Les Grandes Écoles, qu’elles soient d’ingénieurs ou de Management, sont le dernier maillon de la chaîne éducative. Si elles souhaitent accueillir en plus grand nombre des étudiants en situation de handicap – ce qui est une véritable nécessité, le travail d’accompagnement doit se faire en amont. Seules, elles ne peuvent accomplir cette mission si sensible.

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Pourtant, depuis quelques années, certaines écoles multiplient les initiatives pour avancer sur la question du handicap. Il faut reconnaitre que l’élément déclencheur fut la Loi du 11 février 2005, qui instaura un principe d’égalité des droits et des chances des personnes handicapées avec les autres citoyens.
Cette Loi définit le handicap dans son article 2, stipulant que « constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou trouble de santé invalidant. »

 

Dans le bon sens depuis la Loi de février 2005
Quelques chiffres montrent que les choses évoluent favorablement depuis la promulgation de cette loi. Ainsi à la rentrée 2013 on comptait 136 000 élèves en situation de handicap dans l’enseignement primaire (contre 105 000 juste avant la Loi), 89 000 dans l’enseignement secondaire (contre 47 000 avant la Loi) et 13 500 dans l’enseignement supérieur (contre 8 400 avant la Loi). La situation s’améliore donc nettement mais il y a encore beaucoup à faire, surtout pour sensibiliser les parents de jeunes en situation de handicap et les convaincre que la poursuite d’études est possible. En effet, la tendance est à l’autocensure des jeunes et des parents : le chemin est long et semé d’embûches pour les jeunes en situation de handicap qui veulent poursuivre des études. Signe des progrès enregistrés, le dispositif de la Loi de 2005 prévoit dans les établissements du primaire et du secondaire la mise en place par l’inspection académique de l’auxiliaire de vie scolaire pour les élèves en situation de handicap. Son rôle est d’aider dans les gestes de la vie quotidienne, dans les apprentissages scolaires et dans les relations sociales. La Loi de 2005 a également renforcé les obligations des entreprises par rapport à l’emploi des personnes en situation de handicap. C’est là que les entreprises se sont tournées vers les grandes écoles pour mettre en place des partenariats afin de pouvoir avoir accès à des jeunes en situation de handicap diplômés.

 

Initiatives salutaires de certaines Écoles
C’est surtout depuis 2009 que les choses bougent franchement au sein de certaines business schools françaises. Cette année-là est créée Passerelle Handicap, un dispositif d’accompagnement des jeunes en situation de handicap pour intégrer les Écoles du Groupe Passerelle ESC. Dans le même temps est mis en place un groupe de travail sur le handicap au sein de la Conférence des Grandes Écoles. C’est aussi en septembre 2009 qu’est créée la Mission Handicap du Groupe ESC Dijon-Bourgogne, dont j’ai la chance d’être Responsable. Ses objectifs sont d’être le relais au sein de l’École des élèves en situation de handicap, afin de les accompagner dans leur parcours académique et personnel ; de sensibiliser les étudiants aux problématiques liées au handicap, en accord avec la volonté du Groupe ESC Dijon-Bourgogne former des entrepreneurs responsables et animés d’un esprit éthique ; et de faire en sorte que de plus en plus d’élèves en situation de handicap décident de poursuivre leurs études dans l’enseignement supérieur. Dans ce cadre nous développons de nombreuses actions. Par exemple, la problématique handicap est aujourd’hui intégrée dans des modules enseignés au sein de nos programmes, des ateliers de sensibilisation aux handicaps sont mis en place, notamment au moment de la Semaine Nationale du Handicap ou lors d’opérations avec des partenaires, ou encore divers événements et conférences sont organisés au cours de l’année. L’association étudiante K’ESC t›Handi propose elle sur une semaine une sensibilisation pour encourager chacun et chacune à porter un nouveau regard sur le handicap et marquer les esprits à plus long terme. D’autres écoles se mobilisent, comme Grenoble École de Management et son certificat « Management & Handicap », l’ESC La Rochelle qui développe un programme spécifique ou encore l’ESSEC qui organise chaque année l’Open Forum ESSEC-Hanploi pour l’emploi et la formation des personnes handicapées. Il reste beaucoup à faire sur la question du handicap dans les business schools et plus généralement dans l’enseignement supérieur, mais puissent ces exemples se généraliser pour accélérer les changements de mentalités.

 

Par Alexandrine Bornier, Responsable du département DAP (Développement et Accompagnement Personnels) et de la Mission Handicap du Groupe ESC Dijon-Bourgogne – alexandrine.bornier@escdijon.eu