Après avoir fait d’une PME de 300 personnes le n°1 mondial du conseil en technologie, le Pdg d’I-Deal Development, Frédéric Bonan (ENSMA 86, ESSEC Business School 88), consacre son temps à aider ces mêmes PME à croître et créer de l’emploi. Une occasion unique pour les jeunes talents qui le rejoignent (en stage, pour commencer) d’apprendre trois fois plus vite. Ouverture…

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Pouvez-vous nous présenter I-Deal Development, cabinet spécialisé dans l’accompagnement à la croissance des PME et nous dire ce qui fait sa spécificité ?

Nous aidons les PME qui réalisent un CA de 1 à 100 M€ à créer de la valeur et franchir les différentes étapes d’une structuration qui n’est pas toujours évidente à aborder : faut-il embaucher, investir ?… Quand, combien, comment ?… sans négliger le risque financier ni les implications pour la vie du dirigeant dans les années à venir. Les entreprises ont leur propre cycle de vie et si les deux ne coïncident pas, il faut savoir envisager de se séparer, dans l’intérêt même de l’entreprise, pour sa pérennité. Notre spécificité tenant dans cette approche globale, non uniquement financière, où l’on envisage l’intérêt de tous les partis : entrepreneur, entreprise, personnel… Et nos interlocuteurs étant soit des managers qui souhaitent devenir entrepreneur, soit des PME parvenues à un seuil critique, soit des fonds d’investissement et banques à la recherche d’entreprise performantes.

« Ainsi que le rappelle le proverbe : “ plus le singe monte à l’arbre, plus on voit ses fesses…“ Il faut être prêt à cela aussi »

 

Pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous expliquer ce qui vous a poussé, CEO d’Altran, à créer votre propre entreprise en 2005 ?

Encore étudiant, je m’occupais du développement international au sein de la Confédération Nationale des Junior-Entreprises et j’ai alors enchainé sur l’équivalent d’un VIE avec mission de nous rapprocher d’autres JE, aux Etats-Unis et en Asie. Puis, je suis entré chez Altran, alors une PME où j’ai immédiatement distingué l’énorme potentiel du secteur et proposé de foncer. On m’a répondu : « Tu as carte blanche, tant que tu finances tes projets ». J’ai plutôt un esprit de physicien : j’observe ce qui marche et je le modélise, c’est ce que j’ai fait : j’ai repéré et valorisé chaque talent, responsabilisé et impliqué chaque collaborateur (en créant et confiant par exemple le budget « uniformes » à nos hôtesses qui ont dès lors, très intéressées, tout pris en main et géré, seules !). C’est ainsi que nous sommes devenus le n°1 mondial du conseil en technologie. Je suis passé DG en 1997 et on a racheté 250 entreprises, partout dans le monde ; 250 histoires différentes qu’il a fallu intégrer et développer. Seul moyen ? Respecter leur identité ; comprendre que la diversité ne doit pas faire peur mais permet au contraire d’arriver à un même objectif, plus vite. Grâce à cela, on avançait trois fois plus vite que les autres. Après Altran où je n’ai fait que construire, mais où une certaine pesanteur a fini par naître de notre taille, je voulais continuer d’aider au développement des entreprises, mais en me sentant léger, libre. I-Deal Development !…

Cela fait maintenant dix ans que votre entreprise existe. Quelle était votre stratégie et comment l’avez-vous fait évoluer au fil du temps ?

Je voulais me faire plaisir tout en étant utile. Ma stratégie de départ fut donc de n’avoir aucun objectif de croissance. Puis je suis tombé sur un stagiaire excellent et je ne pouvais faire autrement que de l’embaucher et l’aider à grandir ; ce qui est un peu devenu le credo du cabinet : j’offre un terreau de développement idéal à de jeunes talents très compétents, motivés et engagés. Et je leur dis : « Vous voulez avancer vite ? Alors, soyez prêts à deux choses : 1) recevoir plus de bonnes nouvelles que les autres et 2) encaisser plus de mauvaises nouvelles que les autres ». Car c’est notre capacité à franchir les obstacles sans qu’ils nous stoppent qui fait de nous de bons managers.

