Récemment distingué « pays de l’année 2017 » par l’hebdomadaire britannique The Economist, la France est bel et bien de retour sur le devant de la scène internationale. Gilles Babinet serial entrepreneur et digital champion pour la France auprès de la commission européenne nous donne quelques clés pour comprendre cette remontée spectaculaire.

 

A quoi peut-on attribuer ce come-back de la France ?

A une conjonction de facteurs : l’émergence des French Tech et des établissements de type Station F et Ecole 42, au Brexit, à l’élection de Trump et bien sûr à l’effet Macron. On assiste depuis quelques mois à un retournement de situation assez spectaculaire. Il y a encore peu de temps, quand je me rendais à un meeting, c’était « french bashing à tous les étages ». Mais aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont envie de venir chez nous.

 

« Je n’aime jamais autant la France que quand elle a confiance en elle, qu’elle est généreuse et ne se regarde pas le nombril ! »

 

La France, serait donc à nouveau un hub du business mondial ?

La remontée de la France est spectaculaire et repose sur des facteurs structurants. Elle est par exemple devenue la première destination mondiale en unités de recherche et son solde net de création d’unités industrielles est redevenu positif (même s’il s’agit d’unités de petite taille).

Qu’en est-il de l’écosystème startup ?

Ne nous voilons pas la face, la France ne fait pas partie des grands clusters de startups mondiaux. Elle aspire à le devenir bien sûr, mais aujourd’hui il y a 10 fois moins de startups à Paris qu’à Shanghai : on ne peut pas encore rivaliser. D’autant plus que beaucoup d’autres pays (Chine, US,…) sont partis bien plus tôt que nous dans ce domaine. La Suède compte par exemple sept unicorns (startup valorisée à plus d’1 milliard $ ndlr) alors que la France n’en a que deux. L’orientation générale est très positive mais il faut accepter que les choses se passent sur un temps long.

Comment remonter au top ?

Que ce soit en Californie, à Londres, à New York, à Stockholm ou à Shanghai, la recette est toujours la même. Quatre facteurs doivent être réunis : l’accès au capital risque, l’orientation et la qualité de l’enseignement supérieur, un cluster de taille critique, des liens forts entre entreprises, universités et startups. De surcroit, avoir des politiques publiques accommodantes ne fait pas de mal. Les choses progressent sur beaucoup de points mais le facteur qui manque à la France reste clairement l’enseignement supérieur. On sait former des génies, mais ils se comptent sur les doigts d’une main ! Il faudrait prendre des mesures drastiques (sélection à l’université par exemple) pour massifier le mouvement.