Generali, c’est avant tout une expertise et une connaissance du secteur de l’assurance depuis près de… 2 siècles ! Une longue histoire pour une entreprise qui ne cesse de se renouveler et de réinventer le métier d’assureur. Jean-Laurent Granier (X 85), président-directeur général de Generali France, présente les transformations à mener.

 

Quelles transformations majeures affectent le secteur actuellement ?

Le marché de l’assurance est dans un contexte sans précédent. Notre métier est challengé sur toute la chaîne de valeur : dérèglement climatique, taux historiquement bas qui réduisent nos marges de manœuvre, pression réglementaire croissante au niveau européen marché particulièrement concurrentiel : mutuelles sans intermédiaires, bancassureurs, acteurs du web, tout en conservant de, multiples formes d’intermédiation avec des agents, des courtiers, des conseillers en gestion de patrimoine indépendants… Dans ce contexte, la guerre des tarifs et de l’innovation dans les services pour créer la préférence des clients redouble.

Quelles réponses apportez-vous dans ce contexte ?

Notre plan Excellence 2022 repose sur 4 piliers de transformation en profondeur :
La conquête business orientée autour du multicanal et de l’innovation.
L’innovation et la sophistication technique afin de conforter la rentabilité technique.
L’excellence opérationnelle et la digitalisation afin d’offrir une expérience client valorisante, renforcer le multi-équipement, et la fidélité des assurés.
La mobilisation des collaborateurs et le développement des compétences (GPEC) pour répondre à l’évolution des métiers de l’assurance.

Quels sont alors vos challenges clés ?

Le modèle des GAFA – utilisation puissante des données et révolution des usages digitaux – a sensiblement fait évoluer les attentes des clients. Désormais, offrir un service en 24x7 n’est plus une option tout comme l’usage d’outils mobiles, intuitifs et profilés selon les attentes de chaque client.
Toutefois, la digitalisation génère aussi de formidables opportunités : l’accès à la data et les objets connectés recréent des gisements d’innovation passionnants. Le big data va nous permettre de mieux maîtriser nos systèmes décisionnels en termes de marketing et de personnaliser finement nos tarifs et nos services.

L’IoT, vectrice de l’assurance de demain : « Nous allons pouvoir inventer des actions de prévention et d’assistance pour détecter les risques très en amont et offrir de nouveaux services comme dans le domaine de la Silver Economy par exemple : les objets connectés pourront détecter des comportements inhabituels des personnes âgées et prévenir les services d’assistance sans intervention humaine. Jamais la matière assurable n’a été aussi variée et les interrelations entre les risques aussi complexes ! »

C’est ce qui vous passionne dans l’assurance ?

Pour moi, travailler dans l’assurance est tout sauf un hasard ! Je ne souhaitais pas devenir « ingénieur » car je me suis toujours intéressé à l’humain. Je suis un assureur de vocation. Dès l’origine, cette matière m’est apparue très humaine, et elle conduit à des approches actuarielles complexes dans toutes ses dimensions : personnelles (vie, famille, santé…) et dans dans ses activités (mobilité, entreprises…).
Notre métier a un brillant avenir car il répond à des besoins croissants de la société. Le principe de mutualisation est fondamentalement moderne si on le croise avec la révolution digitale qui favorise l’émergence des usages communautaires.

Le rugby, moteur de l’assureur : « J’étais plus intéressé par le rugby que par les sciences pures ! C’était aussi le début de la saga de Claude Bébéar, ancien capitaine de l’équipe de rugby de l’X, comme moi, et fondateur d’AXA. Il a joué un rôle important dans ma vocation d’assureur ! Comme l’assurance, le rugby est complexe à appréhender mais la complémentarité des compétences est un assemblage essentiel qui permet de faire la différence. »

Comment évolue le métier d’assureur ?

Notre objectif est d’être parmi les meilleurs en termes de qualité de service, à travers une démarche d’excellence opérationnelle liée à la digitalisation de nos processus. Nous devons donc faire évoluer nos collaborateurs et nos Agents Généraux pour leur faire pleinement intégrer les usages digitaux des clients et les amener à devenir des « entrepreneurs connectés ».
Les enjeux de formation et de recrutement de compétences nouvelles sont des défis passionnants. Cette évolution en France s’inscrit dans la dynamique du Groupe à l’échelle mondiale.

Quelles opportunités pour un jeune X ?

Dans l’assurance, un jeune Polytechnicien peut trouver un terrain d’expression tout à fait adapté à ses qualités naturelles et à sa forme d’esprit : curiosité scientifique et statistique, corrélation entre les phénomènes climatiques, physiques… Par leur rigueur intellectuelle et leur capacité d’analyse, les jeunes X ont un bon équilibre entre l’analyse des statistiques et les conséquences qu’ils peuvent en tirer sur des questions de risque, de garantie, de besoin d’assurance…

Une politique RH récompensée : En 2016, Generali a reçu le Prix de l’Entreprise Collaborative remis par Cegos et l’AFCI pour son dispositif de Cellules Créatives : groupes de travail d’une douzaine de collaborateurs, experts ou non travaillant sur des projets innovants. Generali France a également reçu le Prix du meilleur lancement d’université d’Entreprise dans le cadre des Trophées U-Spring, remis par la BPI et le Printemps des Universités d’Entreprise.

Quel regard portez-vous sur Polytechnique aujourd’hui ?

Il était essentiel pour Polytechnique de s’intégrer au cœur d’un écosystème d’écoles, de laboratoires de recherche, d’entreprises… pour attirer plus de diversité au sein des étudiants et créer des parcours plus riches et variés. Un élément indispensable pour attirer les meilleurs talents internationaux également ! La diversité dans le cluster de Saclay est un vrai facteur d’attractivité.

Quels conseils pourriez-vous donner à ces jeunes Polytechniciens ?

Ne croyez pas à des schémas préétablis, vivez vos propres expériences et multipliez les contacts. Frottez-vous à des réalités métiers qui vous permettront de vous forger votre propre opinion et d’être créateur de valeurs dans le monde du travail. Imprégnez-vous des fondamentaux de chaque métier pour acquérir une culture métier profonde. Voilà comment vous acquerrez une légitimité métier au long de votre carrière.

L’anecdote de Jean-Laurent : « Les promotions de l’X étaient soit jaunes les années impaires, soit rouges les années paires. J’étais alors dans une promotion jaune mais aujourd’hui, au sein de Generali, je suis devenu rouge car c’est notre couleur. Et cela me convient très bien ! C’est un univers dans lequel j’ai rapidement pris mes repères. Autre point commun : l’X a plus de 210 ans, Generali près de 190 ! Il y a donc en commun une longue histoire qui fait la richesse de notre patrimoine. »

 

« Generali France a vocation à être un lieu d’excellence dans lequel nous voulons attirer et développer des talents d’assureurs. »

 

 

 

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