A quelle conception personnelle du management en êtes-vous arrivé aujourd’hui ?

La vraie force d’un manager vient de sa capacité à se remettre en question rapidement. Ensuite, il doit être capable de repérer et valoriser le talent où qu’il soit : de l’assistante d’accueil au directeur. La majorité des dirigeants (ou même, avant cela, de tous les « petits chefs ») ne recrutent jamais de gens plus brillants qu’eux par crainte d’être détrônés. Que ces personnes soient issues d’écoles d’ingénieurs ou de commerce, le travers est le même, alors que là réside précisément la clé du succès : savoir s’entourer. Enfin, il convient d’être empathique, fédérateur et… po-si-tif ! Ce que semble avoir compris la jeune génération, résiliente : tout est complexe, mouvant, éphémère ?… Et après ? Les choses sont comme ça ; adaptons-nous ! Des problèmes et des opportunités, il y en a dans tous les secteurs d’activités, toutes les entreprises. C’est l’équipe qui fait la différence ; la capacité de chacun à collaborer, s’adapter, se remettre en question en continu…

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Justement, face à la complexification et l’impermanence croissantes du business, il n’est plus question que d’« agilité ». Ce concept vous parlet- il et si oui, quelle part occupe-t-il dans le conseil que vous apportez aux autres ?

Au vu de ce que nous venons de dire, l’agilité est forcément essentielle. Mais elle ne se limite pas au seul champ économique ; elle concerne… tout ! Nos vies sont devenues imprévisibles, fluctuantes et chacun en a désormais plusieurs : les familles se recomposent, on est père à 50 ans, votre neveu a votre âge, aucune carrière n’est plus linéaire, etc. L’agilité est donc indispensable jusque dans sa propre vie. Cela dit, en entreprise, le plus délicat à gérer dans la mise en oeuvre de l’agilité reste l’ego. Etre agile, c’est-à-dire capable de changer rapidement pour rebondir sur le nouveau, implique qu’on ne l’a pas vu venir et donc que l’on a eu tort, qu’on est mauvais. C’est un cap difficile à franchir pour les managers : accepter d’avoir tort de temps en temps pour avoir raison plus souvent !

Quels métiers sont à l’oeuvre dans votre cabinet et quels atouts particuliers offre-t-il qui puissent donner envie aux jeunes talents de vous rejoindre ?

Nous sommes une petite équipe. Des gens possédant une base de compétences financières et s’intéressant à l’entreprise. Possédant une certaine audace également, le sens des responsabilités et la capacité primordiale à se remettre en question. Des personnes enfin capables de parier sur elles-mêmes ! Beaucoup de stagiaires découvrent ici le fonctionnement des entreprises. En l’espace de quelques mois, ils s’en font une vision quasi exhaustive, abordant toutes les situations exemplaires, les divers travers rencontrés et la manière dont on les dépasse. Ils rencontrent les patrons, parlent avec eux, participent à la réflexion, apprennent énormément. Normal : ils sont les dirigeants de demain et nous devons leur donner les meilleurs outils pour bâtir notre avenir commun.

 

« Notre mission ? Créer emploi et richesse ! »

Créée en 2005, I-Deal Development a aidé plus de 200 PME à grandir en créant de l’emploi et de la richesse. Le cabinet réalise une vingtaine d’opérations par an : acquisition, fusion, etc. et intervient dans le conseil d’administration de 5 ou 6 built-up.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés qui s’apprêtent à aborder le monde de l’entreprise… ou sa création. Plus de 2 % des jeunes diplômés l’envisageant aujourd’hui ?

D’abord, soyez honnête envers vous-même : apprenez à connaître vos limites et à ne pas les dépasser, au risque de plonger et d’entraîner les autres avec vous. Cela dit, donnez toujours une vraie chance de réussir à vos idées, poussez-les, réalisez-les, soyez intrapreneur. Créer une entreprise n’est pas un but en soi, un objectif ; il faut être prêt à cela, acquérir un certain nombre de compétences. J’ai longtemps attendu avant de me lancer ; j’ai appris, appris et… j’apprends encore. Il y a deux jours, j’étais en formation !

 

JB

Contact : contact@i-dealdevelopment.com et fredericbonan.over-blog.com