Les diplômées Bac+ 4/5 n’ont a priori aucun souci pour se faire une place dans le secteur financier. Toutefois, l’avancement de leur carrière montre toujours des disparités flagrantes. Alors, elles s’organisent.

 

Un seul mot d’ordre : « réseauter »
Les chiffres résument bien la situation : près de 120 000 femmes cadres exercent dans le secteur de la finance, de la banque et de l’assurance, soit plus de 50 % de l’effectif global. Mais à peine plus de 10 % occupent des postes dirigeants. Le hic, c’est le fameux plafond de verre. Freinées par les congés maternités, elles n’arrivent pas à avancer aussi vite que leurs homologues masculins. Or, comme le rappelle la sociologue Elisabeth Ferro-Vallé, « c’est intolérable car intégrer les congés maternité est bien plus prévisible que les accidents de ski ! ». Alors parce que des femmes cadres du secteur en ont eu ras le bol de cette disparité de traitement, elles ont créé en mars 2011 Financi’Elles, « marrainée » par Christine Lagarde. Il s’agit d’une fédération de réseaux regroupant 1500 femmes cadres de chez AXA, Barclays, BPCE, BNP Paribas, HSBC, Crédit Agricole CIB, Caisse des Dépôts et Société Générale. Parmi leurs initiatives, la diffusion d’un Livre Blanc auprès des DRH promoteurs de la mixité ou encore un observatoire pour suivre l’évolution de la place des femmes cadres dans la finance. D’autres initiatives ont vu le jour, tant la situation reste encore bloquée. Existe ainsi l’association BNP Paribas MixCity qui organise des petits déjeuners où des financières rencontrent des membres du Comex (comité de direction) pour les sensibiliser à cet archaïque plafond de verre.

 

Confiance et motivation !
Mais que les jeunes femmes diplômées ne renoncent pas. Les postes en finance leurs sont de plus en plus ouverts, et elles sont déjà nombreuses à exercer des métiers de support en middle et back-office, le contrôle de gestion, l’audit financier.  « Je reçois beaucoup de candidates performantes que j’encourage à avancer », nous dit le DAF d’un établissement bancaire. Pour lui, surtout en matière de risk management, la mixité des équipes est perçue comme un atout par l’échange des points de vue différents. « Certes, le milieu de la finance reste encore une sorte de pré carré que les hommes se réservent. Toutefois, les femmes elles-mêmes renoncent parfois à faire carrière par crainte de ne pouvoir concilier vies professionnelle et personnelle », précise Laure, directrice d’une grande agence BNP Paribas. Côté DRH, les discours changent mais les faits demeurent. Ils observent bien une recrudescence de candidatures féminines, mais peu de demandes d’évolution vers des postes dirigeants. Un manque de confiance ? De motivation ? « Les femmes sont moins carriéristes que leurs confrères, moins confiantes dans leurs capacités je dirais, et ce, même quand elles les dépassent techniquement ». Une autre responsable de recrutement de reconnaître que c’est une fois passée la quarantaine que les femmes cadres commencent vraiment à penser plan de carrière. « Quand j’ai candidaté pour le poste de directeur administratif et financier, j’étais enceinte de six mois et en lice avec quatre hommes, se souvient Caroline. « Ma chance, c’est d’avoir eu en face un boss très ouvert, très confiant dans mes capacités. Les jeunes femmes doivent saisir les opportunités qui se présentent, elles doivent oser davantage et pourraient alors avoir de belles surprises !»

 

S.G