Réorganisation de l’enseignement supérieur, femmes entrepreneures, parité hommes-femmes sont des thèmes majeurs que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche s’est approprié afin de solutionner différentes problématiques.

Geneviève FIORASO © MENES/X.R. Pictures

Geneviève FIORASO © MENES/X.R. Pictures

La réforme que vous avez engagée pour réorganiser les établissements d’enseignement supérieur est-elle en voie de finalisation ?
La loi sur l’enseignement supérieur et la recherche de juillet 2013 a donné aux établissements d’enseignement supérieur une année pour se regrouper sous quatre formes possibles (fusions, communauté d’universités et d’établissements, association ou combinaison des trois). Depuis, les acteurs de terrain ont proposé 25 regroupements dont 8 en Ile-de- durablement structurer le territoire. Il reste encore un certain nombre de points de détail à ajuster, mais l’essentiel est acquis : ces regroupements académiques ou inter-académiques, voire transfrontaliers, vont pleinement prendre place dans la compétition scientifique internationale, tout en contribuant beaucoup plus fortement au développement des territoires.
L’enjeu est de susciter des coopérations et mutualisations nouvelles entre les établissements d’enseignement supérieur (universités et écoles) et de recherche, mais aussi entre ces institutions et leurs écosystèmes territoriaux, notamment les PME, les ETI et les collectivités territoriales. Un nouveau paysage universitaire et scientifique français se crée ainsi, plus lisible et plus visible, plus ouvert sur le monde socioéconomique. Ce qui se joue dans le travail formidable en cours dans les établissements du supérieur et de la recherche, c’est à la fois la capacité d’adaptation aux exigences d’une université moderne, et la capacité de préparation et d’anticipation de l’avenir.

 

Comment faire progresser le taux de femmes entrepreneures en France d’ici à 2017 ?
Les femmes ne représentent que 30 % des créateurs d’entreprises et cette proportion est encore plus basse pour les entreprises innovantes puisqu’elle n’est que de 10 %. Ces chiffres sont le résultat de l’orientation différenciée des filles et des garçons et de la force des représentations culturelles qui conduisent les filles à être moins nombreuses dans les filières du numérique (physique et mathématiques). Encore deux chiffres particulièrement frappants : depuis 30 ans, le nombre de femmes dans les écoles d’ingénieurs a presque doublé, mais il n’atteint même pas 30 %, et il faudrait attendre 2075 pour qu’il y ait la parité, à condition que la tendance se poursuive. C’est la raison pour laquelle j’ai signé en août 2013, un plan interministériel de promotion de l’entrepreneuriat féminin, qui a pour objectif clair de faire progresser le taux de femmes entrepreneurs en France en atteignant d’ici 2017 un total de 40 % de créatrices d’entreprise. Ce plan passe par des actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat féminin et par un accompagnement renforcé des futures créatrices d’entreprise, en particulier au sein des Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (PEPITE). Mais il ne sera pleinement efficace que si nous réussissons à faire évoluer les mentalités, et l’un des leviers, c’est la valeur d’exemplarité. C’est la raison pour laquelle je soutiens toutes les initiatives favorisant les contacts entre les femmes scientifiques et les jeunes lycéennes et étudiantes.

 

Les efforts faits en matière de promotion et de déroulement de carrière dans l’enseignement supérieur ainsi que les nominations décidées par le ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche ont-ils permis de mieux affirmer la parité homme/femme ?
Je suis fière de pouvoir dire que l’administration de notre ministère est exemplaire : les emplois de secrétaire général et de directeurs d’administration centrale sont en effet occupés par 6 femmes et 3 hommes ! La parité au sein des instances de gouvernance des établissements de l’enseignement  supérieur et de la recherche est dans la loi. La parité, loin d’être atteinte aujourd’hui, se fera progressivement. Il nous faut aussi être attentif aux progressions de carrières des femmes.

 

Patrick Simon