Pour faire face aux nouveaux enjeux économiques, le leader européen de la location de véhicules industriels et utilitaires a appelé à sa tête un dirigeant aimant « mettre en oeuvre le changement» et partageant la culture collaborative de l’époque : Hugues Rougier (ESSEC 78). Résultat : croissance et recrutements sont de nouveau au programme de l’entreprise. Rencontre…

 

Hugues Rougier (ESSEC 78), Président du Directoire de Fraikin

Hugues Rougier (ESSEC 78), Président du Directoire de Fraikin

 

 

« Il existe des marées dans la vie des hommes » disait William Shakespeare. Dans celle des entreprises aussi. Lorsqu’Hugues Rougier est appelé à la tête du directoire de Fraikin en avril 2013, le leader européen de la location de véhicules industriels et utilitaires est surnommé « la belle endormie ». En sous-investissement depuis des années, il ronronne confortablement sur ses acquis et stagne. La première décision d’Hugues Rougier est donc de lancer le programme de transformation Chrysalis (chrysalide en anglais) : des groupes de travail multidisciplinaires sont mis en place et planchent sur 4 thèmes : innovation, satisfaction du client, efficacité opérationnelle et enfin : capacité à s’adapter à un monde en perpétuel changement.

 

Révolution culturelle
« Les copies furent ramassées fin juillet, se souvient Hugues Rougier. Nous avons ensuite sélectionné et lancé 35 projets. C’était beaucoup de travail pour les mois et les années à venir, mais un travail choisi par les équipes elles-mêmes. Certains projets ont d’ailleurs été mis en oeuvre immédiatement, comme cette exploitation des boites noires en place sur les camions par les valises de diagnostic qui nous permet d’offrir des rapports absolument complets à nos clients, lesquels parviennent ainsi à une gestion beaucoup plus fine de leur flotte et réalisent de nouvelles économies. Mais le changement majeur a d’abord été culturel. Fraikin est passé d’un fonctionnement très hiérarchique et territorial à une logiquecollaborative, centrée sur ses projets. Un fonctionnement certes plus complexe, mais mieux adapté au monde actuel et à ses évolutions. De nos jours, cadres et salariés sont des gens intelligents qu’il s’agit de considérer non comme des exécutants, mais comme des collaborateurs proactifs à qui il convient avant tout de rendre intelligible la feuille de route et les moyens mis en oeuvre. C’est d’autant plus pertinent que Fraikin est avant tout une société de service où tout part du client et de notre contact avec lui. »

 

« Quand on est numéro 1 d’une entreprise,
il faut constamment
se remettre en question soi-même. Qui le fera, sinon ? »

