En vue du sommet du G7, qui se tiendra les 26 et 27 mai 2016, au Japon, à Ise-Shima, des présidents et membres de quatorze Académies des sciences se sont réunis, à l’invitation du Science Council of Japan, à Tokyo les 18 et 19 février. Il s’agissait d’élaborer des recommandations aux responsables politiques. La déclaration commune du G-Science des Académies est remise ce mardi 19 avril aux gouvernants des pays du G7, et simultanément diffusée sur les sites respectifs des Académies signataires.

 

G-Science 2016 – La déclaration commune des Académies pointe trois défis : la connaissance du cerveau, la résilience face aux désastres et la formation des scientifiques du futur

 

Depuis 2005 les Académies nationales des sciences des pays du G7/G8 (avec la Russie), ainsi que celles d’autres pays partenaires, se rencontrent en amont du sommet mondial et dans le pays d’accueil de ce sommet – le Japon en 2016. Les signataires du G-Science 2016 considèrent qu’il est important pour l’avancement de leur pays ou de leur région, et du monde, que les responsables politiques tiennent compte des analyses et propositions contenues dans leur déclaration commune, comme pour les  » G-Science » précédents, notamment celui de 2015 en Allemagne.

 

L’appel du G-Science 2016 comprend trois textes :

“Understanding, Protecting, and Developing Global Brain Resources”

“Strengthening Disaster Resilience is Essential to Sustainable Development”

“Nurturing Future Scientists”.

 

 

1. Comprendre, protéger et développer les ressources globales du cerveau

Understanding, Protecting, and Developing Global Brain Resources

Le cerveau humain est le bien le plus précieux de la civilisation. Investir dans les neurosciences et les sciences connexes est de ce fait un investissement d’avenir pour la société, et les nations doivent coopérer pour comprendre, protéger et favoriser le développement optimal des ressources globales du cerveau.

 

A cette fin, le G-Science des Académies propose de poursuivre quatre objectifs :

(1) financer la recherche fondamentale et promouvoir la coopération internationale dans ce domaine ;

(2) établir des programmes communs pour le diagnostic, la prévention et le traitement des maladies cérébrales ;

(3) promouvoir la modélisation du cerveau et l’intelligence artificielle, fondée sur les neurosciences, tout en engageant le dialogue sur l’éthique ;

(4) intégrer les acquis des neurosciences à ceux des sciences sociales et comportementales, afin d’améliorer l’éducation et les modes de vie dans une société éclairée.

 

2. Renforcer la résilience aux désastres est essentiel pour un développement durable

Strengthening Disaster Resilience is Essential to Sustainable Development

Les pertes consécutives aux catastrophes naturelles et technologiques se multiplient dans tous les  pays, quel que soit leur niveau de développement. Les facteurs humains couplés à l’ampleur des évènements extrêmes aggravent les périls.

Dans un 21e siècle mondialisé, une catastrophe ici provoque des perturbations ailleurs. En 2015, les Nations Unies ont adopté trois accords, le Sendai Framework for Disaster Risk Reduction 2015-2030, les Sustainable development goals et l’accord de Paris sur les changements climatiques (COP21).

 

Pour hâter le processus, le G-Science souligne six axes prioritaires :

(1) développer les indicateurs d’exposition et de vulnérabilité aux risques ;

(2) faire progresser les connaissances scientifiques et technologiques pour améliorer l’estimation des risques, notamment par le recueil et l’analyse des données ;

(3) développer des techniques innovantes de prévention des risques et élever le niveau de conscience des responsables et des citoyens face aux dangers ;

(4) renforcer les collaborations interdisciplinaires ;

(5) impliquer les investisseurs ;

(6) créer un forum de partage de l’information entre secteur privé et parties prenantes pour proposer des solutions pratiques.

 

3. Former les futures générations de scientifiques

Nurturing Future Scientists

La société actuelle s’appuie sur des découvertes, des technologies et des politiques fondées sur la science. Former la relève scientifique est essentiel pour son développement. Il faut donc promouvoir le contact entre les scientifiques et la société et assurer le renouvellement des forces vives dans les divers domaines scientifiques.

 

Voici, en résumé, les huit principales recommandations des Académies du G-Science :

(1) promouvoir l’éducation scientifique ;

(2) encourager les jeunes à entreprendre une carrière scientifique dans des secteurs plus larges ;

(3) améliorer les modes d’évaluation des scientifiques par la prise en compte de la qualité et de la variété de leurs activités ;

(4) donner la priorité à la communication scientifique envers les jeunes et le public ;

(5) encourager et former les scientifiques à jouer un rôle d’expertise et de conseil ;

(6) améliorer les conditions de carrière des femmes et des minorités ;

(7) promouvoir les capacités scientifiques dans les pays en développement et favoriser les échanges scientifiques entre pays développés et en développement ;

(8) garantir l’accès à l’information et aux publications scientifiques, tout en facilitant la publication des résultats de recherche.

Des remarques corollaires aux trois thèmes, portant sur le sens de l’open access en science, les liens entre catastrophes et migration, et certains objectifs du  développement durable, restent matière à discussion pour un prochain G-Science.

 

Déclaration commune des Académies du G Science 2016 :

Voir les trois textes en anglais de la déclaration commune sur le site internet de l’Académie des sciences :

http://www.academie-sciences.fr/fr/Rapports-ouvrages-avis-et-recommandations-de-l-Academie/appel-des-academies-scientifiques-
nationales-g-science-a-l-occasion-du-sommet-du-g7-2016.html

“ Strengthening Disaster Resilience is Essential to Sustainable Development ”

“ Understanding, Protecting, and Developing Global Brain Resources ”

“ Nurturing Future Scientists ”