Les Français sont-ils toujours aussi généreux malgré la crise ? Enquête et témoignages d’étudiants.

À en croire le Baromètre France générosités-CerPhi 2012, la crise économique touche aujourd’hui les dons des particuliers déclarés au titre de l’impôt sur le revenu ou ceux issus du panel des grandes associations.  « Nous sommes dans une situation délicate, indique Françoise Sampermans, Présidente de France générosités, le syndicat professionnel qui rassemble les associations et les Fondations d’intérêt général. La plupart de nos organisations ont des besoins importants car la quantité de pauvres est en progression partout en Europe. En France, les budgets des ministères sont en baisse, tout comme ceux des collectivités régionales et locales, d’où notre inquiétude. L’an dernier, nous avons rencontré beaucoup d’élus pour leur expliquer que, dans ce contexte tendu, il ne fallait pas toucher à la défiscalisation des dons aux associations qui permet à un contribuable de bénéficier d’une réduction d’impôts sur le revenu à hauteur de 66 % à 75 % des sommes versées. Fort heureusement, cet avantage est pour l’instant préservé. »
Pour autant, au vu du contexte économique incertain, France générosités s’inquiète des perspectives pour les années à venir. « La plupart des Français privilégient désormais le soutien aux enfants, aux grands-parents et à ceux qu’ils aiment, assure Françoise Sampermans. Plutôt que de soutenir une cause éloignée de leurs préoccupations quotidiennes, ils préfèrent donner à leur entourage. C’est logique et c’était prévisible. Mais restons optimiste : si la confiance en l’avenir revient, les gens auront envie d’y participer ! » Du reste, d’après un sondage réalisé par TNS Sofres fin mars 2012 pour France générosités, la confiance dans les associations progresse pour atteindre 62 % de la population.

 

Des étudiants altruistes
En matière de générosité, les étudiants font mentir les sondages et confirment qu’ils soutiennent des causes, en France comme à l’étranger. À l’instar de Louis Raynaud, Président du Bureau des élèves (BDE) de Supélec à Metz, qui s’épanouit dans le militantisme associatif. « L’an dernier, nous avons organisé une journée-vente de crêpes au profit de l’Association Européenne contre les Leucodystrophies (ELA). Les membres du BDE ont assuré la cuisine et la vente de crêpes toute la journée, mais aussi la partie pub. L’intégralité des bénéfices (400 €) à été reversé à ELA. Cette action a permis aux étudiants de participer à une action caritative tout en passant une journée de détente sur le campus. Nous organisons aussi chaque année la journée Handivalides où des intervenants viennent sur le campus. Ces actions caritatives permettent aux étudiants de donner, selon leurs possibilités, du temps ou de l’argent. » Et de rappeler les missions de l’association humanitaire Lumières d’Afrique qui regroupe des étudiants de première et de deuxième année et dont l’objectif est de poser des panneaux solaires en Afrique tout en partageant la culture du continent au sein du campus.
Même engagement pour Marie Gaumont, Présidente du BDE de Centrale Paris. « Les étudiants ont certes peu de moyens financiers dans leur vie quotidienne, mais ils sont capables de passer plusieurs jours à défendre des causes importantes. C’est le cas des fondateurs de l’association humanitaire Madagascar. Créée par des Centraliens, elle collecte régulièrement des fonds via la vente de bracelets ou des sessions d’ensachage en grande surface pour construire des fours solaires ou installer des panneaux photovoltaïques sur l’île . » CQFD.

F.B