Mercredi 28 juin, Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF) a dévoilé les résultats de sa 28e enquête socio-professionnelle sur la situation des ingénieurs. Deux points clés cette année : la perception de la transformation digitale et la formation tout au long de la vie. Focus sur les grandes tendances analysées par Marie-Annick Chanel, Présidente de l’Observatoire IESF.

 

Des ingénieurs toujours plus nombreux

Avec une croissance de 4% par an, la population des ingénieurs dépasse aujourd’hui le million. Si la proportion de femmes augmente régulièrement (4% tous les 10 ans), les ingénieures restent toutefois largement sous-représentées dans la profession (20.3%). 

Pour 83% des personnes interrogées, les ingénieurs devraient être des acteurs plus importants dans la vie de la cité

Une insertion professionnelle au top

La crise ne semble pas toucher le monde des ingénieurs. Salaire médian estimé à 56 000 €, 96% de cadres dont 94% en CDI, taux de chômage de 3.9% : les indicateurs sont au beau fixe ! L’entrepreneuriat a également le vent en poupe. L’enquête recense près de 60 000 entrepreneurs déclarés dont 20 000 auto entrepreneurs (30 % chez les moins de 30 ans).

Cap sur l’international

Si les ingénieurs sont toujours aussi nombreux à faire le choix de l’étranger cette 28e enquête met en lumière de nouvelles motivations. En effet, l’expérience internationale n’est plus seulement un passage souhaité dans une carrière mais un choix pouvant s’étendre à l’ensemble d’une carrière. Ainsi 35% des ingénieurs interrogés n’envisagent pas de rentrer en France.

Des secteurs qui bougent

Si l’industrie est encore sur la première marche du podium de l’orientation des ingénieurs français, elle est aujourd’hui fortement challengée par les sociétés de service, cabinets de conseil et autres activités tertiaires. Pour preuve, alors qu’en 2006 43% des ingénieurs faisaient le choix de l’industrie, ils ne sont plus que 37% cette année. « Un point préoccupant, car on sait qu’un pays a besoin d’une industrie forte pour avoir une économie prospère », indique la Présidente de l’Observatoire IESF.

Quid de la transformation digitale ?

Choc des générations ! Si 43% des ingénieurs estiment que la transformation numérique va engendrer de profonds changements dans la société, plus de la moitié des plus de 50 ans y voient une révolution. A contrario près de 2/3 des moins de 40 ans n’y voient qu’une évolution technologique qui s’inscrit dans la continuité. Mais quel que soit leur profil, ils sont moins de 50% à se sentir armés pour accompagner cette transformation.

Se former tout au long de la vie

Grande tendance mise en avant par cette 28e enquête : le fort développement de la formation professionnelle (+ 10 % en 7 ans) et en particulier des formations scientifiques et techniques. Une progression réelle mais qui reste inégale entre les structures (27% dans les TPE contre 51% dans les grandes entreprises par exemple).

Où sont les femmes ?

Si on constate un renouvellement générationnel favorable à une certaine féminisation de la population des ingénieurs, force est de constater que de grandes inégalités persistent. Au niveau salarial bien sûr (leur salaire médian s’élève à 47 100 € contre 59 600 € pour les hommes) mais aussi sectoriel, les jeunes générations de femmes s’orientant plus vers de nouveaux secteurs liés au monde du vivant, l’agriculture, les industries, l’eau, le gaz, l’électricité, BTP et sociétés de services. L’enquête révèle enfin des inégalités au niveau des responsabilités hiérarchiques et ce, dès la sortie de l’école. Un constat qui prouve qu’en plus du traditionnel plafond de verre, les femmes ingénieurs se confrontent également à un véritable « plancher collant ».