Des territoires vierges à explorer pour les futurs ingénieurs AgroParisTech

 

Gilles Trystram, directeur général d’AgroParisTech « AgroParisTech prépare des ingénieurs aptes à comprendre, anticiper, accepter et piloter les systèmes évolutifs, incertains et complexes propres au monde du vivant. »

Le professeur Gilles Trystram a succédé à Remi Toussain à la tête de l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement le 1er septembre dernier. Spécialiste en génie des procédés des industries alimentaires et biologiques, il a été élu en 2006 à l’Académie des Technologies pour ses travaux. Il nous dit pourquoi nous n’entrevoyons encore que les prémices des connaissances et enjeux mondiaux liés à l’environnement, l’alimentation et la santé.

Le vivant est un domaine parmi les plus prometteurs en termes d’innovations, et recèle des enjeux parmi les plus cruciaux pour l’avenir de la planète et de ses habitants

Le potentiel d’évolution des connaissances des sciences du vivant est considérable. Le champ de formation et de recherche de notre établissement est donc colossal. AgroParisTech entend être un contributeur à la production de ces connaissances à son échelle, et à la formation de ceux qui porteront demain l’unicité de notre vision des sciences du vivant, d’une durabilité prenant en compte des systèmes évolutifs.

 

Comment souhaitez-vous qu’AgroParisTech arme ses étudiants pour y répondre ?

L’action et les réflexions de nos ingénieurs visent à préserver ce bien commun de l’humanité qu’est l’environnement et sa biodiversité. Ils auront tous un enjeu commun à relever, produire et préserver des matières premières, créer de la valeur afin de permettre aux populations de se nourrir, aux sociétés de se développer, et j’espère tout cela en harmonie. L’ingénieur AgroParisTech comprend, anticipe, accepte et sait piloter les systèmes évolutifs, incertains et complexes propres au monde du vivant. Il fait la synthèse entre sciences, ingénierie et management dans des secteurs aussi divers que l’industrie agroalimentaire, l’audit-conseil ou la fonction publique territoriale.

 

Evolution rapide des connaissances et enjeux mondiaux sont-ils synonymes de « nouveaux métiers » pour vos futurs diplômés ?

Il n’existe pas de rupture totale des connaissances qui arriverait soudainement et serait à la source d’un métier totalement nouveau. Les connaissances se développent et irriguent les métiers progressivement. En revanche, il existe des effets de mode qui ont un impact sur des métiers dits émergents. Ca été le cas lorsque l’industrie alimentaire a inventé l’ingénieur qualité. Aujourd’hui, la qualité est une compétence parmi d’autres que doivent posséder nos ingénieurs, et enseignée de manière transversale dans le cursus ingénieur. On voit ce même phénomène avec les fonctions ingénieur développement durable ou environnement, terminologies qui n’existeront plus dans 5 ans, et compétences qui sont en train de devenir essentielles à tous les secteurs et métiers.

 

Comment évoluent donc les métiers ?

Je parlerais de grandes tendances en relation avec les enjeux mondiaux. Dans le cadre de la réforme de notre cursus ingénieur, nous faisons plusieurs paris. Par exemple que l’interface entre l’ingénierie et la santé va se développer avec des traductions métier dans les domaines de la toxicologie, de l’écotoxicologie, de la nutrition, du lien entre environnement et santé. Idem dans les métiers autour de l’environnement qui concerneront à la fois l’ingénierie de l’environnement et sa gestion. L’ingénierie écologique et des territoires va se diffuser bien au-delà de la gestion des productions agricoles primaires.

 

Le domaine d’approfondissement ingénierie et santé fait notamment écho aux travaux de l’autorité de sécurité alimentaire en Europe ?

Celui qui conçoit un aliment tient en effet compte des règles édictées par les autorités locales et européennes. Sachant que la liste des éléments non autorisés évolue à mesure que les connaissances se développent. Certains de nos enseignants-chercheurs sont experts auprès des autorités, menant des travaux de recherche conjoints tandis que des diplômés d’AgroParisTech y exercent.

 

A. D-F