Du mythique collier de Jackie Kennedy au pull torsadé de Marilyn en passant par le 24heures, it bag porté par les femmes du monde entier, Gérard Darel est la maison du must have. Rencontre avec sa Présidente Sandrine Lilienfeld (ESSEC 89), une top manager fondue de mode et de business qui s’inscrit avec subtilité et engagement dans les pas des fondateurs de cette enseigne incarnation du bon goût à la française.

Sandrine Lilienfeld (ESSEC 89), Présidente de Gérard Darel

Sandrine Lilienfeld (ESSEC 89), Présidente de Gérard Darel

Comment la maison Gérard Darel fait-elle vibrer la manager fashion addict que vous êtes ?
C’est avant tout une marque avec une jolie histoire. Gérard Darel c’est l’image de tout ce qu’on aime de la parisienne Rive-Gauche, cet art de mixer de très belles pièces avec simplicité et décalage, cette allure si bien incarnée par Charlotte Gainsbourg. Marque emblématique du segment dit du « luxe abordable », elle est l’héritière d’un savoir-faire proche de la haute couture et est par exemple l’une des rares maisons à fabriquer ses patronages au sein de son atelier situé juste au-dessus de mon bureau. Répondant à tous les codes du luxe, Gérard Darel est à la fois légitime en prêt-à-porter et en maroquinerie et s’implante toujours dans des emplacements premium où elle côtoie des acteurs emblématiques du marché comme Karl Lagerfeld, Hermès ou Louis Vuitton aux côtés desquels elle n’a pas à rougir : selon le magazine Vogue, le 24heures compte parmi les 50 sacs icônes de tous les temps ! Portée par ses produits emblématiques, c’est une marque française très implantée à l’international qui bénéficie de l’incroyable héritage construit par ses fondateurs. Aujourd’hui, dans leurs pas, j’essaye de continuer à faire vivre cet extraordinaire patrimoine en lui apportant un second souffle grâce notamment à mon expertise dans le prêt-à-porter et le retail.

 

« Faire son travail
avec plaisir, c’est être plus performant. On n’est pas tous bons pour la même chose, pour réussir, il faut savoir ce que l’on aime et ce pour quoi on a le plus de talent »

Comment lui insufflez-vous cet esprit de renouveau ?
En lien étroit avec les arts, Gérard Darel est une marque moderne qui a toujours su choisir avec subtilité ses thèmes de communication et ses égéries mais qui s’est sans doute en peu perdue ces dernières années. J’ai donc décidé de revenir très fort en collections et en communication en diffusant par exemple dans les salles de cinéma un film publicitaire digne d’un court-métrage ou en relançant notre mythique collier Jackie dans une version redesignée par notre Directrice de Style. Je souhaite aussi affirmer notre filiation avec la marque Pablo, petite soeur de Gérard Darel, plus jeune, plus ludique et incarnée cette année par l’actrice Clémence Poésy. Le redéploiement à l’international et la redynamisation de notre réseau font également partie de mes challenges. Cela passe bien sûr par l’humain mais aussi par la refonte de notre e-boutique et de nouveaux concepts de magasins, résolument artistiques et novateurs. En travaillant sur tous les aspects du plaisir d’achat, nous cherchons à offrir un service incroyable à nos clientes auxquelles nous réservons beaucoup de surprises dans les mois qui viennent.

 

Diriger une maison de mode : une affaire de passion ?
C’est en tout cas un métier que l’on ne peut pas faire sans plaisir. Si la mode et la cosmétique sont des domaines qui ont inspiré mes premiers jobs et stages j’ai pourtant choisi à l’ESSEC de me tourner vers des cours moins glamour comme la fiscalité internationale et le contrôle de gestion, convaincue que cela me serait utile un jour dans ma carrière. C’est d’ailleurs à cette occasion que l’un des plus grands financiers de la place m’a proposé de le rejoindre. D’abord enthousiasmée j’ai très vite réalisé qu’être entourée de costumes gris dans une tour de la Défense n’était pas fait pour moi : 15 jours après mon embauche, j’avais démissionné pour commencer à forger ma culture mode en tant qu’acheteuse aux Galeries Lafayette. Que ce soit chez Etam, Kookaï, Naf Naf ou Gérard Darel, j’ai toujours vu la mode comme un secteur très excitant où chaque collection est un enjeu. C’est d’autant plus vrai dans le retail où on est en prise directe avec le client, où chaque magasin est un lieu magique irrigué par 1000 leviers de performance, où on peut consulter tous les jours voire toutes les heures les remontées du CA : c’est presque une drogue !

 

Quelles sont les qualités des ESSEC pour évoluer sur ce marché ?
Si à mon époque, les ESSEC ne se tournaient quasi exclusivement que vers les grands cabinets en stratégie, le conseil, la banque ou des groupes comme L’Oréal et Unilever ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et ils ont raison car ils ont toutes les qualités pour évoluer avec succès dans la mode,dont cette ouverture qui dépasse le monde académique à la française. Elèves brillants, diplômés d’une école d’excellence, ils sont sans doute un peu moins sages, moins lisses que les autres. Ils ont un côté entrepreneur qui me plait, une rapidité d’esprit qui me parle et qui est essentielle sur ce marché. Et si en plus ils savent faire preuve d’empathie et d’humour, ils ont tout pour me plaire.

 

Un conseil à leur donner ?
Faire son travail avec plaisir, c’est être plus performant. On n’est pas tous bons pour la même chose, pour réussir, il faut savoir ce que l’on aime et ce pour quoi on a le plus de talent. Débuter dans un cabinet de conseil, pourquoi pas, mais n’est-ce pas finalement une perte de temps quand on veut à terme entrer dans la vraie vie de l’entreprise ? Si vous laisser guider par le plaisir vous fait démarrer à un salaire d’embauche plus bas que vos camarades, vous serez tellement plus performants que vous évoluerez très vite. J’en suis le parfait exemple : ne pas choisir la voie royale en début de carrière m’a permis d’être à la tête de très belles enseignes de mode. Alors suivez vos envies.

 

Instant RH : à quel poste débuter dans la mode ?
Chef de produit / Acheteur. Parce que le produit est fondamental dans notre métier, ce poste très complet permet d’être rapidement confronté aux mêmes enjeux qu’un responsable d’une petite business unit. C’est une fonction passionnante et très complète où on apprend à connaitre le marché, à travailler avec des créatifs, à gérer un CA, des stocks, le sourcing, à fixer un prix de vente, à négocier avec les fournisseurs à travers le monde et ainsi à conjuguer esprit cartésien et fibre artistique.
Commercial à l’international.
Cette fonction permet d’apprendre le métier du retail, de connaitre les spécificités des marchés locaux et des méthodes de distribution.
Si le contrôle de gestion est une fonction passionnante, j’ai la conviction qu’elle ne permet pas d’atteindre des postes de Direction Générale : dans la mode, on ne confie jamais de telles responsabilités à quelqu’un qui ne connait pas le commerce, le terrain et les process liés aux collections. Mais que ce soit dans un groupe de luxe ou dans une entreprise mondiale de fast fashion, le retail est le paradis des passionnés de gestion.

 

Pourquoi rejoindre Gérard Darel ?
Si on aime les jolies histoires de marque, si on aime la mode et qu’on a envie de travailler pour une marque avec une véritable dimension internationale, Gérard Darel est la maison idéale.

 

CW.

 

Contact :
sandrine.lilienfeld@gerarddarel.com