Jules Verne n’en reviendrait pas. Un de ses poulains, le Français François Gabart, inspiré par les péripéties haletantes d’un Phileas Fogg toujours plus ambitieux, a battu le record que le plus grand visionnaire de tous les temps n’osa jamais prévoir : un tour du monde en 78 jours. Un miracle ? Une révélation. Les hommes auront en ce mois de janvier 2013 prouvé que plus rien n’est impossible. Un tour du monde en 78 jours, et tout le reste de la vie pour s’ennuyer.

L'équipe PolEMics

Non, chers étudiants, ne désespérez pas car bien d’autres choses restent encore irréalisables sans qu’aucun Jules Verne n’ait eu le cran d’y penser.
Ce mois de janvier a été un mois riche en émotions, de celles qui vous font pleurer, rire, vous angoissent, vous redonnent espoir ou vous désolent. Lumière sur l’actualité mensuelle d’un monde qui décidément ne tourne plus si rond.
« Les passeports ne servent jamais qu’à gêner les honnêtes gens et à favoriser la fuite des coquins. » (Jules Verne, Le Tour du Monde en 80 jours)
Notre bon Gérard Depardieu s’est attiré les foudres d’une bonne partie du peuple français en s’exilant loin des caméras bleues, blanches et rouges. Son objectif ? Lancer l’ancre dans un monde aux avantages financiers conséquents. Si une moitié de notre population comprend son acte de fuite fiscale, la moitié de cette moitié semble songeuse quant à l’obligation de changer de nationalité. Cet acte du célèbre acteur nationalement adulé, ne sonne pourtant pas, venant de lui, comme celui d’une rébellion face aux médias. Le changement de nationalité est une réponse, vilaine et petite vengeance, suscitée par Jean-Marc Ayrault, Premier ministre français, qui aurait qualifié son choix de résidence en Belgique de « minable ». « Mieux vaut faire des conneries que s’économiser » disait l’acteur en 1999. Rare sont les personnages publics qui agissent selon leurs maximes. Mais Gérard dans l’intérêt de la patrie, économise-toi !
« Quand les bisons ont adopté une direction, rien ne pourrait ni enrayer ni modifier leur marche » (Jules Verne, Le Tour du Monde en 80 jours)
Engagement des troupes au Mali, mariage gay. Deux combats différents. Une même manière de réagir adoptée par le gouvernement. Tels les bisons de Verne, les combats semblent précipités. Si le danger du premier semble justifié une action plutôt brute de l’armée française (conclue avec un succès en surface indiscutable), le second ne devrait pas être perçu comme imposé. Les échanges doivent offrir du temps et des arguments légitimement fondés et justifiés pour permettre aux opposants autant qu’aux partisans du mariage pour tous de comprendre profondément ce qu’un tel droit signifie. Parce que ce serait une honte pour une si belle loi que de n’être adoptée qu’en partie par un Parlement débâtant de sujets sociétaux par lesquels il n’est que trop peu concerné. Cette loi doit être un souffle que la population française doit expirer en cadence.
« A ce jeu du silence, bien approprié à sa nature, il gagnait souvent. Mais ses gains n’entraient jamais dans sa bourse. Une bonne partie était réservée à la charité » (Jules Verne, Le Tour du Monde en 80 jours)
Bien loin des fantasmes de charité chrétienne prônés par Verne à travers son personnage principal, le choix de fermer les usines françaises a largement le vent en poupe. Si certaines continuent d’engranger d’énormes bénéfices, les suppressions de postes menacent comme jamais des milliers de travailleurs français. La grande manifestation du 29 janvier dernier nous a tristement rappelé que 9500 postes sont menacés chez PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay, 5122 pour Air France, 1100 chez Goodyear (Amiens) ou encore plus de 900 chez Sanofi. Alors dites-moi, jusque quand les rats pourront-ils si librement quitter le navire ? Suite au prochain mensuel.
Association PolEMics EM Strasbourg