Plus l’équipement en devices et l’accès aux réseaux se développent, plus la demande en IT progresse et avec les besoins en compétences scientifiques et techniques.

 

Etudiants de l’IONIS

Etudiants de l’IONIS

Les standards de l’informatique recrutent toujours
Le diplôme de MIAGE existe depuis 40 ans. Le réseau des directeurs fait un constat unanime : les diplômés se placent très bien et souvent avant la fin de leurs études. « C’est une caractéristique des informaticiens formés à Bac+5, constate Cyrille Desmoulins de l’Université Joseph Fourier à Grenoble. Les entreprises considèrent stages et apprentissage comme des pré-recrutements. » Les missions portent sur les logiciels de caisse, de gestion documentaire, de production, RH ; les interfaces de logistique, comptabilité ou paye ; les bases de données ; les ERP ; le Web ; le développement de systèmes. David Brun, directeur du développement économique de l’ISEN constate lui aussi que « les métiers traditionnels recrutent dans le support informatique, le développement, l’intégration, des chefs de projet. »

 

Nouvelles tendances
Au-delà de ces métiers Cyrille Desmoulins observe un dynamisme « dans l’informatique pour le suivi de production d’énergie, les logiciels d’interaction machine-to-machine, la gestion de capteurs, les data centers, les services mobiles associés à la géolocalisation et aux transports, la dématérialisation, la business intelligence décisionnelle. » Pour David Brun « ce sont surtout les applications qui engendrent de nouveaux besoins : bâtiment intelligent, problématique du bien vieillir, smart, esthétisme. »

 

Big data, big opportunities ?
L’augmentation irrésistible des données engendre une nécessité croissante de gérer les enjeux liés au traitement et à la protection de ces big data. Avec à la clé des métiers d’ingénieurs en pointe : SI et génie logiciel, global IT management, systèmes réseaux et sécurité. La compétence mathématique se révèle aussi un formidable atout. « Partout la simulation prend le pas sur les tests grandeur nature, plus coûteux, tandis que capteurs et machines sont reliés aux réseaux, analyse Grégoire Allaire, enseignant-chercheur en mathématiques appliquées à Polytechnique. La simulation et la fouille de données prennent une nouvelle importance dans ce contexte. » Au-delà de leur masse, les données proviennent de sources et mesures hétérogènes (capteurs, machines, Web, réseaux sociaux, véhicules…). « Il faut les extraire, trouver les paramètres pertinents, les modèles pour améliorer le fonctionnement du système. Cela relève des compétences d’ingénieurs de haut niveau en informatique et mathématiques. »

 

TIC et santé
Dans le monde de la santé, les données se multiplient avec les nouveaux outils de diagnostic et d’imagerie. Il y a 3 ans, l’Ecole des Mines d’Alès s’alliait avec les Universités de Montpellier 1 et 2 pour créer des formations en e-santé. Gérard Dray est directeur de la filière TIC et santé aux Mines d’Alès qui recrute dans les écoles de l’Institut Mines-Télécom. « SI hospitaliers, santé mobile, gestion de projets innovants liés à l’imagerie, robotique médicale, techniques non invasives, sont des domaines porteurs pour nos ingénieurs. »

 

Systèmes embarqués, big data, développement, top 3 des offres
Alain Ayache directeur de l’INP-ENSEEIHT a relevé les mots clés des offres d’emploi pour ingénieurs :
❐ Systèmes embarqués, tout ce qui relève du temps réel, support de l’électronique, des logiciels, de l’intelligence dans la téléphonie, les transports. « Les besoins sont criants en hardware ! »
❐ Big data, gestion des données qui qui restent à ce jour largement sous-exploitées. « La fouille de données et la mise au point de process pour gérer ces volumes, supposent de marier des compétences mathématiques, statistiques, informatiques et de comprendre les usages de ces analyses. »
❐ Développement, programmation. Pour le développement stratégique, la conception, les aspects de prototypage, de création. « La valeur-ajoutée de nos formations tient dans les compétences à la pointe des technologies et des sciences de nos ingénieurs. »

 

Pénurie or not pénurie d’informaticiens ?
La réponse de Régis Granarolo, président du Munci (association professionnelle des informaticiens et des métiers du numérique) « Nous n’avons jamais connu un tel paradoxe : le chômage est au plus haut chez les informaticiens depuis 2006 (il concerne environ 22 000 ingénieurs) et les entreprises disent avoir du mal à recruter ! Le Munci estime qu’après moins 10 000 postes en 2009, 6 000 seulement ont été créés en 2012. ll n’y a pas pénurie de main d’oeuvre dans l’informatique mais une inadéquation entre l’offre et la demande. C’est un marché du travail hors normes, éclaté en plus de 100 métiers et 1 000 compétences, très évolutif et ciblant les jeunes diplômés Bac+5, des profils calibrés pour répondre à un besoin ponctuel, une mission plus qu’un recrutement dans une perspective de parcours. Je me réjouis que la vice-présidente de la Commission européenne et notre ministre du numérique évoquent enfin la nécessité de faire évoluer les compétences, de formation continue. Il faut valoriser les carrières, le professionnalisme et l’expérience chez les informaticiens. »
http://munci.org

 

3 questions à Daniel Cohen-Zardi, président de SoftFluent et fondateur du mouvement « Fier d’être développeur » fin 2012
Pourquoi ce désamour des ingénieurs français pour le code ?
Le métier est méconnu et mal valorisé. Le développeur est un créatif, il faut arrêter de penser qu’il aligne les lignes de codes, qu’il duplique des concepts. Il fait évoluer en permanence son processus de conception. Il mène un travail intellectuel et de programmation complexe. C’est en cela que c’est un métier d’ingénieur.
Quelle est la valeur ajoutée d’un ingénieur développeur ?
Derrière chaque programme, application ou site il y a un développeur ! Les besoins sont énormes et contrairement aux pratiques de beaucoup d’entreprises, le métier n’est pas réservé à des jeunes maitrisant les derniers langages. L’expérience est un atout pour travailler vite, de manière fiable et inventive et pour remplir son rôle de créateur de valeur et d’activités.
Nos entreprises savent-elles les valoriser ?
Certaines appréhendent mal leur rôle de création de valeur et le fait qu’ils travaillent dans un processus collaboratif. Elles ne savent pas leur proposer l’organisation adéquate pour innover. Le pire est qu’elles ne savent pas les faire évoluer, laissant des informaticiens sur le carreau.
http://fierdetredeveloppeur.org

 

Une formation alternative
Le lancement l’an dernier de la _Web School Factory entend répondre par une approche alternative aux besoins du digital. « La formation et la pédagogie sont fondées sur les enjeux et spécificités de l’économie numérique, souligne Anne Lalou, sa directrice. Les connaissances couvrent trois disciplines : design de nouvelles expériences, e-Business et e-Marketing et technologies. Nos diplômés Bac+5 créeront des métiers et carrières de traverse dans le digital en mariant informatique, marketing et création. » L’école travaille avec les 20 entreprises partenaires de son cluster d’innovation pour préparer ces métiers du futur comme des CTO (chief technology officer), des CDO (chief data officer), des directeurs du marketing digital ou de l’innovation.

 

A. D-F