Le talent est surestimé ! Les grands dirigeants, comme les grands maîtres des échecs, pratiquent la metacognition, l’art d’améliorer ses processus mentaux. Suivez Olivier Fourcadet sur Twitter

 

Une rencontre inspirante

Que dit Bill Gates de sa première rencontre avec son ami W. Buffet ? Alors, qu’il s’attendait à s’ennuyer avec un financier qui suit les courbes des cours de la bourse pour capturer le moindre mouvement prometteur, il a découvert une personne qui l’a inlassablement questionné sur les entreprises du secteur de l’informatique, les compétences et les stratégies pour réussir, etc. Pour Bill Gates cette conversation fût enrichissante, les questions et ses réponses lui dévoilant des dimensions insoupçonnées de sa propre industrie et les moyens de peaufiner la stratégie de Microsoft. La description de cette rencontre entre deux personnes considérées comme des génies des affaires, nous dévoile quelques aspects des pratiques intellectuelles des meilleurs dirigeants. W. Buffet, comme A. Einstein dans les sciences, pratique à son plus haut niveau l’art de poser les bonnes questions et ainsi de mieux cerner les problèmes, les challenges pour ensuite prendre de bonnes décisions.

 

Question de talent ?

Les experts en sciences cognitives nous disent que s’il y a talent, il réside dans deux aspects. Le premier consiste à observer sa propre mécanique mentale pour l’aiguiser et la rendre toujours plus performante. Quant au second, il s’agit de persévérer, toujours et inlassablement dans cette pratique. Le premier investissement de W. Buffet est probablement celui réalisé dans son propre processus mental. Chacun de ses investissements financiers les moins performants est une source d’apprentissage. Là où la plupart des managers cherchent à éviter de produire la même erreur deux fois, les meilleurs d’entre eux s’interrogent sur les raisons pour lesquelles leur cheminement intellectuel a produit cette erreur. C’est leur logiciel qu’il cherche à améliorer. Ils pratiquent la métacognition.

 

Ne pas résoudre un problème tant qu’il n’est pas bien posé !

Imaginez le degré de contrôle que l’on doit imposer à son propre cerveau pour s’interdire de se lancer dans la résolution d’un problème ou une prise de décision, tant que l’on estime que le problème n’est pas bien posé. Imaginez les capacités intellectuelles qu’il est nécessaire de développer pour combiner des milliers d’informations et dévoiler à sa pensée les mécanismes qui assurent la dynamique d’un secteur industriel ou les choix des consommateurs. Sont-elles à la portée de tous ? Là encore les scientifiques le pensent ! De nombreuses expériences et observations viennent corroborer leurs dires.

 

Lancez-vous !

Comment y parvenir ? Cherchez un maitre à penser ! Moi, vétérinaire de formation, j’avais découvert que mon cerveau était formaté pour identifier des symptômes – les dysfonctionnements des entreprises – et diagnostiquer les maladies – trouver les causes de ces dysfonctionnements, pour mieux les traiter. Francis, meilleur vendeur d’une grande entreprise automobile pendant plusieurs années, n’avait pas de pareil pour renifler les opportunités et les saisir. J’étais dans l’incapacité de les découvrir et lui, formaté aussi, mais autrement, était aveugle aux dysfonctionnements. Nous étions faits pour apprendre l’un de l’autre de nos expériences ! Notre apprentissage réciproque fut délicat et laborieux, car il ne s’agissait plus de dire ce que l’on voyait, mais comment on parvenait à le voir. De nos sessions nous avons développé deux choses : la capacité à expliciter nos propres processus – et par la suite à les améliorer – et celle d’emprunter de nouveaux processus mentaux, ceux de l’autre. Investissez dans vos propres processus mentaux. C’est un excellent investissement !

 

 

 

Sciences cognitives et entreprises font elles bon ménage ?

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