Musique, design, luxe, publicité, gastronomie… la French Touch incarne le génie français dans les industries créatives. Un génie créatif somme d’un savoir-faire traditionnel et d’une incroyable dynamique de modernité. Coup de projecteur sur des fiertés de la French Touch.

 

L’écosystème du luxe en pleine ébullition

Le palmarès mondial Global Powers of Luxury Goods 2017 publié par Deloitte a distingué la France comme leader des ventes de produits de luxe dans le monde. Avec une croissance des ventes de 14.9 % et un CA moyen de 5.1 milliards $, les entreprises françaises du luxe ont plus que jamais le vent en poupe. Preuve en est, LVMH truste la 1e place mondiale avec un CA de 22.4 milliards $ pour les produits de luxe et des ventes en augmentation de 15.2%. Mais il ne faudrait pas oublier que derrière ces grandes maisons, bouillonne tout un écosystème d’artisans aux savoir-faire d’exception.

  Une touche de modernité

Professeur titulaire de la chaire Savoir-faire d’exception de l’ESSEC Business School, Simon Nyeck, insiste d’ailleurs sur l’importance des filières amont du luxe. « Pour que les maisons françaises puissent se battre contre les nouvelles marques américaines et anglaises, il faut protéger et sanctuariser cette chaine amont. » Une stratégie qui nécessite de rendre ces savoir-faire pertinents face à la modernité. « Jean-Baptiste Colbert l’a fait avant nous ! Les jardins de Lenôtre, la manufacture royale de St Gobain : il a cherché ailleurs des savoir-faire existants et leur a donné la touche de modernité qui a fait la réputation de ces créations françaises. » Une dynamique qui doit aussi être impulsée par une approche business différenciante. « Si les artisans ont le geste, il leur manque souvent la connaissance des nouveaux marchés, des nouveaux utilisateurs et des nouvelles utilisations potentielles. Le risque : que ces savoir-faire, souvent détenus par de petites entreprises familiales, disparaissent par méconnaissance de l’amont (sourcing…) et de l’aval (négociation avec les géants du luxe). »

Un écosystème unique

Car ces savoir-faire tirent aussi leur caractère exceptionnel dans leur ancrage dans un écosystème unique au monde. « Faire une robe haute couture nécessite du tissu et une couturière bien sûr, mais aussi des plumes, de la dentelle de Calais, des plis superbes, un chapeau, des gants… La proximité entre le créateur et ses partenaires est donc indispensable. » Une proximité géographique mais aussi psychologique, cette complicité étant souvent source d’inspiration. C’est ainsi que « la Maison Lesage, spécialiste de la broderie, ouvre par exemple régulièrement  ses archives à des créateurs de chez Chanel souhaitant réinterpréter des classiques de Coco. »

(c)IFM

« Quand on pense mode, on pense Paris »

Un constat partagé par Sylvie Ebel, DGA de l’Institut Français de la Mode. « Etre à Paris quand on fait de la mode, c’est être là où les choses se passent. Ce n’est pas pour rien qu’on y trouve la plus grande Fashion Week ou le plus grand salon des tissus au monde. » Lieu incontournable de la mode mondiale, Paris s’érige ainsi en symbole de la puissance de ce secteur qui représente 150 milliards € de CA en France. Plus que les secteurs aéronautique et automobile réunis ! Une puissance dont le monde entier a conscience. Pour preuve, les programmes de Management de la mode et de Création de mode de l’IFM ont récemment été respectivement placés à la première et à la seconde place du classement mondial The Business of Fashion. Des formations plébiscitées par des étudiants venus du monde entier. « Près de 50% de nos étudiants sont étrangers. En nous rejoignant, ils savent qu’ils trouveront l’effervescence et le savoir-faire parisiens, qu’ils seront en relation avec tout ce qui se fait de meilleur dans l’écosystème de la mode : des grandes marques bien sûr, mais aussi de tous jeunes créateurs. Paris est la seule place de la mode qui a encore des ateliers de couture. Ici ils ont la possibilité de suivre le processus créatif de l’idée jusqu’au produit avec un niveau d’excellence unique. Une fois diplômés, ils deviennent des « ambassadeurs du made in France » dans leur pays. »

 

Ça bouge du côté des formations en gastronomie !

En partenariat avec l’Université de Reims Champagne Ardenne, le Cordon Bleu annonce une bourse d’étude pour le programme 2018 des Hautes Etudes du Goût. Une série de programmes courts dédiés à l’univers du goût et de la gastronomie où se mêlent culture, sciences, sociologie et histoire. Parallèlement, l’Institut Paul Bocuse a été élu par les professionnels de l’hôtellerie mondiale comme meilleur programme international innovant des métiers de l’Hospitality, des Arts Culinaires et du Foodservice.

(c)KEDGE BS

Le boom du French art de vivre

Emblème du French art de vivre, le vin est aussi un symbole du made in France à travers le monde. Pour preuve, nous sommes le premier pays exportateur au monde  de vin (en valeur) et les vins & spiritueux représentent le second poste d’exportation français après l’aéronautique. « Le succès du vin français est une réalité économique et un succès reconnu partout dans le monde. Le pays du vin : c’est la France », annonce Jacques-Olivier Pesme directeur de la Wine & Spirits Academy de KEDGE Business School. Une réputation portée par de grands noms, dont Bordeaux bien sûr, où est ancrée l’académie. « Etudier le vin à Bordeaux c’est comme étudier le cinéma à Hollywood ! ». Une puissance économique décuplée par les mutations que vit aujourd’hui le marché du vin. Nouveaux modes de consommation, nouvelles approches, « dans certains pays, le vin devient une boisson qui remplace les alcools forts traditionnels. C’est notamment le cas avec la vodka russe ou le baijiu chinois. Il devient aussi le signe d’un certain raffinement occidental. »

LA référence

Mais le succès des vins français n’est pas qu’une histoire de marketing. Il est aussi intimement lié à l’exigence de notre système d’appellations et à des locomotives très fortes comme le champagne, le rosé de Provence ou certains grands Bourgogne. « Même si chaque vigneron travaille son terroir et sa typicité, l’éducation au vin fait toujours appel à des éléments de comparaison qui nous ramènent vers des références. Et dans le monde la référence, c’est la France. » Il ne faut pas oublier que les cépages les plus utilisés au monde (Merlot, Cabernay Sauvignon, Chardonnay…) sont des cépages français qui ont été exportés. Comble du viticulteur : des cépages français font la renommée de certains vins étrangers : Malbec argentin est en réalité issu d’un Cahors !

Quand Bordeaux s’exporte à Londres : Il n’y a pas que les cépages qui s’exportent : les pro du vin veulent aussi voir du pays ! C’est ainsi que Lucile Petitjean, en 2e année du MSc Wine & Spirits de KEDGE Business School en full english, compte bien conquérir l’Angleterre. « Après avoir fait mes armes pendant deux ou trois ans sur Bordeaux j’aimerais travailler à Londres pour un grand négociant. Bien sûr, le Royaume-Uni n’a pas une culture vinicole comme la France mais les Anglais sont de fins connaisseurs et dégustent des vins du monde entier. Londres, c’est un vrai hub du vin, il faut y a voir travaillé au moins une fois dans sa vie ! »