Santé, industrie, ville, véhicules et logement sont les domaines identifiés par la dernière enquête du Groupe ESEO comme ayant le plus besoin d’ingénieurs. Expert de l’intelligence artificielle, des capteurs, de la cybersécurité ou de la gestion de l’énergie, qui est l’ingénieur en 2019 et comment est-il formé ? Réponses de nos experts du Groupe ESEO et de la Cdefi.

 

Syntec Numérique estime que les entreprises recruteront 80 000 ingénieurs dans les 10 années à venir, avec de grandes attentes dans l’Industrie du Futur et les objets connectés notamment. Autre secteur d’activité en plein boom : la santé ! Pour Olivier Paillet, Directeur Général du Groupe ESEO, c’est THE place to be pour les jeunes diplômés. « Le secteur se transforme grâce aux technologies du médical. L’imagerie et l’accompagnement des patients connaissent une révolution. Les ingénieurs sont à l’origine de nombreuses avancées dans les systèmes connectés, les machines intelligentes et communicantes au service du diagnostic, du soin et de la prévention. » D’autres secteurs sont également vecteurs d’opportunités pour les ingénieurs : l’industrie en pleine révolution, la transformation des villes avec l’essor des smart cities, le transport et l’énergie. Un dernier point crucial à l’heure du développement du renouvelable et du stockage de l’énergie. L’ingénieur se positionne ainsi comme l’architecte du futur !

Façonner le futur

Pour construire le monde de demain, l’ingénieur doit maîtriser les outils au cœur de la transformation de notre société. « Les entreprises veulent des diplômés capables de travailler sur l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les capteurs, les logiciels ou l’optimisation de l’énergie. Ce sont vraiment les technologies phares de cette année ! », observe Olivier Paillet. Et pour façonner le futur, la qualité première de l’ingénieur 2019 c’est la créativité ! « Les ingénieurs vont être amenés à piloter et construire des choses inédites. Penser en-dehors de la boîte est clé pour créer des objets qui n’existent pas encore », complète le DG du Groupe ESEO.

 Portrait-robot de l’ingénieur en 2019

Dans sa dernière étude, l’ESEO identifie la polyvalence technique et opérationnelle, l’esprit rationnel et créatif et la capacité à diriger comme les 3 atouts de l’ingénieur en 2019. Jacques Fayolles, Directeur de Télécom Saint-Etienne et Président par intérim de la Cdefi, confirme que les diplômés devront avant tout miser sur les softs-skills. « Quel que soit le secteur d’activités, les entreprises recherchent ces qualités chez les étudiants. Elles recrutent des ingénieurs capables de gérer des projets, de maîtriser la dimension éthique et les impacts de leurs innovations. Les grandes sociétés veulent également des diplômés responsables, surtout dans leur approche des données, un sujet aujourd’hui très sensible. »

S’adapter au changement

Autre problématique que l’ingénieur doit affronter en 2019 : l’évolution de plus en plus rapide des technologies. Aujourd’hui, les écoles se doivent de former des étudiants capables de prendre en main des technologies qui n’existent pas encore. Les établissements se sont ainsi emparés de ce défi, opérant une vague de refontes des programmes. « La grande différence c’est que l’accent est mis sur la personnalité, alors qu’avant, les formations insistaient sur les savoirs techniques purs. Aujourd’hui, les écoles essaient de combiner spécialisation (au travers des options) et approche généraliste. L’idée est de former des ingénieurs capables de s’adapter à des tâches et des métiers différents, tout en étant capable de maîtriser une technique particulière », observe Olivier Paillet.

Un ingénieur multiculturel

Le multiculturalisme est également clé pour les ingénieurs en 2019. Un fait dont est convaincu le DG du Groupe ESEO. « Pour pouvoir inventer le futur, il faut penser aux changements de la société dans leur globalité. C’est pourquoi il est essentiel de former des ingénieurs qui comprennent les différences culturelles et de points de vue afin qu’ils s’ouvrent sur le monde. »

Recherche ingénieurs désespérément

Aujourd’hui, tous les secteurs sont à la recherche de jeunes talents. Alors que la Cdefi a chiffré le besoin d’ingénieurs à 50 000 chaque année, seuls 35 000 étudiants sont diplômés par les grandes écoles chaque année. Mais cette problématique se heurte à un sujet : celui d’un enseignement supérieur « trop lent », pour Jacques Fayolle. « Aujourd’hui, les possibilités d’expansion pour les écoles d’ingénieurs sont faibles. C’est pourquoi nous travaillons sur d’autres modèles de formation que sont l’apprentissage et la formation tout au long de la vie. Deux alternatives qui permettent aux établissements d’équilibrer les coûts. Les écoles peinent encore à trouver LE modèle qui permettra de diplômer plus d’ingénieurs chaque année. »

La clé de notre compétitivité résiderait-elle dans une réforme complète de notre système éducatif ? La question reste en suspens.

4 questions à Pierre Verzat, président de Syntec Ingénierie

Pierre Verzat © Sarah Bastin

Comment l’ingénieur participe-t-il à la construction du futur ?

Comme Gustave Eiffel qui a permis des avancées considérables dans la construction de structures en métal, l’ingénieur accompagne toutes les transitions. C’est un des piliers de la construction du futur !

Quelles transitions majeures va-t-il accompagner d’ici 10 ans ?

L’écologie et le développement durable

La santé : il va accompagner le vieillissement des populations et adapter les villes pour des personnes qui vivront désormais jusqu’à 100 ans !

La mobilité : avec les véhicules autonomes mais aussi le transport en commun personnalisé, c’est-à-dire la possibilité d’adapter le trajet du bus en fonction des demandes des passagers. Autre point central : le transport de masse. Nous l’oublions souvent, mais des structures comme le RER A permettent à un million de personnes de se déplacer chaque jour. Aujourd’hui, l’ingénieur travaille donc sur des projets comme l’automatisation du métro ou la construction de nouvelles lignes

Le digital : Internet et les objets connectés se développent et ces innovations nécessitent des infrastructures plus solides que jamais

Les qualités requises pour remplir ce rôle ?

Il est au cœur d’enjeux complexes et doit donc garder en tête le souci de l’excellence technique. Sensible aux problématiques qui touchent la planète (développement durable en tête), il ne peut plus concevoir des innovations sans réfléchir aux conséquences de son projet. C’est une dimension qui guide les nouvelles générations et surtout les jeunes femmes qui voient plus loin que l’aspect purement technique.

Ses meilleurs alliés ?

Au sein des sociétés d’ingénierie des entreprises, nous trouvons de plus en plus d’économistes, de géographes, de techniciens, mais aussi des équipes dédiées à l’environnement. Nous retrouvons également des équipes de communication, clés pour permettre à la population de comprendre et de s’approprier les innovations. S’inviter dans les écoles, échanger au marché, afficher des photos du projet sont autant d’astuces qui favorisent l’acceptation d’un projet.

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