perspectives s’esquissent en Afrique et dans les Amériques. Notre objectif est de devenir une Business School à rayonnement mondial, tout simplement parce que le monde est devenu l’échelle d’analyse et d’action des acteurs économiques. A nous de transmettre à nos étudiants du monde entier, les compétences techniques, les outils intellectuels et les valeurs pour devenir des acteurs responsables, ouverts, éclairés de la mondialisation.
Enfin, l’implication, et d’abord l’insertion de nos étudiants sur le marché du travail doit être une préoccupation constante pour chacun des acteurs de la communauté ESSEC.
Il faut que l’ESSEC continue à être la meilleure dans un domaine qui fait déjà sa force selon toutes les enquêtes : la reconnaissance par les entreprises. Les entreprises voient en nos étudiants des personnes techniquement bien formées mais aussi humainement créatives. C’est un atout sur lequel il faut capitaliser en cultivant la singularité de notre modèle de formation. Aussi, je crois que l’ensemble de notre enseignement et plus largement de « l’expérience ESSEC » doivent plus que jamais être pensés en fonction de cet objectif d’insertion professionnelle, qu’il s’agisse des cours, les stages mais aussi de toutes les expériences associatives et entrepreneuriales. Nos relations avec les alumni ont également vocation à se renforcer dans ce but. Mais inscrire l’implication au coeur de nos objectifs signifie aussi assumer pleinement notre responsabilité sociale. Avec le programme « Une grande école pourquoi pas moi » ou encore les dispositifs de bourses et bien sûr l’apprentissage, l’ESSEC contribue à ouvrir les portes de l’excellence aux élèves et aux étudiants issus de milieux défavorisés. En accord avec le meilleur de sa tradition, je souhaite que l’ESSEC soit pour l’avenir un acteur moteur d’une société plus ouverte et plus inclusive. Pour son plan stratégique, résultat d’une vaste participation interne, l’ESSEC pourra ainsi s’appuyer sur les valeurs qui fondent sa force et sa singularité grâce aux trois forces que sont l’innovation, l’implication et l’internationalisation.

 

Par Jean-Michel Blanquer,
DG du groupe ESSEC