Fleuron français du secteur des services, le groupe Rousselet rassemble 10 sociétés structurées en trois pôles : mobilité, stockage, services support. Le développement de ce groupe multimarques décentralisé reposant sur l’esprit entrepreneurial et le partage du management. Rencontre avec son président, Nicolas Rousselet (HEC Paris 90). – Par Jérôme Bourgine

 

 

Pouvez-vous nous présenter le Groupe Rousselet, nous parler des marqueurs les plus puissants de son ADN et nous dire dans quelle logique de développement vous vous inscrivez aujourd’hui ?

La mobilité représente 75 % de nos activités, le stockage 15 % et les services 10 %, nos grandes marques étant G7, Ada et Homebox. Nous réalisons un CA de 523 M€ et employons 1 000 équipiers, mais surtout, nous donnons du travail à 15 000 entrepreneurs indépendants. Notre métier, c’est faire réussir les entrepreneurs individuels : artisans, affiliés, franchisés, locataires gérants… Leaders sur les secteurs où nous intervenons, nous sommes organisés en réseaux, pratiquant un vrai partage du management et mariant la puissance d’un grand groupe avec l’agilité des entreprises individuelles. Un modèle que nous déployons aujourd’hui à l’international : Homebox en Suisse, Allemagne et, cet été, Espagne. Ou encore eCab qui fédère les meilleures plates-formes de taxis de la planète au Canada, en Belgique, Irlande…

© G7

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Quel a été votre parcours jusqu’ici, depuis les « classes » effectuées sous le mentorat de Jean-Jacques Augier en passant par l’aventure Ada et votre accession au poste de Directeur Général en 1996 ?

En 1989, parallèlement à ma troisième année à HEC Entrepreneur, j’ai pris la responsabilité d’une petite filiale du groupe que j’ai rejoint en 1991 après mon service militaire en tant que chargé de mission. Je m’y suis occupé, transversalement, des éléments exceptionnels. C’est ainsi, entre autres, que j’ai fait l’acquisition d’Ada en 1992, l’ai portée jusqu’en bourse en 1994 et enfin l’ai restructurée en 2000-2002. Lorsque Jean-Jacques Augier a décidé de voler de ses propres ailes, en 1996, j’ai pris la direction générale du Groupe et continué de le diversifier : rachat de Novarchive, création de Homebox après avoir mené une enquête personnelle sur le secteur aux Etats-Unis. J’ai la chance de manager un groupe familial, donc indépendant et en mesure de déployer sa stratégie sur le long terme. Actuellement, internationalisation et renforcement de la pertinence de notre offre multicanal via le développement des volets digitaux. Pour lesquels nous avons précisément besoin de jeunes talents !

Il est temps de passer de l’économie de partage à l’économie du partage

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Parrain de la promotion 2010 du master HEC Entrepreneur, vous êtes resté très attaché à cette école. Qu’avez-vous particulièrement apprécié dans l’enseignement que vous y avez reçu qui vous soit encore précieux ?

Membre bienfaiteur de l’école, j’y étais encore il y a quelques jours pour donner une conférence sur l’économie de partage à l’occasion de la sortie de mon dernier livre*. Outre d’excellents professeurs (car la forte attractivité d’une école n’attire pas que les bons élèves !), HEC, dès son processus d’entrée, vous initie à une gymnastique cérébrale intense qui s’avère ensuite précieuse au quotidien, notamment lorsqu’il vous faut gérer 10 filiales toutes différentes vous proposant en continu les problématiques les plus variées ! Sans négliger d’excellents souvenirs et trois de mes meilleurs amis, issus eux aussi de la promo 90…

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés qui vont s’élancer dans la vie professionnelle sur l’art et la manière de se bâtir un parcours riche et épanouissant ?
Multipliez les expériences jusqu’à trouver ce qui vous donne le plus de plaisir (moi, c’était le redressement d’entreprise) et dans lequel vous excellerez plus facilement. Ne vous embarrassez surtout pas de plans de carrière et autres schémas mentaux préétablis, non plus que des modes du moment. Ne figez pas le destin !…

 

* « Humaniser l’économie de partage » aux éditions Débats Publics

 

Contact :  nrousselet@rousselet.eu