Les jeunes français montrent de l’engagement et de l’envie. Bien plus que cela, ils débattent, ils agissent, ils se mettent au service des autres. Leur ambition : avoir de l’impact, faire changer les choses, tirer leur pays vers le haut.

 

Quotidiennement au contact de leurs étudiants, les professeurs observent avec intérêt la génération actuellement dans leurs établissements. Loin d’être homogène, elle présente néanmoins quelques traits communs dans l’envie de collectif, dans sa générosité, dans son souhait d’agir, de prendre leur part dans un monde en évolution et de contribuer à répondre aux enjeux qui l’animent.


Soif de savoir et d’action

Philippe Silberzahn, professeur à emlyon business school, observe depuis des années ses élèves en management. « Cette population particulière, plutôt privilégiée, ne présente pas de conformisme dans ses ambitions comme certains se l’imaginent. » Ils sont tout aussi divers dans leurs profils que dans leurs envies et projets.

Philippe Silberzahn

Philippe Silberzahn @EMLYON

Lise Pénillard, Executive director du master in sustainability and social innovation à HEC Paris, observe elle aussi une envie des élèves du PGE de s’investir, de s’engager, d’avoir un impact. « Les étudiants ont soif de contenu, de compétences, de mises en situation. Nous mobilisons par exemple chaque année 60 à 80 d’entre eux durant un an auprès d’entrepreneurs sociaux. »

Lise Pénillard HEC Paris

Lise Pénillard (c) Jean Marc Biais

Le souhait d’être créatif, de changer le monde se construit. « Difficile par exemple de demander à des élèves passés par le parcours prépa-grande école d’être tout d’un coup ultra créatifs et de remettre en cause le système ! » affirme Philippe Silberzahn. Les idées et l’envie de proposer de nouvelles choses naissent via l’expérience : stages, missions, activités associatives, voyages, rencontres sur des campus devenus internationaux, césure.

Ils ont choisi de s’engager pour les autres


20 ans, âge de tous les possibles et de tous les rêves

Dans leur envie de changer le monde, les jeunes gens font preuve d’une forme d’idéalisme comme leurs aînés avant eux. Selon leur tempérament, « certains vont rêver d’intégrer L’Oréal à l’international, d’autres s’engagent politiquement pour révolutionner le pays, d’autres encore veulent inventer un nouveau business model en créant une startup » explique Philippe Silberzahn. Chez ces jeunes qualifiés, les rêves sont un mélange de pragmatisme et d’utopie.


Entre pragmatisme et utopie

Idéalistes les jeunes HEC ? Pas totalement. Ils sont formés à la compréhension des enjeux, à l’économie. « Ils nourrissent de fortes convictions et ambitions et nous les incitons à ne pas développer une approche naïve de leur capacité à faire changer les choses. Ils possèdent les connaissances et compétences pour avoir un réel impact. »
Les étudiants de Lise Pénillard montrent une forte intégrité, des valeurs. Ils sont aussi efficaces, savent identifier les leviers d’action, les collaborations et compétences à mobiliser pour transformer leurs idées en projets concrets. « Ils sont conscients de l’urgence et l’ampleur des défis mondiaux, et savent aussi qu’ils possèdent des capacités démultipliées grâce aux technologies. Cela renforce la notion d’engagement chez eux. »

(c) Jean Marc Biais

Stimulés par le défi

Les attentes de la société comme des entreprises, vis-à-vis des profils de haut niveau, loin de les effrayer, représentent une stimulation. « La période trouble que traverse notre pays et d’autres, est une source de dégoût pour certains, note le professeur d’emlyon. Dans ce contexte, ils sont très sensibles au pendant de la responsabilité : l’éthique, le sens et poussent loin leur réflexion sur leur rôle et leur place dans la société et l’économie. »

(c) Biais Jean Marc


Change makers

HEC Paris affirme vouloir former des « Change makers », « avec une définition large de ce qu’est le changement, explique la professeure. Pour beaucoup, face à un monde complexe, aux enjeux cruciaux et urgents, il faut trouver des modèles différents. Pour d’autres, cette envie de changement est liée au fait qu’ils ne se reconnaissent pas le modèle actuel ». Ainsi, l’idée d’avoir un impact sur les sujets sensibles comme la santé, le climat, l’énergie, les villes, la mobilité est un moteur pour ces jeunes talents.


Ensemble !

« Les jeunes prennent le pouvoir, mais pas seuls ! conclut Lise Pénillard. Ils sont dans une logique de coopération avancée, y compris intergénérationnelle. Ils savent que pour réussir une entreprise, il faut s’appuyer sur des compétences et expériences diverses. »

 

Ils veulent transformer la société

France Active a sondé 1 000 jeunes de 18 à 29 ans sur leurs attentes et la manière dont ils se projettent et s’engagent dans la société. Attention des idées reçues tombent ! 

Les jeunes ont globalement confiance dans leur avenir personnel (76 % se disent optimistes) et professionnel (65 % se disent confiants)
79 % pensent qu’un autre modèle social et économique est possible.
Ils s’engagent sous de nouvelles formes « Aux grands mots et combats d’idées, ils préfèrent l’action, concrète et quotidienne. Tous veulent voir le résultat de leur engagement sur le terrain » explique la directrice du développement chez France Active, Fanny Gérôme.
6 jeunes sur 10 se disent engagés pour faire bouger les lignes : ils sont attirés à 54 % par les associations et à 36 % par les mouvements citoyens.
Quant aux manières de s’engager au quotidien : 48 % en contribuant à préserver l’environnement, 45 % en faisant preuve de civisme et 36 % en aidant les autres.