CRÉER UNE ENTREPRISE : MÊME PAS PEUR ! CHARLOTTE DE VILMORIN, FONDATRICE DE WEELHIZ ET CYRIELLE CHABANNE, LAURÉATE DU CONCOURS COSMÉTIQUE ACTIVE DE L’ORÉAL METTENT UN COUP DE MASSUE AUX CLICHÉS ET AUTRES PRÉJUGÉS QUI INSINUENT ENCORE SOUVENT DES DOUTES QUANT À LA PERFORMANCE DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP. PORTRAIT DE DEUX ENTREPRENEUSES DE CHOC.

Je suis une patronne comme les autres !

Un faire-part de mariage. Voilà ce qui a poussé Charlotte de Vilmorin, alors jeune collaboratrice en agence de pub, à créer son entreprise. « Pour faire le voyage en train à l’autre bout de la France : aucun problème. En revanche, pour faire le trajet de la gare au lieu de la cérémonie en voiture, c’était une autre histoire. Alors que je cherchais à louer un véhicule adapté, je me suis rendue compte que le parc le plus large n’était pas chez les professionnels mais chez les particuliers. J’ai alors eu envie de mutualiser ce parc pour permettre à tous ceux qui en ont besoin de trouver des voitures adaptées partout et surtout moins cher. Un défi qui faisait sens et que je me suis sentie prête à relever. » Un succès immédiat : la campagne de crowdfunding mise en place en janvier 2015 avec pour objectif de récolter 15 000 € en 40 jours avait déjà réuni 20 000 € une semaine après son lancement. Aujourd’hui, Weelhiz rassemble 2 000 inscrits et propose 200 véhicules adaptés dans toute la France à des tarifs trois fois inférieurs à ceux pratiqués en agence. « Nous sommes les premiers au monde à avoir développé ce système et envisageons de créer une communauté à l’international » ajoute cette jeune entrepreneuse évoluant depuis toujours entre un monde 100% valide et la réalité de son handicap au quotidien qu’elle raconte avec un humour décapant dans son blog Itinéraires d’une jeune parisienne en fauteuil.

Mon message aux jeunes en situation de handicap

« Beaucoup de gens en fauteuil se disent ou s’entendent dire qu’étudier, travailler, créer une entreprise ce n’est pas possible pour eux. Bien sûr, c’est compliqué, c’est un combat quotidien et on rencontre des gens indélicats mais ça vaut vraiment le coup de refuser de dire qu’on ne peut pas le faire parce qu’on est en fauteuil. Il ne faut pas s’interdire quoi que ce soit et ne pas hésiter à toujours aller au-delà. »

Le handicap n’est pas un moins, c’est un plus qui nous permet de faire la différence

GEUM 71

Passionnée d’art, Cyrielle Chabanne (au centre sur la photo) se destinait à l’artisanat Lorsque la conseillère d’orientation de son lycée lui a parlé du concours Ascension Sociale et Handicap qui lui permettait de rejoindre Grenoble EM après deux ans de prépa, de BTS ou d’IUT. « J’ai été attirée par ce dispositif car GEM propose un double-diplôme avec une école de design : le Graal pour moi ! Je m’y suis lancée sans trop y croire et j’ai été admise : dans le dispositif d’abord, à GEM ensuite et dans le double-diplôme de mes rêves enfin. Du fait de ma dyslexie, ça m’a demandé beaucoup d’efforts mais j’avais tellement envie d’aller plus loin que j’y suis arrivée.  Un parcours difficile qui l’a poussée à travailler sur son handicap et même à faire de la détection de la dyslexie en école primaire le sujet d’un mémoire de fin d’année. « Si je n’ai jamais hésité à parler de mon handicap, aujourd’hui je le revendique : j’ai appris à vendre la dyslexie ! » affirme-t-elle avec humour. Et elle ne s’est pas arrêtée là. Avec deux camarades designeuses, Cyrielle a remporté en 2015 les Prix du Jury et du Public du Concours Cosmétique Active de L’Oréal avec un projet d’aménagement et de design de la pharmacie du futur. « Aujourd’hui, je me vois comme une designeuse entrepreneuse. Ma double-formation me permet de manager des équipes design et de suivre des projets de packaging retail ou d’aménagement d’espace de vente dans leur globalité », conclu cette chef d’entreprise en herbe.

Mon message aux jeunes en situation de handicap

« Commencer à travailler très vite, c’est perdre des chances d’aller plus loin. »

CW