Ecoles d’ingénieurs, Universités et Business Schools multiplient les partenariats pour délivrer des doubles diplômes mutuels. L’objectif ? Former des experts techniques ayant une approche créative et commerciale. Des profils premium très attractifs pour les recruteurs.

 

Les entreprises en rêvaient, les grandes écoles l’ont fait. Former des doubles diplômés. Des as de la technique et du management. Des analystes à la fibre commerciale. Des « Géo Trouvetou » entrepreneurs. Des collaborateurs aussi à l’aise devant une problématique technique que sur un bilan comptable. Un des précurseurs fut Grenoble Ecole de Management qui avait lancé avec l’université Pierre-Mendès-France une série de doubles diplômes en histoire, droit et économie au niveau Licence. 200 étudiants s’y sont déjà inscrits. Mais le nec plus ultra du double diplômé c’est l’ingénieur-manager. Alors, les partenariats entre écoles se multiplient : Mines ParisTech avec HEC, Centrale Paris avec l’Essec, l’Esigelec avec l’ESC Rouen, TEM avec Télécom SudParis… Plus besoin de partir loin pour décrocher un MBA, les élèves ingénieurs peuvent ajouter la carte Business à leur CV en suivant un cursus complémentaire dans une des grandes écoles de commerce française. L’inverse est plus incertain.

En tout cas, la sélection hyper sévère. Les candidats « identifiés » dès leur première année d’étude et ceux issus des écoles de commerce doivent pour le moins avoir fait une prépa scientifique MP, PC ou PSI. Mais surtout, les écoles misent sur leur motivation profonde tant le parcours qui s’annonce est rude et le rythme à soutenir hyper intense. Si les doubles diplômés sont encore une espèce rare, les professeurs et les dirigeants d’école assurent tous qu’ils seront très nombreux demain.

 

Centrale Paris-ESSEC : le prestige
Le partenariat scellé entre Centrale Paris et l’ESSEC s’annonce prestigieux. Les élèves ingénieurs passent leurs deux premières années à Centrale puis poursuivent pendant trois ans un parcours mixte Centrale-ESSEC. Les étudiants de l’ESSEC, après un an, peuvent rejoindre la première année de Centrale avant d’intégrer le parcours mixte. Un cursus alterné qui permettra aux étudiants de décrocher en 5 ans les deux sésames. « Il faut que les étudiants de l’ESSEC soient vraiment costauds en Maths » insiste la direction de l’école de Cergy. La première promo de ces hybrides super diplômés (20 centraliens et 15 ESSEC) sortira en 2013, le temps alors viendra de dresser un bilan.

Jumelage TEM-Télécom SudParis : l’audace
Le cursus bi-diplômant proposé par Télécom Ecole de Management et sa jumelle ingénieure Télécom SudParis (TSP) se veut encore plus audacieux : « Notre programme dirigé par Michel Berne et Claude Villard offre aux étudiants la possibilité de décrocher le double diplôme, d’ingénieur et de gestion, en seulement quatre ans ! » explique-t-on à la direction de TSP qui compte pour l’instant 5 élèves ingénieurs inscrits dans ce parcours jumelé mais qui accueillera dès la rentrée 2011, jusqu’à 24 étudiants de TEM et 24 de Télécom SudParis. Pour les deux écoles qui partagent le même campus et déjà un certain nombre de troncs communs, ce jumelage « tombait sous le sens ». Quatre années très denses au cours desquelles les candidats bi-diplômant devront remplir les pré-requis, passer des examens, des entretiens de motivation, vivre des expériences à l’international, faire des stages en entreprise… et au finish, ils pourront vendre aux entreprises leur excellence en matière de technologies de l’information, de management et de gestion.

 

SG