NON à la fast fashion et OUI à la mode éthique ! Pour lutter contre les diktats d’une industrie textile énergivore et socialement loin d’être responsable, Mathilde Manya (la blonde) et Léa Dhélin (la brune ), étudiantes en master Marketing et en master Finance à l’IESEG profitent de leur année de césure pour partir en Asie à la découverte d’acteurs de la mode durable. Portrait.

 

A l’aventure !

Copines et complémentaires, Mathilde et Léa, c’est le binôme parfait. Toutes deux passionnées d’environnement, c’est au retour de leurs stages en Suède et au Mexique qu’elles ont eu envie de mettre leur engagement au service de leur projet de césure. Fan de surf et de plongée, les deux amies se sont d’abord intéressées à la pollution maritime mais « très vite, nous nous sommes rendues compte qu’elle était en grande partie induite par la pollution terrestre et particulièrement par le textile, 2e industrie la plus polluante au monde après le pétrole. » Leur aventure dans la mode durable débutait.

 

La mode durable : quèsaco ?

Elles se sont alors plongées à corps perdu dans la découverte d’une mode alternative, qui respecte à la fois la planète et les hommes. « Aujourd’hui, la mode est une industrie qui va très vite (certaines grandes enseignes ont jusqu’à 50 collections par an). Nous défendons une mode qui va à l’encontre de ces principes, qui utilise des matières biologiques, recyclées ou peu usitées (comme les fibres de lin, de chanvre, de bananier ou même le cuir à base de feuilles d’ananas) et qui offre des conditions sociales décentes aux travailleurs. » Des alternatives à la surexploitation du coton, extrêmement gourmand en eau et en pesticides, et au gaspillage de matières premières, monnaie courante dans le secteur.

 

Vers l’usine du monde

 Pour faire bouger les choses, Mathilde et Léa ont fait le choix de partir en Asie (Inde, Thaïlande, Cambodge, Malaisie, Philippines et Chine) dès janvier prochain. « Usine du monde pour les géants du textile c’est aussi une zone extrêmement polluées et en proie à des problématiques sociales d’envergure. » Durant 6 mois, elles vont ainsi aller à la rencontre d’entrepreneurs et d’usines responsables pour découvrir et s’inspirer des best practices de leur production moins gourmande en eau, en énergie et en matières premières. Objectif : encourager les fabricants européens à reproduire ces modes de production innovants à grande échelle.

 

Les consciences commencent à s’éveiller

Mais les industriels et les consommateurs sont-ils prêts à accepter cette révolution ? « Il y a un gros travail à faire car la fast fashion répond à une logique de renouveau perpétuel et de marges très faibles. » Les choses ne pourront changer que si les consommateurs se muent en consommacteurs. « Quand vous achetez un T-shirt à 5€, demandez-vous toujours ce qu’il se cache derrière » prévient Léa. Et pour éveiller les consciences, rien de mieux que l’information. « Les gens n’imaginent pas les réalités de la mode. Un projet comme le nôtre est là pour les éclairer et prouver que des alternatives sont possibles », ajoute Mathilde.

 

La césure, ça assure ! « Au niveau professionnel, c’est une aventure hyper formatrice. Communication, démarchage, recherche de financement, réalisation de reportages : on vit un projet d’entreprise qu’on a monté de A à Z. Au niveau personnel, la préparation de ce voyage nous a clairement permis de gagner en maturité » indique Mathilde. « A notre échelle, nous allons peut-être contribuer à changer les mentalités des industriels de la mode et des consommateurs : c’est un challenge que nous sommes fières d’avoir à relever », conclut Mathilde.

 

« La mode demain sera sociale et responsable ou ne sera pas ! »