[Jeune diplômé-e]

Flavien est développeur informatique dans le pôle R&D et travaille désormais dans une start-up spécialisée dans l’e-advertising. L’entreprise compte 50 collaborateurs dont dix ingénieurs… tous des hommes ! Un ratio qui n’est pas rare dans le milieu informatique.

Le pourcentage est identique à celui des écoles d’ingénieurs donc il est logique de le retrouver en entreprise. Il est intéressant d’observer les tendances et leurs évolutions dans les cinq années à venir.

Quand je suis entré à l’école, je savais où je mettais les pieds. Mais ce manque de mixité est aussi un frein pour les hommes car on fait le choix de se couper du monde féminin dans le cadre des études. On ‘’perd’’ la moitié de ‘’l’humanité’’, ce qui rend le contexte très différent. Ce n’est pas à proprement parler un handicap dans les études mais il a été important, pour moi, d’avoir une vie sociale pour rééquilibrer les choses.

Ce manque de mixité est aussi un frein pour les hommes

Toutefois, à l’école, j’ai été amené à travailler sur un grand projet pendant 3 ans ½, Epitech Innovative Project. Dans mon équipe de sept étudiant-e-s, nous étions quatre garçons et trois filles. Un étudiant a arrêté en cours de route donc nous nous sommes retrouvés avec une parité parfaite malgré le plus faible taux d’étudiantes.

J’ai aussi évolué dans les mondes de la finance et de l’aviation qui étaient 100 % masculins mais qui se sont ouverts. Les choses changent ! De nouveaux profils, de tout horizon, et autant féminins que masculins, arrivent. Par exemple, j’ai étudié l’art pendant deux ans avant de rejoindre Epitech. D’autres ont fait médecine, droit… Aujourd’hui, de plus gros pourcentages de femmes rentrent à l’école et les profils se diversifient énormément : la culture geek n’est plus la seule porte d’entrée. Ils amènent une autre vision.

Je me suis également occupé d’encadrer les premières années à Epitech, ce qui m’a amené à être très proche des étudiants. Je sens un changement dans les mentalités et je suis pressé de travailler avec cette génération dans cinq ans car ils apportent un vent nouveau.

Le manager de demain peut tout à fait être une femme

C’est pourquoi, le manager de demain peut tout à fait être une femme. C’est juste une question de compétences et, sur ce point, les femmes valent tout autant que les hommes. Les femmes ont une vraie carte à jouer avec une approche fraîche. Elles apportent en règle générale un angle de vue différent mais avec des compétences identiques à celles des hommes. Nous serions ravis d’accueillir des ingénieures mais nous effectuerons notre choix sur les compétences et non sur leur genre.

La mixité apporte véritablement un plus. Tous les milieux gagnent à avoir différents points de vue. Plus on a de profils différents, mieux c’est. C’est pourquoi il est important de varier aussi les profils au sein d’un même « sexe ». Il faut des équipes mixtes composées de collaborateurs qui réfléchissent de manière différente.

Violaine Cherrier