Spécial Handicap

 

Ancien directeur de l’ESME Sudria, et responsable du groupe de travail Handicap de la Commission Diversité de la Conférence des Grandes Ecoles, Hervé Laborne nous livre les grandes orientations stratégiques pour 2012.

 

Hervé Laborne, responsable du groupe de travail Handicap de la Commission Diversité de la Conférence des Grandes Ecoles

Hervé Laborne, responsable du groupe de travail Handicap de la Commission Diversité de la Conférence des Grandes Ecoles

Actuellement, combien d’étudiants handicapés étudient dans les établissements de la Conférence des Grandes Ecoles ?
Le recensement est extrêmement difficile à faire mais on peut donner un ordre de grandeur. En moyenne, il y a entre 800 et 1 000 élèves en situation de handicap dans les 160 grandes écoles. Mais dans ce domaine il faut faire extrêmement attention aux chiffres, il faut donner des à peu près. En tout cas, il y a une augmentation du nombre d’étudiants handicapés. La rédaction de la charte grandes écoles/handicap, l’augmentation du nombre de référents (…) ont fait bouger les lignes.

 

Quels sont les projets du groupe de travail handicap pour 2012 ?
Les projets de l’année 2012 sont la continuité de l’année 2011 :
1. Recenser la liste des référents handicap. Actuellement, il y a environ 120 référents handicap dans les écoles. Je suis en train de préparer un document pour faire le point, parce que dans notre liste, il y a sûrement des gens qui ne sont plus référents et, à l’inverse, des écoles pour lesquelles on pensait qu’il n’y avait pas de référent mais qui désormais en ont un.
2. Faire savoir aux référents handicap qu’on travaille, qu’on progresse et les aider dans leurs actions.
3. Leur rappeler que pour fin décembre 2011 ils étaient censés avoir fait faire à leur école un diagnostic d’accessibilité, sachant que l’accessibilité se décline de trois façons différentes :
• l’accessibilité du bâtiment (souvent pour les personnes à mobilité réduite)
• l’accessibilité à l’information (par exemple, via le site internet de l’école)
• l’accessibilité à la formation
4. Leur rappeler que pour fin 2015 il faut qu’ils aient fini de mettre en pratique l’accessibilité (ce qui, par exemple, pose problème quand les écoles sont situées dans des bâtiments historiques).
5. Assurer le partage des informations, avec une plateforme d’échange des bonnes pratiques.
6. Créer un label handiaccueillant pour les écoles en suivant le cahier des charges que j’ai déjà élaboré.

Aucune école ne peut dire « Je n’ai jamais rencontré de situation de handicap ». L’élève qui revient du ski avec deux jambes dans le plâtre est en situation de handicap provisoire.

 

Quel est le rôle du référent handicap dans une école ?
Tout d’abord, avant même l’entrée de l’étudiant dans l’école, il doit mettre en place des actions de compensation, par exemple pour le concours d’entrée. Puis, il instaure tous les éléments de compensation au sein de l’école durant la scolarité de l’élève et l’aide à choisir un parcours professionnel, en respectant évidemment toujours ses envies. Par ailleurs, il facilite les contacts avec les entreprises pour la recherche de stage. En parallèle, il gère tout ce qui tourne autour de l’étudiant : la formation des professeurs (par exemple, quand un élève lit sur les lèvres d’un professeur il ne faut pas qu’il ait de moustache ou de barbe), celle du personnel administratif, …Et enfin, il essaie de découvrir les étudiants handicapés, qui sont nombreux à ne pas se déclarer.

 

EDF, un groupe handi-accueillant
EDF se mobilise aux côtés de structures visant à accompagner des jeunes en situation de handicap dans l’élaboration et /ou la réalisation de leur projet professionnel, comme par exemple Arpejeh. Il soutient également des actions visant à favoriser l’évolution des mentalités des futurs managers. Les sociétés du Groupe en France ont recruté 480 collaborateurs handicapés depuis 2009.

 

 

René Schmitt, référent handicap de l’EPF Ecole d’ingénieurs depuis 5 ans, également administrateur de la Fédéeh
Quelles sont les grandes orientations de la politique handicap de l’EFP pour 2012 ?
Tout d’abord, l’aménagement des locaux. Ensuite, les partenariats d’entreprises. Ma mission principale en tant que référent, c’est probablement d’aider les étudiants à réussir leur intégration professionnelle, en les accompagnant dans la construction de leur projet, en leur faisant rencontrer les missions handicap des entreprises partenaires. L’idée est donc de cristalliser un groupe d’entreprises sur un spectre assez large pour pouvoir aiguiller nos étudiants vers les milieux qui les intéressent. Enfin, nous souhaitons mettre en place un tutorat non pas pédagogique mais culturel et social par des étudiants de l’EPF pour des collégiens et lycéens handicapés.
Qu’est-ce qui a changé depuis votre arrivée à ce poste il y a 5 ans ?
Le nombre. C’est l’effet de la loi 2005. On a beaucoup plus de jeunes handicapés. Il y a 5 ans, il y en avait un à l’EPF. Dans les grandes écoles, à l’époque, il n’y avait pas d’étudiants handicapés, c’était marginal. Aujourd’hui, dans l’école, ils sont 11.

 

Le saviez-vous ?
Environ 75 % des établissements de la CGE ont un référent handicap.

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau