Les filières scientifiques et techniques font partie des élues qui résistent dans le contexte actuel. L’étude Repérages de GlobalContact souligne que les besoins de recrutement dans la branche ont augmenté de 13 % entre 2010 et 2013, soit 130 000 projets de recrutement supplémentaires et un taux de chômage qui n’atteint même pas les 5 % chez les jeunes diplômés. Les métiers techniques, qui s’ouvrent de plus en plus aux femmes, tendent donc à faire la part belle aux préjugés.

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Les filières techniques donnent du fil à retordre aux recruteurs :
aussi bons les résultats en termes d’embauche soient-ils, ils ne suffisent pas à attirer des candidats qualifiés. La raison ? Préjugés quant au contenu des professions et inquiétude face à la délocalisation. De nombreux métiers demeurent pourtant indispensables sur le territoire. De même, l’idée de monotonie au travail est très simplificatrice! Sans aller jusqu’à nier toute forme de pénibilité, il faut souligner que nouveaux contrats riment avec nouveaux objectifs, nouveaux clients et nouveaux défis. Ces secteurs ont de quoi séduire les détenteurs de BTS, DUT ou Licence Pro : face à des employés moins qualifiés, ils prennent de l’avance concernant l’accession à des postes pourvus de responsabilités. Parallèlement, ceux disposant d’une formation technique de qualité dans le secondaire et sortant à Bac +2/3 avec des compétences commerciales peuvent espérer monter beaucoup plus rapidement leur affaire.

 

Quels secteurs tirent leur épingle du jeu, au sein d’une branche déjà porteuse ?
L’industrie : L’industrie française manque indéniablement de bras, dans tous les secteurs. Le baromètre Jobintree du premier trimestre 2014 indique qu’en France, sur les vingt métiers les moins prisés par les demandeurs d’emploi, presque la moitié appartiennent à l’industrie. Les métiers d’électromécanicien, couvreur ou tourneur-fraiseur sont ainsi bien en dessous du chiffre moyen de 100 candidatures reçues par projet de recrutement : ils n’attirent qu’une quarantaine de candidats. Palme d’or pour le métier de décolleteur, ouvert aux diplômés du BTS industrialisation des produits mécaniques, qui ne récolte que 4 candidatures.
L’aéronautique : Alors que le secteur représente déjà 250 000 emplois en France avec la sous-traitance, de solides perspectives de croissance mondiale se profilent. On parle d’une augmentation du trafic aérien de 4,7 % entre 2013 et 2032, corrélée à un décuplement du nombre de passagers de 2,9 milliards aujourd’hui à 6,7 milliards en 2032. Néanmoins, l’aéronautique française affronte une pénurie de candidats qualifiés, dans l’ingénierie comme les métiers techniques. Les sous traitants sont les plus touchés et les grands groupes loin d’être en reste : certains recherchent jusqu’à 80 % de leurs profils dans la production. Les besoins vont de la conception (technicien dessinateur) à l’usinage (soudeur, électromécanicien …), en passant par des métiers spécifiques à l’aéronautique.
L’énergie : Artisans, PME, grand groupe ? Même combat ! Les domaines traditionnels de la climatisation, du froid, du chauffage et de l’électricité manquent cruellement de candidats. Ce sont pourtant les voies royales en matière de création d’entreprises. Le nucléaire ne pique pas encore du nez, même s’il n’affiche pas la forme des énergies renouvelables. Ces dernières gagnent en exploitation : autant de postes existant déjà dans les énergies thermique ou nucléaire et promis à un bel avenir dans celles de demain.
Le numérique : Quelques métiers seulement ont du mal à séduire : on retrouve en 2014 «architecte informatique» et «analyste programmeur» dans la liste des 20 métiers qui embauchent attirant le moins de candidats selon Jobintree. Ailleurs, c’est sur le plan des compétences que les recruteurs constatent une distanciation entre l’offre et la demande d’emploi. Sont recherchés, les individus opérationnels et titulaires de formations spécifiques, progresser dans l’un des domaines les plus porteurs de l’économie française: il devrait créer 450 000 emplois d’ici 2015. Soulignons aussi le développement de la robotique, vouée à devenir l’un des secteurs d’emploi de demain. Affaire à suivre…

 

Sache que les recruteurs déplorent principalement une inadéquation des compétences et un nombre trop faible de candidats : si tu es formé et motivé, tes chances de réussite seront élevées. Prends également note des qualités relationnelles requises par de nombreux métiers techniques : qu’il s’agisse du travail en équipe ou de la rencontre du client, une aisance dans le contact favorisera ton évolution de carrière.

 

LES FORMATIONS TECHNIQUES : GRAAL DES RECRUTEURS, DESAFFECTION DES ETUDIANTS
Le site d’emploi Qapa.fr a mené à l’été 2014 une enquête sur les filières de prédilection des bacheliers. La moitié des 1000 répondants de Terminale déclare s’orienter vers une formation en 2 ans. Ce point de départ a tout pour être positif puisque, dans chaque secteur, les Bac +2/3 sont les plus demandés par les recruteurs. Toutefois, on observe une distanciation entre les opportunités d’emplois et les envies des étudiants. Ces derniers ont une nette préférence pour les filières à caractère commercial, qui figurent pour 8 des 10 BTS les plus prisés par les lycéens. A l’inverse, peu envisagent une formation technique, arme pourtant solide sur le marché de l’emploi: des 10 BTS les plus demandés par les recruteurs, 6 sont des formations techniques. Que faut-il en déduire ? Réelle désaffection des étudiants ? Mauvaise connaissance des besoins des recruteurs ? Quoiqu’il arrive, le moral des bacheliers n’était pas en berne à l’été dernier : seuls 11 % d’entre eux n’affichaient aucune confiance dans le marché de l’emploi, tandis que 39 % se disaient très optimistes.

 

« LES FEMMES ONT UNE VRAIE VALEUR DANS L’INDUSTRIE »
Les femmes exerçant un métier technique sont précieuses. Illustration dans la métallurgie avec Françoise Diard, Responsable de l’Observatoire Paritaire des métiers et des qualifications de la métallurgie.
« Les femmes comptent pour 22 % des effectifs de la métallurgie. Certains métiers d’opérateurs qualifiés ont beau rester masculinisés, l’archaïsme de l’industrie est une image d’Epinal ! Les femmes ont leur place, de la conception technique à la commercialisation. Performantes et recherchées, elles demeurent difficiles à trouver. Le problème prend racine  concrètes pour provoquer le changement se multiplient : « marrainages », partenariat avec l’association « Elles Bougent », signature de nouveaux accords comme celui du 8 avril 2014… Ce dernier projette, entre autre, la création d’un guide numérique à destination des manageurs : l’encadrement qu’ils font des femmes est déterminant. Je pense notamment au congé maternité. Il faut gérer ces situations et encourager les évolutions de carrière, car les femmes ont une réelle valeur dans nos filières. Toutefois, il est toujours bénéfique pour elles de se démarquer à l’embauche. Comme pour les hommes, la curiosité et l’envie d’apprendre sont des qualités primordiales, car nos métiers évoluent très vite. La maîtrise d’une langue étrangère fait, elle aussi, la différence. »
Retrouve des témoignages sur : www.les-industries-technologiques.fr/ actualite/paroles-de-femmes/

 

Chez Solvay, la chimie recherche des profils techniques
Le groupe Solvay, leader de la chimie mondiale, emploie 7000 personnes en France : les profils techniques ne sont pas en reste. Un peu partout sur le territoire, le recrutement cible des postes aux compétences variées : fabrication, maintenance ou procédés industriels, recherche et développement. Présent dans 56 pays, Solvay encourage la mobilité interne et favorise les carrières internationales pour tous les profils, sous réserve d’une maîtrise de la langue suffisante.
Plus d’informations sur www.solvay.fr

 

Manon Dubois