Née en France dans le transport  routier, l’entreprise FM Logistic est devenue en cinquante ans un nom incontournable sur la scène internationale des métiers de la logistique.  De l’entreposage à la supply-chain en passant par le co-packing et le transport, son dynamique directeur financier, Daniel Ciz, un tchèque de 42 ans, (Ecole des Mines d’Ostrava 97, MBA Copernic 98), s’enthousiasme pour ces « métiers d’homme ».

 

Daniel Ciz (Ecole des Mines d’Ostrava 97, MBA Copernic  98) est directeur financier FM Logisitic

Daniel Ciz (Ecole des Mines d’Ostrava 97, MBA Copernic 98) est directeur financier FM Logisitic

Vous avez occupé des postes de gestion chez Sperian Protection et chez Carrefour avant de devenir directeur financier chez FM Logistic. Est-ce que votre parcours  répond à une logique de carrière ?
J’ai toujours voulu être directeur financier parce que j’aime à la fois décider et mener des équipes. C’est un des postes les plus  intéressants de l’entreprise. C’est celui qui permet d’avoir une vue globale, d’orienter  les choix quotidiens et de participer fortement à la définition des stratégies.  De nature « paranoïaque », un directeur  financier voit tout en noir. Pour être un bon directeur financier, il faut rester sensible  et ne jamais oublier le développement commercial de l’entreprise. En effet il faut apporter un peu de pessimisme pour contrecarrer l’optimisme des commerciaux pour que  le directeur général puisse décider en  toute connaissance de cause. Le monde d’aujourd’hui, à mon sens est envahi par  des financiers qui ont tendance à tout freiner par excès de prudence. Pourquoi à la fin  de l’automne, au moment où il commence  à neiger, il devient impossible de trouver des pneus d’hiver ? Parce qu’un financier a dit : « les stocks me coûtent cher et ils deviennent des invendus potentiels, l’année prochaine, il y aura de nouveaux modèles, donc on ne produit peu ! »

 

« Ceux qui s’adaptent rapidement au monde extérieur gagnent »

FM Logistic est une entreprise familiale, très ancrée dans le territoire français tout en étant résolument tournée vers l’international, a-t-elle, avec un tel ADN, développé une organisation particulière ?
Pour avoir travaillé dans plusieurs groupes cotés en bourse, je peux dire qu’une  entreprise familiale offre un cadre différent. L’entreprise ne réagit pas au moindre  mouvement boursier et nous pouvons mener à bien des projets sur le long terme. Chez FM Logistic, l’accent est vraiment mis sur les  valeurs humaines. Un fait l’illustre bien.  En 2007, quinze jours après avoir intégré FM Logistic, Claude Faure, un des trois  fondateurs de la société, me convoque dans son bureau. J’arrive avec une montagne de dossiers ne maitrisant encore aucun chiffre et là, il me demande : « Est-ce que vous avez trouvé votre appartement ? » Les bras m’en sont tombés ! Pendant une demi-heure, nous n’avons parlé que de moi ! Il s’intéressait à mon bien-être.

 

FM Logistic a pour objectif de multiplier  par deux le chiffre d’affaires d’ici dix ans,  le métier de la logistique est-il en pleine croissance ?
La réponse à la question doit être variée selon les géographies. La situation de la France n’est pas celle de la Russie ou du Brésil. La France est un marché très mature où nous avons réussi à gagner des parts de marché. En Russie et au Brésil nous venons de procéder à deux acquisitions. La stratégie de l’entreprise doit toujours s’adapter  à l’environnement économique du pays.  La logistique est un métier très mal connu qui se résume dans l’esprit du public à  « je prends une palette dans l’entrepôt du producteur et je la transporte dans un magasin ».  C’est une vision très simple car tout ce qui nous entoure, est passé un jour par  la main d’un logisticien. C’est un métier complexe où tout se millimètre, se mesure  à la seconde près et où la moindre erreur peut coûter des fortunes. Avec de telles contraintes nous devons être excellents pour arriver à atteindre nos objectifs. C’est cette excellence confirmée par la confiance que  nos clients nous accordent qui est la signature de FM Logistic. L’objectif de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022 est plus que jamais pertinent.

 

« Nous sommes une entreprise qui croît
de 10 à 15 % par an
et nous avons de gros besoins en ressources humaines. »

Vous parlez six langues et vous avez la double casquette d’ingénieur et de financier, est-ce un atout pour une carrière de directeur financier ?
Diplômé de l’Ecole de Mines en République Tchèque, je suis en fait un ingénieur économiste. L’équivalent français n’existe pas, mais pour résumer j’ai fait un peu plus de maths que ce que l’on enseigne dans les écoles de commerce françaises. Mais à la différence des ingénieurs qui sortent ici de l’Ecole des Mines, je n’ai pas étudié par exemple. la mécanique des fluides ou résistance des matériaux. Parler des langues étrangères reste un plus qui permet de nouer des contacts directs et de capter la culture d’un pays. Mon grand-père médecin, qui parlait 13 langues, avait l’habitude de dire, « apprendre une langue c’est acquérir un supplément d’âme. » Mais devenir directeur financier demande avant tout un investissement lourd d’abord dans les études et après dans le travail.  C’est seulement dans le dictionnaire que le « succès » arrive avant le « travail ».

 

Le groupe FM Logistic est très présent  en Russie depuis une vingtaine d’années. Est-ce un marché particulier ?
En Russie, tout est très grand et va à 200 km à l’heure ! Les magasins sont ouverts 24h/24, la consommation explose et engendre de très gros volumes. C’est un marché où tout va très vite à la hausse comme à la baisse. En 2009, lors de la crise financière, tout s’est arrêté presque instantanément puis tout est reparti aussi vite. Nos règles de gouvernance sont les mêmes partout mais c’est le management qui doit s’adapter car on ne travaille pas de la même façon avec un Chinois, un Russe, un Français ou un Brésilien.

 

Quelles opportunités offrez-vous aux jeunes talents qui sortent des grandes écoles et qui ont envie de rejoindre un groupe comme le vôtre ?
La logistique est un métier complexe et nous avons besoin des meilleurs. Nous offrons une palette très large de métiers qui va de l’opérationnel au management, à la finance, la qualité, la communication en passant par de nombreux postes d’ingénieurs (process,  réseau informatique, développement…).  La réflexion cartésienne des ingénieurs  est particulièrement adaptée à ce métier  car il faut être capable de gérer beaucoup  de contraintes et d’hypothèses en même temps. Mais FM Logistic ne cloisonne  pas. Un financier n’est pas obligé de rester financier jusqu’à la fin de sa vie, de même  si un salarié émet le souhait de partir  à l’étranger, on va étudier avec lui les possibilités. Quand on recrute les meilleurs, il faut les « nourrir », leur permettre de relever des défis, les faire bouger sinon vous les perdez. Chaque année nous accueillons 64  stagiaires,  VIE et pépinière, c’est-à-dire  une personne en formation pendant une  période plus ou moins longue avant de prendre un poste à plus haute responsabilité.

 

Chiffres clefs
1967 : Naissance de l’entreprise Faure et Machet par l’alliance des familles Faure et Machet ; 12 salariés, 7 véhicules
1976 : Installation du siège social à Phalsbourg en Lorraine ; 90 salariés, 75 véhicules
1994 : Faure et Machet devient FM Logistic
2013 : 1 milliard de chiffre d’affaires ; 17300 salariés dont 3500 en France
Présente dans 12 pays sur 80 sites

 

ML

 

Contact :
Ressources Humaines : Sylvie Sovis
svovis@fmlogistic.com