C’est parti de trois fois rien : un représentant du peuple qui brandissait à la télévision la « menace croissante du terrorisme » et le « fléau grandissant de la drogue » pour… mieux emplir son urne électorale. Alors que la réalité c’est… le contraire ! Envie soudaine de remettre deux ou trois choses en place…

Si ces chiffres sont uniquement ceux de l’année 2012, il n’est pas inutile d’ajouter qu’ils valent pour l’Europe entière et ne sont que la dernière marche d’une désescalade de l’usage des stupéfiants qui remonte, elle, à… 2007 ! Concernant les dangereux extrémistes qui menaceraient nos vies au quotidien, qu’il suffise de dire qu’en 2012, 25 des 27 pays européens ont déclaré n’avoir eu à faire face qu’à un nombre « extrêmement faible » d’attentats voire… de simples ‘‘menaces’’ (Interpol). Alors quoi ?! Alors, aussi loin que remonte l’organisation sociale de l’homo erectus, la peur a toujours été l’outil de prédilection des manipulateurs de conscience. La peur qui possède aujourd’hui sa grand-messe : ce JT quotidien où le verre que l’on nous présente est, systématiquement, à moitié vide. Mais aujourd’hui : basta !

 

Même pas vrai !
Désolé, mais le coup de la drogue et des terroristes, poussait derrière. Par exemple, ces jours-ci, en boucle : « C’est la faute à la crise ! » Un peu de sérieux : cela fait vingt ans que l’économie de l’ère industrielle est en crise et cela porte un nom : une mutation. Avec tout ce que cela comporte de bouleversements. Nous sommes – heureusement – en train de changer de monde et mille initiatives enthousiasmantes naissent de cette prise de conscience salutaire dont nous tachons de témoigner régulièrement dans nos colonnes. Autre épouvantail ressorti des placards récemment : le virtuel serait ‘‘le diable’’ et Internet ? Son fils ! Tous deux faisant de nous des légumes et déchirant à belles dents le peu de lien social qui nous reste. Faux, là encore ; la majorité des études sérieuses effectuées sur le sujet montrent, au contraire, qu’une grande partie des liens que nous tissons sur la toile, prend ensuite forme dans le monde réel. Enfin nous serions, nous autres Français, des « feignants improductifs et profiteurs », mieux payés que les autres avec ça. Archifaux ! La productivité des travailleurs français se situe tout en haut du tableau européen, nettement devant les Allemands ou les Américains. Idem des salaires : Allemands et Américains sont mieux payés que nous.

 

Soyez malheureux, je le veux !
Au final, vous l’aurez compris, nous serions des « insatisfaits perpétuels » classés premiers au hit-parade de la consommation de tranquillisants. S’il est vrai que nous avons un fort recours aux substances destressantes en tous genres, régulièrement interrogés en revanche sur notre capacité à « être heureux », nous sommes aujourd’hui – en pleine « crise » ! – 86 % à affirmer éprouver globalement ce sentiment-là : heu-reux ! Dont acte. Et puisqu’on a commencé par la déclaration d’un homme politique, finissons de même. Un « vu à la télé » cette fois encore : le même élu qui se réjouissait mardi de la baisse effective de la circulation dans les rues de Paris, affichait mercredi une face de carême pour regretter qu’on vende… moins de voitures ! Le beurre et l’argent du beurre, sans aucun scrupule. Mais qui est la crémière ?…

 

JB