« Les nouveaux territoires économiques et numériques : réinventons les horizons ! ». C’est sous cette thématique particulièrement fédératrice qu’ESCE Alumni a placé sa conférence annuelle, Horizons ESCE (en partenariat avec le Journal des Grandes Ecoles et Universités). Une soirée au plateau exceptionnel et aux débats menés d’une main de maître par le journaliste Frédéric Ferrer, qui s’est tenue le 20 octobre dernier au campus Eiffel – Par Clarisse Watine

 

De l’intérêt de l’international

Pour introduire une table ronde particulièrement riche en enseignement, Frédéric Sanchez, Président de Medef International et Président du Directoire de Fives Group est revenu sur son parcours pavé d’international. « La première chance de ma vie est d’être parti à l’étranger grâce à l’ancêtre du VIE. Cette expérience mexicaine m’a aidé tout au long de ma vie car j’ai constaté de mes yeux l’importance et le potentiel d’aller au-delà de nos frontières. »

 

 

Une révolution qui vient des usages

Un parcours international qu’il fait aujourd’hui rimer avec digital, une révolution inédite en ce qu’elle vient du consommateur. « Elle implique des changements managériaux bien sûr, mais engendre aussi des changements technologiques. Five Group est par exemple la 1e et la seule entreprise au monde à mettre au service d’un grand équipementier automobile une pièce entièrement conçue en impression 3D à l’échelle industrielle. » Jérôme Wallut, associé chez ICP Consulting et expert de la transformation digitale, ajoute « le digital est un contexte, la révolution vient des usages. Il faut donc aller au-delà de l’innovation car, en matière de digital, la responsabilité des gouvernances d’entreprise est grande : si les patrons ne la mettent pas en marche, ils n’accompagnent pas la transformation de leur entreprise. ».

 

Un renouveau du marketing

Mats Carduner, CEO de 55, grand spécialiste du web et de la data, affirme également que le digital implique un renouveau total du marketing. « Il devient une affaire de technologies et de data. Les entreprises sont assises sur des mines d’or générées par tous leurs points de contact. Si elles font l’effort nécessaire pour comprendre ces interactions nouvelles, leur marketing sera de fait plus efficace et différenciant. »

Un plateau d'invités exceptionnels pour une table ronde riche en enseignement

Un plateau exceptionnel pour une table ronde riche en enseignement

Les 4 étapes de la digitalisation

Mais pour les entreprises, réussir ce vital virage digital implique d’en comprendre les rouages. Jérôme Wallut distingue d’ailleurs 4 grandes étapes. La transformation d’abord, commencée bien avant l’arrivée du net en 1995, via l’informatisation des entreprises. La conversation ensuite. « Le public a découvert de nouveaux potentiels avec MSN puis les blogs et les réseaux sociaux. Point fondamental : si les entreprises s’étaient emparées de l’informatisation, c’est le public qui s’est le plus approprié la conversation. » Et contrairement aux apparences, pour lui, la 3e étape n’est pas celle du smartphone mais bien celle de l’App Store. Vient enfin l’émergence du phénomène aujourd’hui sur toutes les lèvres : l’ubérisation. Il distingue d’ailleurs plusieurs façons pour une entreprise de se « faire ubériser » : « sur son core business (BlaBlaCar), par l’intermédiation (Booking) ou over the top, c’est-à-dire à la périphérie de son métier (Trip Advisor). »

 

Comment réussir le virage digital ?

Mais alors comment faire face ? Pour Mats Carduner, cela passe d’abord par « la multiplication des compétences, la mise en œuvre d’une économie de la matière grise et de l’échange de connaissances ». Quitte à « s’auto-cannibaliser » via des incubateurs par exemple. « Un bon moyen de s’auto-concurrencer de l’intérieur pour éviter que les vrais concurrents s’approprient les disruptions. » Pour Jérôme Wallut, l’agilité est le maitre-mot, dès lors bien sûr qu’elle s’inscrit dans une dynamique. « Aujourd’hui, la transformation reste encore vécue comme une somme d’individualités. Mais pour qu’elle puisse être mise en œuvre, il faut que la tête bouge. Ainsi faut-il d’abord s’acculturer ensemble (utiliser les mêmes mots et les mêmes concepts) puis converger pour ensuite pouvoir se mettre à l’agilité. Tant que la partition n’est pas écrite ça ne sert à rien de prendre un CDO pour tout changer ! ». Preuve en est, la conclusion de Kevin Deniau, Responsable des relations publiques chez BlaBlaCar et spécialiste de l’économie collaborative « Chez nous plus de la moitié des métiers sont des métiers totalement nouveaux auxquels aucune école ne forme ! »

 

Une première réussie !

«  Je suis ravi d’accueillir les alumni lors de cette soirée. Une belle occasion pour la plupart d’entre eux de découvrir les locaux où nous officions depuis 2012 et un signal fort de la revitalisation de l’association des diplômés de l’ESCE. » Jérôme Caby, Directeur de l’ESCE

« C’est un premier évènement fédérateur de ce que j’espère être une longue série. C’est un projet dans les bacs depuis plusieurs années, qui voit le jour aujourd’hui et qui met de beaux parcours à l’honneur. Une belle illustration d’un objectif qui nous tient à cœur à ESCE Alumni : faire mieux connaitre nos 10 000 talents qui évoluent dans 75 pays. » Christophe Arnoux, Président d’ESCE Alumni

And the winners are…

Last but not least, cette conférence s’est achevée par la remise des premiers ESCE Alumni Awards dont les heureux lauréats sont :

Parcours ESCE : Charlotte THOUVARD VP Global Communications & Partnerships Luxury & Upscale Brands – ACCOR Hotels

Entrepreneur ESCE de l’année : Samuel Bucciacchio, Président Fondateur de GoodWill, leader européen de la location de jet privé

Personnalité ESCE de l’année : Anji ISMAIL, Co-fondateur de Doz.com, spécialiste du digital marketing