Dossier recrutement

 

En observatoire de la profession, Ingénieurs et Scientifiques de France a rendu en juin dernier les résultats de sa 22e enquête annuelle. Grâce aux données recueillies auprès de 44 000 ingénieurs issus de 116 écoles en mars-avril 2011, ces travaux esquissent les tendances marquantes de la profession pour 2010. Panorama.

 

L’amorce de la sortie de crise
Pour les 722 500 ingénieurs recensés en 2010, l’année a été marquée par une diminution du sentiment d’inquiétude face à la crise, tendance renforcée par la nette reprise des recrutements avec 60 600 embauches (contre 48 400 en 2009) dont 36 % en 1er emploi, et par un fort rajeunissement : 6 ingénieurs sur 10 ont moins de40 ans. Elle se caractérise également par une montée en puissance des femmes qui représentent 26 % des ingénieurs de moins de 30 ans. Mais si le salaire moyen d’un diplômé au statut cadre est en augmentation (65 047 €), la rémunération des hommes reste systématiquement supérieure à celle des femmes.

 

Des nouveautés dans l’accès à l’emploi
82 % des jeunes ingénieurs ont trouvé une activité dans les 6 mois suivant leur diplôme et les voies d’accès à l’emploi se sont diversifiées : 48 % des étudiants ne sont pas passés par une classe préparatoire et les formations en apprentissage ont augmenté. Les exapprentis sont 2 fois plus nombreux parmi les jeunes ingénieurs et sont très bien acceptés dans un monde professionnel pour lequel ils sont mieux préparés et où ils peuvent exercer plus rapidement des responsabilités. Le double cursus est également privilégié : 40 % des ingénieurs sont titulaires d’au moins un autre diplôme. Grâce à des formations plus tournées vers l’entreprenariat, on observe également une nette tendance à la création d’entreprise.

 

Les secteurs qui embauchent
L’accès à l’emploi a été facilité en 2010 et est quasiment revenu à son niveau d’avant crise : 64 % des jeunes de la promo 2010 sont en activité et le taux de chômage est en baisse (4,5 %). Le secteur privé représente 90 % des recrutements avec en tête les sociétés de service, la fabrication de matériel de transport et le BTP. La pratique d’activités innovantes stimule l’emploi et l’augmentation des rémunérations, notamment en matière de conception de matériel électrique, électronique et informatique et de matériel de transport automobile, ferroviaire et aéronautique.

 

Mobilité et multi-compétence
Les indicateurs de mobilité géographique, nationale ou internationale, sont à la hausse et exercer son 1er emploi à l’étranger est entré dans les moeurs : 13,1 % de la profession travaillent ainsi hors de France. En revanche, la mobilité au sein de l’entreprise diminue légèrement avec moins de changements de niveaux hiérarchiques ou de passerelles entre services. La multi-compétence est très appréciée et peut s’illustrer par l’exercice d’une même activité dans des pays différents, par une expérience plurisectorielle ou par un double cursus.

 

Vers plus d’engagement citoyen
Les ingénieurs ont la volonté de s’exprimer plus dans l’espace public et 83 % d’entre eux pensent que la transformation de la société passe par l’engagement. 73 % approuvent ainsi l’idée d’une plus forte représentation politique de la profession et d’une prise de position plus nette dans les négociations sociales. Parce qu’ils placent l’homme au coeur de leurs valeurs, ils considèrent que les progrès sociaux sont étroitement liés aux progrès techniques et qu’ils ont donc un rôle essentiel à jouer.

 

Un Livre Blanc pour faire partie du débat public
Pourtant concernés par de nombreuses problématiques publiques, les ingénieurs s’expriment peu. Pour faire entendre leurs voix, Ingénieurs et Scientifiques de France publie aujourd’hui un Livre Blanc. Celui-ci s’articule autour de 7 thèmes majeurs : relancer l’industrialisation de la France et l’attractivité de ses territoires, répondre efficacement aux nouveaux défis énergétiques, préserver l’environnement par un développementresponsable, développer une culture de sécurité et de prévention des risques, faire de la recherche et de l’innovation des clés de compétitivité, restaurer une image concrète et attractive de la science et de la technologie et répondre à l’enjeu critique des formations et de la préparation aux métiers d’ingénieur et de scientifique.

 

CW

 

Contact : www.cnisf.org