L’université bouge. Dans tous les domaines, elle change, se réinvente, innove. Les programmes, la pédagogie, la recherche, l’orientation des étudiants, leur réussite, l’aide à l’insertion, tout y passe. Y compris, bien sûr, les conditions d’entrée, avec le démarrage de ParcourSup.

 

Trois exemples, pris parmi des centaines d’initiatives. A Paris-Descartes, le programme PaRéO (« Passeport pour réussir et s’orienter ») accompagne jeunes bacheliers et étudiants en difficulté, sur un an, pour mieux les préparer à la licence ou à l’IUT. Au programme, expression orale et culture générale, renforcement en anglais ou en math, travail sur l’orientation, construction du projet d’études, méthodes d’apprentissage…

A Nancy, la faculté de pharmacie de l’Université de Lorraine a mis sur pied un dispositif de simulation baptisé Offi’Sim, avec des officines virtuelles, sous forme de tables munies de postes de travail. Devant leur écran, les élèves apprennent ainsi, de façon ludique et interactive, à accueillir le patient, à lui poser les bonnes questions et à le conseiller. En complément, un jeu sérieux, « Mission Offi’Sim », les entraîne à réagir à diverses situations professionnelles, à l’aide de courtes vidéos.

A Angers, l’innovation est un axe stratégique majeur pour l’université – la première de l’Hexagone pour son taux de réussite. Objectif affiché : transformer 25 % des enseignements d’ici 2020. Parmi les projets lancés, Dipeeo, qui permet aux plus doués en expression orale et écrite de progresser plus rapidement en se formant à distance. Ou encore ChronoChimie, un système de cartes à jouer pour apprendre la chimie.

Simulation, classes inversées, Moocs, jeux sérieux… Autant d’innovations qui, par petites touches, modifient en profondeur la vie des étudiants, leur façon d’apprendre et de piloter leur cursus. Le numérique, bien sûr, joue un rôle clé dans cette évolution. Il irrigue désormais la plupart des activités : l’enseignement, mais aussi la gestion des campus, l’accueil des étudiants ou l’organisation des examens.

Changement aussi du côté des relations entreprises : de l’accueil de stagiaires au financement de chaires, aux contrats de recherche ou à la réflexion sur les métiers de demain, l’heure est à la coopération et aux partenariats.

Côté financement, on innove. Bordeaux et Strasbourg ont lancé des levées de fonds ambitieuses. Sorbonne Université prévoit même de lever 100 millions d’euros en quatre ans – un record – et a déjà collecté la moitié de cette somme. De quoi financer chaires, bourses, labos de recherche et recrutements de professeurs.

Même en matière d’immobilier, de nouvelles solutions voient le jour. La CPU monte ainsi un dispositif de financement « mutualisé » d’une vingtaine de chantiers sur huit établissements. En intégrant les questions énergétiques et environnementales, le numérique, l’occupation des bâtiments et la possibilité de les faire évoluer à l’avenir. Un montage économique inédit, pour un investissement total de l’ordre de 600 millions d’euros.

Cette révolution s’opère, le plus souvent, de manière silencieuse : le « grand public » n’en perçoit guère l‘ampleur. Il n’empêche : en une poignée d’années, c’est un vrai bouleversement que connaissent les facs, et dont bénéficient les étudiants. Les universités manquent peut-être de moyens financiers, mais elles ont des idées !