Le contrat d’objectifs et de moyens avec l’Etat de l’ENSTA ParisTech arrive à son terme en 2016 alors que l’école vient de passer son audit de l’HCERES (autorité indépendante d’évaluation des formations, de la recherche et des établissements). L’occasion pour sa directrice Elisabeth Crépon de réaffirmer les fondements de l’école.

 

Quelle vocation de formation souhaitez-vous réaffirmer avec votre équipe ?

Nous avons débattu avec les enseignants-chercheurs du type d’ingénieur que nous souhaitons former. Il était essentiel de l’exprimer explicitement afin de souligner nos éléments distinctifs. Nous avons analysé les premiers emplois de nos jeunes diplômés : 2/3 débutent en R&D ou conception et 20 % poursuivent en thèse (la moitié des docteurs rejoindra l’entreprise). Ces éléments nous disent ce que les entreprises apprécient et recherchent chez nos ingénieurs, et confirme la vocation de l’ENSTA ParisTech.

« Notre vocation est de former des ingénieurs techniques et scientifiques pour l’industrie. »

Faire partie de l’Université Paris- Saclay, quel impact cela a-t-il sur votre ambition pédagogique ?

Insérer l’école au sein de l’Université Paris-Saclay nous a conduits à réformer la 3e année du cursus, en lien avec nos partenaires entreprises. Elle sera en place à la rentrée 2016 et comprendra 11 nouveaux parcours de spécialisation. Ils sont focalisés sur nos domaines d’expertise en transports, énergie, ingénierie des systèmes complexes et ingénierie mathématique. Les étudiants opteront aussi pour un profil métier en ingénierie et conception (30 % des étudiants ), en recherche et innovation (avec préparation d’un master recherche au sein de l’UPS, 50 % des étudiants ) ou encore en entrepreneuriat et intrapreneuriat (en lien avec l’Ecole polytechnique, 20 % des étudiants ).

« L’approche système qui est au coeur des compétences de nos diplômés est devenue cruciale à l’ère des systèmes complexes. »

Des exemples d’évolution dans les spécialisations ?

Sur le thème des transports, nos discussions avec les entreprises nous ont conduits à ajouter une filière systèmes de transports terrestres (automobile et ferroviaire). Elle combine le développement de la compétence classique en mécanique avec les compétences systèmes nécessaires pour développer des véhicules électriques intelligents. Sur le thème de l’énergie, nous venons d’inaugurer un pilote de pré-industrialisation sur le stockage et l’usage d’hydrogène. Cela nous permet, au-delà des recherches, d’accompagner les industriels dans leur R&D. Le pilote est adossé à un parcours de 3e année dans le cadre duquel nous gérons aussi le master en génie des procédés pour l’énergie de l’Université Paris-Saclay.

JDE N°78 p1-112

© Clément Jeannesson et Paul Mouran

Un mot sur la diversité, une dimension qui vous est chère ?

Je suis en effet très attachée à cette dimension, et au premier chef fière d’accueillir 30 % d’étudiantes dans une école au prisme technique et scientifique. Elles nous disent d’ailleurs nous choisir pour cela ! Nous restons néanmoins très engagés dans la promotion des filières scientifiques auprès des jeunes filles avec Elles Bougent ou les journées Femmes et mathématiques. Autre engagement : faire progresser la diversité des profils en ouvrant notre recrutement. Nous développons des partenariats sur le modèle de celui avec l’Institut Villebon Georges Charpak. Nous accueillons notre 1ère étudiant recruté par ce biais à la rentrée 2016.

« Nous multiplions les dispositifs visant à faire progresser la diversité des profils de nos étudiants. »

Quel est l’engagement de l’ENSTA ParisTech dans l’école d’ingénieurs franco-chinoise ParisTech Shanghai Jiao Tong (SPEIT) ?

Chaque école membre de ParisTech est en charge de projets. J’ai souhaité que l’ENSTA ParisTech s’occupe de l’école de Shanghai. C’est une très belle réalisation qui associe les Mines, Polytechnique, Télécom, l’ENSTA ParisTech et Jiao Tong. La 1ère promotion sera diplômée en 2018. Nos étudiants chinois sont remarquables et très motivés. Ils suivent un cursus exigeant, en français, s’adaptent à notre pédagogie. Ils seront sans aucun doute très recherchés par les entreprises !

A.D-F