Alors que les entreprises de produits de grande consommation attirent toujours autant les jeunes étudiants des écoles de commerce, la grande distribution fait figure de secteur peu « sexy » auprès de nos jeunes étudiants. Mais, à l’issue de leurs études et de leurs expériences en stages, la réalité du marché modifie l’attitude des étudiants à l’égard de ces deux secteurs. En effet, avec 9.9 % des recrutements de jeunes managers, le commerce est le 3è secteur recrutant des jeunes managers après les activités financières et les assurances, et les sociétés de conseil et bureaux d’études. Ce taux peut monter à près de 17 % pour de jeunes diplômés issus d’écoles orientées commerce comme Novancia Business School. Mais pourquoi ce changement de perception ? – Par Catherine de Géry, Doyen du corps professoral de Novancia

 

 

Un secteur dynamique et innovant

La grande distribution traverse un processus de transformation profonde. Dans un contexte de faible progression du pouvoir d’achat, les comportements de consommation se modifient. Les consommateurs subissent de plus en plus un décalage entre leur pouvoir d’achat et leurs envies d’achats. La grande distribution subit également l’influence des innovations technologiques, de la globalisation de l’économie et des évolutions sociétales. Les distributeurs réagissent alors à ces multiples influences en créant de nouveaux formats, en introduisant des innovations dans les formats existants, en réalisant des nouvelles stratégies.

Le modèle traditionnel de masse basé sur les prix bas et la rotation élevée des marchandises laisse peu à peu la place à des modèles différents, où le marketing de l’offre, les services, la satisfaction et la fidélisation d’une clientèle de plus en plus segmentée, prennent davantage d’importance. Les enseignes de distribution doivent ainsi passer d’une culture « mass-market » à une culture de personnalisation et de services, ou se développer sur une logique d’intégration de la filière afin de jouer à la fois sur les prix bas et une stratégie de différenciation comme Décathlon, IKEA… Or ces nouveaux modèles et les modifications structurelles en cours ont des conséquences importantes en termes d’évolution et de structure des emplois et entraînent de nouveaux besoins en termes de compétences.

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Une évolution des profils recherchés

L’augmentation des recrutements de profils qualifiés, disposant de compétences managériales, techniques et relationnelles permet de soutenir une plus forte orientation marketing (développement des marques de distribution, géomarketing, ciblage et fidélisation de la clientèle) et vente (accueil, merchandising et amélioration de l’atmosphère des magasins) accompagnées par une plus grande diffusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication comme des systèmes d’aides à la vente à l’intérieur des magasins.

 

Les besoins en personnel qualifié concernent particulièrement les fonctions commerciales, coeur de métier de ce secteur.

Mais ils concernent également les activités en amont de la vente (que ce soit pour l’organisation des approvisionnements et des achats, pour le marketing et le merchandising, pour le développement), et aussi en aval (administration et gestion, encaissement, logistique, service après-vente) notamment aux sièges sociaux, avec des besoins en compétences juridiques, statistiques, comptables, financières, logistiques et informatiques. Cette tendance explique le recours de plus en plus important à ces compétences par un recrutement de jeunes diplômés des business schools !