Du 9 au 13 novembre 2017, une équipe d’étudiants parisiens encadrés par l’Institut Pasteur s’envolera à Boston pour participer au concours de biologie de synthèse « iGEM ».

 

Une équipe diverse et complète

Nous sommes une équipe pluridisciplinaire de 15 étudiants issus de diverses formations, recrutés par l’Institut Pasteur. En toile de fond, des juristes (Faculté Jean Monnet), des biologistes (Université Pierre et Marie Curie), des chimistes (Chimie ParisTech), des ingénieurs (CentraleSupélec, Ecole Polytechnique, ESPCI) et des designers (Gobelins l’école de l’image, ENSCI – Les Ateliers). Nous concourrons cette année à la compétition « international Genetically Engineered Machine » dont la phase finale se déroulera à Boston du 9 au 13 novembre 2017.

 

La compétition iGEM

Ce concours international de biologie synthétique, créé en 2003 par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), rassemble aujourd’hui plus de 5 600 étudiants, chercheurs et industriels du monde entier. Il a pour objectif de stimuler la créativité des participants par la résolution de problèmes concrets tels que les enjeux environnementaux, sanitaires ou énergétiques, en utilisant une discipline innovante : la biologie de synthèse. Selon François Képès du CNRS, ce domaine émergent a pour ambition « d’élaborer de nouveaux systèmes inspirés des circuits métaboliques naturels. Elle combine ainsi la biologie avec les principes de l’ingénierie, cela afin de concevoir […] des circuits biochimiques à partir de composants standardisés et interchangeables. »[1]

 

æther ou comment piéger et dégrader la pollution atmosphérique

Biologistes, chimistes, ingénieurs, designers et juristes, nous tissons des liens entre nos différentes spécialités pour répondre à une problématique actuelle : la pollution atmosphérique. Cet enjeu concerne à la fois notre environnement domestique mais aussi urbain et périurbain. Un rapport de l’OMS de 2012 estime ainsi qu’environ 6.5 millions de décès étaient liés à la pollution de l’air. Comme l’explique Gabriel Dournes, élève de Chimie ParisTech et membre de notre équipe, « les systèmes existants pour lutter contre la pollution prennent souvent beaucoup d’espace et consomment de l’énergie. Les filtres eux-mêmes constituent également, une fois utilisés, des éléments toxiques qu’il est nécessaire de traiter. Notre projet æther sur lequel nous avons travaillé à plein temps pendant l’été se veut une solution compacte, biodégradable, déployable à grande échelle, peu chère et à même de dégrader le filtrat en produits éventuellement recyclables. »

 

La biologie de synthèse, une discipline méconnue

La biologie de synthèse est un domaine innovant en plein développement soulevant successivement curiosité, enthousiasme et controverse de la part des médias et de la population depuis les années 2000. L’un des objectifs d’iGEM est donc de sensibiliser le public aux enjeux de cette branche de la biologie encore largement méconnue. Cela nous a conduit à mener plusieurs actions dans ce sens : nous avons notamment participé à diverses conférences et salons tels que les forums Biotech, VivaTech et la conférence internationale de l’ASAAQ 2017 à Strasbourg. Par la suite, certains membres de l’équipe ont également eu l’occasion de présenter notre projet, les enjeux de la pollution de l’air et les bases de la biologie synthétique à des classes d’étudiants plus jeunes : une classe de lycéens à Poissy et une classe de collégiens de Huailai près de Pékin. Pour finir, l’élaboration puis la diffusion d’un questionnaire nous a permis de mesurer la connaissance du grand public sur les enjeux de notre projet.

 

Ça m’éclate parce que : En tant qu’étudiants nous nous sommes donné les moyens de nous attaquer à un problème mondial. Notre équipe a construit le projet de A à Z, depuis l’idée du thème sur lequel nous allions travailler jusqu’à la conception même du prototype. De quoi bien remplir les 9 mois du projet !

Un + pour demain ? Le projet ne s’arrêtera pas à Boston en novembre. En effet, nous espérons poursuivre le projet æther en startup et développer l’industrialisation du produit.

Le détail qui tue ? Le nom de notre projet ! Aether est un dieu grec primordial. Il personnifie le Ciel dans ses parties supérieures auxquelles les mortels n’ont pas accès. L’air y est plus pur et plus chaud. L’objectif de notre projet est de permettre à tous de respirer un air plus pur !

 

Contacts :

http://2017.igem.org/Team:Pasteur_Paris

https://twitter.com/igem_pasteur

https://www.facebook.com/igem.pasteur/

igem.pasteur@gmail.com

[1] François Képès, L’ABC de la biologie de synthèse, https://lejournal.cnrs.fr/billets/labc-de-la-biologie-de-synthese