Doyenne de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’université Catholique de Lille depuis juillet 2017 et pour un mandat de 3 ans, Halima Mecheri-Mordi est enseignante-chercheuse au sein de l’unité facultaire de psychologie. Comment a-t-elle réfléchi à une vision pour sa faculté avant d’en prendre la tête ? Comment est-elle entrée en action une fois élue ? Comment gère-t-elle l’épineuse question des effectifs croissants, notamment en psychologie ? Quel accompagnement pour la réussite de ses étudiants ? Halima Mecheri-Mordi nous dit tout !

 

De professeure à doyenne, comment s’est fait le saut ?

Je me suis lancée incitée par des collègues qui me voyaient bien dans ce poste. J’avais en tête de nombreux projets et l’envie de faire les choses. J’ai préparé mon programme en mars. J’ai réfléchi à une vision à partir d’éléments concrets issus d’un audit. J’ai soumis un questionnaire à mes collègues, renseigné de manière anonyme, afin de connaître leurs attendus et difficultés.

Quels attendus ont ainsi été mis à jour ?

Le principal concerne une explicitation systématique et claire, une transparence de l’équipe de direction. Avec les Vice-Doyens des unités facultaires nous sommes très attentifs à faire passer l’information d’une structure à l’autre. Nous organisons des réunions pour présenter les points importants, envoyons des mails d’information. Notre enjeu est de renforcer l’impact des communications afin que chacun connaisse les projets, se les approprie et s’y implique.

Quels sont vos projets structurants pour la faculté ?

Notre offre de Masters évolue dans nos trois domaines phares en réponse aux nouvelles attentes des étudiants et besoins des entreprises.

En communication, nous préparons l’ouverture en septembre 2018 de nouvelles mentions en communication d’influence et en communication numérique (pour laquelle nous travaillons en collaboration avec la Faculté de Gestion, Économie et Sciences).

Une nouvelle mention de Master sera également proposée en psychologie : en neuropsychologie et neurosciences cognitives. Nous proposons, avec la faculté de médecine, des stages au sein des laboratoires du Groupement des Hôpitaux de l’Institut Catholique de Lille (GHICL).

Dans les Masters menant aux métiers des langues et de l’international, nous ouvrons notre mention en affaires internationales trilingues à un double diplôme avec la Liverpool Hope University en marketing international et négociation.

Pour accompagner les étudiants en Licence dans leur choix de Master, la faculté organise une soirée Master le 27 mars 2018.

La FLSH en un clin d’œil

La Faculté des Lettres et Sciences Humaines est une des cinq Facultés de l’Université Catholique de Lille
Fondée en 1875
Elle offre 8 Licences et 14 Masters dans trois domaines à vocation professionnelle :
Culture, médias et communication
Langues et international
Psychologie
Préparations aux concours de Sciences Po, du CELSA et des écoles de journalisme
1 387 étudiants
320 enseignants
92 universités partenaires dans 30 pays

Halima Mecheri-Mordi, Doyenne de la FLSH de l’université Catholique de Lille © Guillaume Leroy

Halima Mecheri-Mordi, Doyenne de la FLSH de l’université Catholique de Lille © Guillaume Leroy

Des exemples de spécialités qui sont des points forts de la faculté ?

Notre Master histoire et journalisme bénéficie d’une belle reconnaissance par les professionnels. Des diplômés ont notamment été distingués par des prix. Des diplômés du Master relations internationales travaillent dans les plus grandes organisations mondiales dont l’ONU.

Quelles sont les clés de la réussite dans leurs cursus pour vos étudiants ?

Ils étudient en petits effectifs et nous leur procurons un encadrement personnalisé. Nous avons mis en place un système de délégués de promotion. Chaque année de formation s’appuie sur un enseignant référent. Le corps professoral est mobilisé et disponible pour cet accompagnement. Nous avons aussi un career centre pour la recherche de stage et d’emploi. Ces conditions d’études sont très appréciées de nos étudiants.

Quel que soit leur cursus, ils peuvent se doter d’un plus sur leur CV en passant une certification dans l’une des 9 langues enseignées, plus l’anglais. L’international, avec la possibilité d’un semestre à l’étranger chez l’un de nos 92 partenaires, est un autre point fort de nos parcours.

Qu’en est-il de la psychologie, un domaine prisé des étudiants donc très chargé…

C’est en effet la filière avec les effectifs les plus importants, 120 à 200 en L1 selon les années. Nous avons comme toutes les universités, constaté un pic démographique à la rentrée 2017. Néanmoins, nous nous assurons qu’en TD, ils ne soient jamais plus de 25. Pour comparaison les TD en lettres modernes se tiennent à 10 étudiants. Je dois dire que la réussite est au rendez-vous en Licence de psychologie avec 77 à 96 % de réussite en L1 à la 2ème session (50 % à la 1ère session). Nos 200 étudiants restent jusqu’en L3 puis partent à la recherche d’un Master en psychologie, se réorientent vers l’enseignement, l’orthophonie, l’histoire, les langues… préparent des concours ou cherchent un emploi. L’insertion professionnelle de nos diplômés en psychologie est bonne, entre 80 et 100 % en poste après 30 mois.

Et pour l’entrée en Master de psychologie ?

Le ministère n’a pas fixé d’obligation légale concernant la sélection en Master pour la psychologie, laissant les facultés faire leur choix. Nous avions jusqu’ici fixé le numerus closus à l’entrée en M2 : 25 étudiants maximum dans chacune de nos 2 mentions. La mention psychopathologie attirant plus que celle en psychologie du travail. A la rentrée 2018, la sélection se fera pour l’entrée en M1, comme cela est déjà le cas pour nos Masters en lettres, histoire, relations internationales, affaires internationales trilingues. Cela va changer beaucoup de choses pour nous, notamment en termes de budget. Quoi qu’il en soit la situation reste complexe, à l’instar de celles de STAPS et de droit, et n’est pas réglée au niveau national. Les questions des facultés comme des étudiants sont légitimes.