« Apprendre à oser », la devise d’HEC, qu’incarne parfaitement l’aviateur Roland Garros diplômé en 1908, aux yeux de Bernard Ramanantsoa, directeur général du Groupe, résume toute l’histoire de la plus mondiale de nos grandes écoles.

Une vocation initiée au croisement de deux idées
Créée en 1881 par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, HEC fête cette année ses 130 ans.

Quelles réflexions ont présidé à la fondation d’HEC ?
A l’origine, la CCIP a souhaité créer pour la gestion, un pendant aux écoles d’ingénieurs. L’idée était de démentir la formule consacrée, « l’ingénieur sait créer de beaux produits, mais pas les vendre ». En outre, l’école de gestion devait former les successeurs des propriétaires d’entreprises de l’époque.

Les années 60 sèment les fondations d’un « nouvel HEC »
L’arrivée à Jouy-en-Josas en 1964 signe l’entrée dans une nouvelle ère. « L’ambition de créer une business school « à l’américaine » a fait débat et constituait une petite forme de révolution. L’inspiration pédagogique était pionnière avec la formation d’un corps professoral permanent en 1967. Le directeur Guy Lhérault a eu la vision de ce modèle en créant l’ISA en 1969 (devenu le MBA d’HEC). » En 2010, 55 % des 110 professeurs permanents sont d’origine étrangère. HEC est la première, au début des années 30, à introduire la méthode des cas au sein du CPA, rattaché au Groupe en 1999, et crée un centre de formation continue en 1967.

Des valeurs pédagogiques fondatrices
Dimension internationale : profondément ancrée, elle structure HEC qui fut la pionnière française de cette ouverture.

Dimension académique :
« elle se manifeste en 1886 avec la création d’une école préparatoire et d’un concours au niveau Bac. L’école donne dès lors une large place aux disciplines académiques. » Elle sera entérinée avec la création du corps professoral permanent, puis d’une école doctorale en 1975. HEC est aujourd’hui classée 3e business school européenne en recherche.

Dimension entrepreneuriale :
En 1881, des entrepreneurs forment leurs successeurs. 130 ans après, HEC accompagne les porteurs de projets au sein de son incubateur.

Inauguration d'HEC rue de Tocqueville lors de la sa création en 1881

Inauguration d'HEC rue de Tocqueville lors de la sa création en 1881

Sélectif en France comme à l’international
HEC est positionné numéro un en Europe par le Financial Times. Cette reconnaissance est l’aboutissement d’une ouverture internationale amorcée dès les premières années. « HEC a toujours nourri une appétence pour le « lointain ». Le cours d’affaires coloniales devient 50 ans après 1881 le cours d’affaires internationales. Avec la mondialisation, une telle majeure n’a plus aucun sens, et l’international devient transversal. »

Des partenariats structurants
Le MBA d’HEC sera à sa création le fer de lance de son internationalisation avec 85 % d’étudiants non Français. Le Trium Executive MBA incarnera lors de son lancement en 2000, la stratégie de partenariats avec des établissements de premier plan : LSE et New York University. « Le progrès consiste à passer d’accords d’échanges aux doubles diplômes, ou des programmes communs. C’est ce que nous avons fait en 1988 en créant le CEMS avec Bocconi, l’ESADE et l’Universität zu Köln. Nous avons des doubles diplômes avec l’ESADE, RSM de l’Université Erasmus, Saint Gallen et Bocconi ; avec Tsinghua à Pékin, NUS à Singapour, le MIT ; plus récemment avec la Freie Universistät à Berlin et l’Université technologique à Munich. » En France, HEC a des doubles diplômes avec Sciences Po et avec d’autres membres de ParisTech : les Mines, l’ENSAE et l’Agro (à venir).

Des actions en faveur de la diversité sociale
« HEC accueille beaucoup d’enfants d’enseignants. C’est un signe de qualité à mes yeux. Car, par leur culture familiale, ils ne choisissent pas une école « artificielle », mais bien une forte dimension académique ». Plus globalement, HEC a mis en place des mesures afin de favoriser son ouverture sociale. La plus emblématique est la gratuité pour les boursiers d’État. « En 2009, elle représente un budget équivalant à la rémunération de 10 professeurs sur un an. » HEC est tête de Cordées de la Réussite auprès de quatre lycées tandis que la Fondation HEC finance des classes de propédeutique du lycée Henri IV et vient de créer le programme « Un parrain pour réussir HEC » pour de jeunes potentiels issus de milieux défavorisés. « Nous agissons et agirons en faveur de l’égalité des chances, sans cesser de dire que, comme le montrent les études, le problème se pose depuis l’école primaire. Il faut donc agir en amont et cesser de stigmatiser nos écoles qui ne peuvent agir qu’à leur échelle. »

A. D-F