Un savoir-faire unique
De fait, la première chose que fait un commercial Fraikin chez un nouveau client est de l’accompagner dans ses tournées pour comprendre ses besoins exacts. A l’heure où toutes les entreprises se recentrent sur leur coeur de métier, le célèbre slogan « Roulez, nous faisons le reste » n’a jamais été autant d’actualité. Choix et éventuel aménagement sur mesure du véhicule (via le bureau d’études), location longue durée à des prix imbattables (Fraikin achète et vend 10 000 véhicules par an et en possède 50 000), prêt d’un véhicule relai durant les maintenances, gestion et assurance de sa flotte si le client le souhaite… l’accompagnement s’opère véritablement du d’externaliser leur flotte, la gestion de celle-ci et tous les problèmes qui vont avec, sur un secteur extrêmement réglementé et évolutif (les contrôles sont annuels et qui sait, par exemple, qu’avec la norme Euro 6, un 12 tonnes pollue aujourd’hui moins qu’une voiture un peu ancienne ?!…) Au confort que gagne le client de pouvoir se focaliser sur son propre savoir-faire, s’ajoute une optimisation de la gestion de sa flotte qui lui fait gagner de l’argent ! Avec 70 ans d’expérience,notre expertise des moyens de transports et de leur gestion englobe également toute la dimension financière et les grands groupes, par exemple, sont très heureux, en respectant les futures normes IFRS, de pouvoir ainsi externaliser une partie de leur dette. » Autre force du groupe : bien qu’étant déjà leader européen, ses perspectives de croissance demeurent considérables. D’une part on l’a vu, parce que la solution de location longue durée intéresse de plus en plus les entreprises, d’autre part parce que même si la flotte européenne n’évolue plus numériquement, la part de la location n’y représente encore que 12 % en moyenne, ménageant une marge d’évolution très importante. Et si certains marchés évoluent peu, d’autres en revanche sont en croissance rapide. « Même avec la crise sévère que traverse l’Espagne depuis 5 ans, nous n’avons pas reculé sur ce marché alors qu’en Europe de l’Est, nous sommes sur une croissance à deux chiffres pouvant raisonnablement une marge de croissance d’au moins 6 % par an pour les années à venir. » Avouant n’avoir jamais suivi d’autre plan de carrière que « l’intérêt et l’ampleur des missions » qui lui étaient proposées (« Vais-je progresser et grandir ? Telle est la question que je me suis chaque fois posée »), Hugues Rougier assure que c’est pour lui le seul moyen de se trouver en harmonie avec sa vie professionnelle et d’y trouver du plaisir. Le sien étant de « mettre en oeuvre et bâtir ; au départ je voulais être architecte ». Mais contrairement à la pierre, le monde de l’entreprise bouge beaucoup ; « j’ai donc intégré la dimension du changement, j’adore manager le changement et mettre en oeuvre sa stratégie. » Avec succès cette fois encore chez Fraikin où les équipes ont retrouvé la confiance perdue, mot essentiel pour son dirigeant. « Beaucoup d’entreprises meurent du manque de confiance qui y règne. Sans confiance, comment avancer et innover ? Alors que l’innovation est au coeur même de notre stratégie à un moment où la technologie révolutionne notre métier. »

 

Recherche jeunes talents !
Aussi, à présent que la confiance a été retrouvée, Fraikin s’est remis en marche, et a passé la vitesse supérieure. « Nous relançons la politique des stages, développons l’apprentissage, avons créé uneécole des ventes et ferons bientôt de même pour les mécanos. Et nous recrutons, bien sûr, car nous avons besoin de forces vives qui soient naturellement en prise avec cette nouvelle culture collaborative : dans le commercial, la finance, l’audit qualité, l’ingénierie, le management ou encore des chefs de projets. A qui nous offrons de vraies perspectives d’évolution, en France comme à l’international. Des gens dynamiques et adaptables, créatifs et curieux, car je crois que rien n’est possible sans une vraie curiosité : pourquoi ? Comment ? Pourquoi comme ci et pas comme ça ? Sachant que lorsqu’on est curieux, on possède souvent cet indispensable sens de l’Autre et du collectif. »

 

De l’équilibre du dirigeant
« A partir d’un certain niveau de responsabilité, l’univers professionnel devient très envahissant ; on ne compte plus ses heures et on s’investit entièrement dans son travail. Le seul moyen pour se ressourcer consiste alors à se plonger dans des activités tout aussi attractives : des passions. Cela tombe bien, j’en ai plein ! Littérature, BD (je suis collectionneur), jazz, musique classique… autant de domaines qui me permettent de me recentrer et de revenir vers le travail avec un regard neuf, plus créatif. Et puis dormir ! Rien n’est plus contreproductif qu’un dirigeant qui arrive au travail crevé, stressé, irritable… il dégage alors des ondes négatives extrêmement dommageables pour le fonctionnement collectif de l’entreprise. »

 

Fraikin en 7 chiffres clés
652 millions d’euros de CA en 2013 – 2 800 employés – 160 agences – 9 pays : France, Espagne, Grande Bretagne, Belgique, Luxembourg, Suisse, Pologne, Tchéquie, Hongrie – 6 % de croissance moyenne prévue dans les années à venir – 1 milliard d’actifs net en véhicules – 1 milliard d’investissements engagés…

 

ML

 

Contact :
alain-francois.pialat@fraikin.comhugues.rougier@fraikin.com